eXTReMe Tracker Zyé-la anfon tomb-lan, té la ka gadé zot.
Honni soit qui troll y pense

Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas souvent aux commentaires postés sur les articles au titre tildé.

J'écoute : 1.X.1905 - Mort La Petite FIlle de la Mer
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde
(mis à jour mercredi 14 mai 2008 à 23:21)

08/05/2008

08/05/08 - 00:43

Porneia - Kâma - La luxure

Les actes sexuels dits luxurieux - essentiellement : effectués en vue de la seule obtention du plaisir - n'ont pas de valeur peccamineuse en soi. Ce n'est que dans la relation à (dieu) (pour nommer cet infiniment subtil et élusif qu'on trouve au terme des nuits obscures et des illuminations), ce n'est qu'alors, oui, qu'il peut y avoir un péché quelconque.

On ne l'a pas assez dit : c'est en acclimatant à une pastorale mondaine les valeurs ascétiques des Pères du Désert que l'Église a inventé les péchés (ou vices) capitaux. Ce qui valait, oh combien, dans l'intense lutte psycho-spirituelle de ceux qui cherchaient la paix au delà de l'ivresse en Dieu, n'avait aucune chance de se voir compris par le siècle - par le commun des hommes engagés dans les buts ordinaires de la vie en société. Mais il fallait quelque chose de solide aux évêques pour assoir la foi : on emprunta au désert sa très-sure connaissance des forces qui s'opposent à l'ascèse et à la vie divine - démons ou vices - pour en faire le brouet d'une gestion des moeurs ordinaires. On sauvait un savoir spirituel en l'ancrant dans un savoir commun, on en subvertissait la valeur en prétendant qu'il était praticable dans la vie ordinaire.

Que le passage soit possible, des valeurs de la vie érémitiques aux valeurs mondaines - modulo une différence bien plus quantitative (d'intensité) et non qualitative (de nature) - relève sans doute de la corrélation de nombreux facteurs, liés à l'implantation du christianisme en monde romanisé. Entre autres :

  • un rigorisme moral en vigueur dans l'Empire Romain, qui empruntait aux stoïciens - lequel avait trouvé résonance dans une certaine nostalgie pour l'austérité supposée d'un Caton, par exemple ;
  • cette passion de l'unité que le christianisme hérite, via Alexandrie, d'une théologie fascinée par le néo-platonisme, de Plotin notamment : unité du principe, unité des valeurs - raccourci qui demanderait justification ;
  • ...
Pour ce qui concerne l'implantation mondaine de la luxure - mais de tout autre "péché capital", tout autant - il faudrait faire la part de l'évolution des moeurs dans l'Empire, de la façon dont le christianisme s'y est implanté, du développement de l'ascétisme érémitique - ce martyr hors l'arène -, des recrutements des évêques dans les communauté monachiques (Augustin, par exemple), de la demande théologique portée par eux, des héritages des modes de conceptualisation païens, etc.

La luxure n'a de sens vivant que dans un monde d'anachorètes ou de cénobites (siouplé !). Elle n'en acquiert un socal ("mondain"), boiteux et incompréhensible, que dans une opération de traduction qui rend cryptique ce qu'elle condamne et le fait même qu'elle condamne ; là où il s'agissait de poser les étais et les guides - les limitations farouches - nécessaires à d'éprouvants exercices ascétiques, on ne trouve plus que les frontières de la condamnation morale ; là où était visée la vie éternelle, on ne rencontre que la crainte - ou l'espoir - de quelque rétribution post-mortem. L'orthodoxie d'Orient n'a pas la même position là-dessus que le catholicisme romain, du fait notamment d'un statut,pour ce que j'en sais, différent du monachisme et de l'emprise au plus long court de la philosophie grecque sur la théologie. Passons. Mais la question demeure : pouvait-il en aller autrement de la parole des Pères du Désert qu'elle se perde en poncifs lénifiants et délétères ?

Toujours est-il : la luxure, ça coupe du (divin), pour de bon. Je ne dis pas "l'acte sexuel". Mais bien la luxure : la seule recherche du plaisir sexuel pour le plaisir sexuel. C'est tout. Ce n'est pas un mal en soi. Ca ne le devient que si on cherche quelque chose du (divin). Et encore, mal n'est pas le terme. Mauvais le serait sans doute un peu plus. Mais surtout : contradictoire - je cite l'Ashtavakra Gîtâ (III) :

4. Ayant appris que son Soi est pure Conscience, et d'une attraction supérieure, pourquoi reste-t-il encore attaché à la luxure qui engendre une conscience accrue du corps ?
[...]
6. Il est étrange que celui qui, établi dans la grande vérité de la non-dualité, et désireux de se libérer, puisse encore s'affaiblir dans des distractions amoureuses.
7. La luxure est radicalement opposée à la connaissance.[...]


Comme tout "péché", la luxure éloigne, coupe, retranche de (dieu). Flatte notre sentiment de nous-même, ce par quoi l'on s'approprie une part du monde aussi petite soit-elle - s'approprier : marquer de sien telle ou telle chose, fût-ce ce qu'on appelle son propre corps ou ses pensées. Sans doute l'acte sexuel en toute spontanéité n'est-il pas luxurieux. Et encore cela dépend-il des chemins de traverse que l'on emprunte vers le (divin).

D'où l'importance spirituelle du mariage - je veux dire : notamment en dehors des liens économiques qu'il instaure - que d'accorder à la sexualité une place où elle ne s'exerce plus pour elle-même, mais, d'une certaine façon, en oblation à (dieu). Mais en ce sens, l'union maritale devient un chemin de sainteté, et en ce sens seulement qui est celui d'une authentique pratique spirituelle - et non pas une gestion des sentiments, de la ressource sexuelle, des liens inter-générationnels ou que sais-je, toutes choses relevant de la santé ordinaire plutôt que de la sainteté.

Pour les homos, le problème est le même. Il ne me semble pas qu'il y ait là de différence, à ceci près que souvent - c'est en tout cas mon cas - la sexualité et la plaisir qu'on en tire ont joué un rôle important dans la constitution de notre identité. Il ne s'agit pas de renier cela, non, mais de ne pas se voiler la face sur ce que la part de notre sexualité dans notre construction de nous-même contre le groupe peut nous pousser à la revendiquer comme un bien propre, revendication qui est contradictoire sans doute avec le terme d'une vie spirituelle authentique. Mais là encore, on n'enseigne rien à qui a faim : il ne s'agit pas de condamner - à mon sens ici influencé par le bouddhisme - mais de se faire conscient des ordres de conséquences.

Sinon, comme toujours, se préparer à la grâce - que faire d'autre - mais sans l'espérer - tout espoir de quelque chose lui étant incompatible...

(Ne pas trop penser à la luxure : c'est aussi dans la résistance qu'on lui oppose qu'elle se fait valoir et croît malgré qu'on en ait. Ces outils ne sont pas pour les novices, parmi lesquels je me compte. Je me tais.)

05/05/2008

05/05/08 - 18:23

Pour ne rien dire ~

Ce blog ne sait que l'inessentiel on retiendra ce point de même que l'ordinaire de ma conversation ignore tout ou presque des navigations hauturières.

L'Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien.
    
    Il me fait reposer dans de verts pâturages,
    Il me dirige près des eaux paisibles.

    Il restaure mon âme,
    Il me conduit dans les sentiers de la justice,
    A cause de son nom.

    Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
    Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi:
    Ta houlette et ton bâton me rassurent.

    Tu dresses devant moi une table,
    En face de mes adversaires;
    Tu oins d'huile ma tête,
    Et ma coupe déborde.

    Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront
    Tous les jours de ma vie,
    Et j'habiterai dans la maison de l'Éternel
    Jusqu'à la fin de mes jours.


Cela ne protège pas pour autant des ivresses.

Je suis le but, le soutien, le seigneur, le témoin, le séjour, le refuge et l'ami, l'origine et la dissolution, le sol, le lieu de repos et la semence impérissable.

Ne pas oublier.

03/05/2008

03/05/08 - 14:53

Grande mue - pas encore ça ~

Ma peau mes os mon coeur saignent l'enfance
le feu du refus, le flux de l'absence
    m'ensilencent



Eventrée, l'encyclopédie vomit.
Je, désaccoré, vais sans savoir mie
    en pays d'Anoésie

26/04/2008

26/04/08 - 17:29

Fredaine, pour V. :o) ~


cte poème ,
cte ptit tachyon,
y je t'aime
- c'est ben couillon -

avec un peu de thé
un carafon d'été

et la lueur bohème
d'la voile à thon
dla voie lactée
sur l'ombre portée
d'tes baisers ronds
d'tes baisers crème

et l'ensoleillée
comme après carème
d'milliers d'carillons
qu'à tout vent je sème
comm' des mirlitons
sucrés sucrés

21/04/2008

21/04/08 - 23:27

MTG

(j'ai failli ne pas venir à la MTG. Raisons diverses, de saison. J'en ai laissé tomber quelques unes, fait des autres de jolies paupiettes que je mangerai demain à l'heure des chouettes - on n'vous a pas dit ? Je suis un Ogre à Raisons.

J'aurais eu tort. Le goût en reste, il est bon. Je salue ceux que j'y ai croisé, du regard, du chaud devant ! sans pensée arrière, du toucher, de la barbe et de la joue, de la parole en petits sachets de politesse timide sous la rousseur, du sourire beaucoup, de la bière et de la vodka, de la cacahouète et du réséda, du je t'ai pas vu déjà mais non mais si, mais quoi, de la Grande Housse Mordorée et de La Très Honorable Blancheur, de la clope avalée dans l'encre d'une certaine douceur, du dadoum didoum dadé et de l'as de carreau, du bon courage et du porté beau, de la bonne santé et de l'à bientôt, du rentre bien, du au dodo.

Une pensée aux solitaires, dont je me sais compter parmi les émigrés, un pied dans le silence, un pied dans la fête.

Et un mercitouplein aux organisateurs.)

18/04/2008

18/04/08 - 23:07

En-passant (4) ~





Comme toutes ces fois où vous traverse un ange ou le fantôme d'une mouche ; à se croire pris dans l'essoufflement brusque d'un c'est-cela ; mais sans assez de silence pour l'influx immobile ; fatigue exigüe que la vitalité du cri déserte ; miaulement un peu gras ; s'en aller, dormir ; somme toute.






14/04/2008

14/04/08 - 23:22

En-passant (3) ~


Je pris le petit livre de la main de l'ange, et je l'avalai ; il fut dans ma bouche doux comme du miel, mais quand je l'eus avalé, mes entrailles furent remplies d'amertume.
Ap., X, 10

(Dépecé et violent comme un adolescent. Livres vidés de leurs promesses. Crétin ! - par bouffées brutales pourtant, je crois encore parfois au savoir universel. Mon corps, je ne comprends plus ce qu'il me dit - ou si, mais... Alors je n'écoute pas je n'écoute pas tais-toi je n'écoute pas tais-toi je t'entends pas tais-toi tais-toi tais-toi ! Trouille, manque de courage, manque de volonté. Epuisant.)

11/04/2008

11/04/08 - 01:18

Riddle in the barque


Il y a trois sortes d'hommes, les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer.

Aphorisme qu'un temps j'ai cru composé par une de mes connaissances, philosophe.



Puis j'ai croisé ceci :

« Nous sommes [...] les héritiers de l'Europe, les héritiers riches, comblés mais aussi surabondamment chargés d'obligations millénaires d'esprit européen : comme tels issus également du christianisme et hostiles à lui précisément parce que nous en sommes issus, parce que nos ancêtres furent des chrétiens d'une intégrité chrétienne intransigeante qui ont sacrifié de bonne grâce à leur croyance leur bien et leur sang, leur état et leur patrie. Nous - faisons de même. Pour quoi donc ? Pour notre incroyance ? Pour toute espèce d'incroyance ? Non, vous le savez fort bien, mes amis ! Le oui caché en vous est plus fort que tous les non et les peut-être dont vous êtes malades avec votre époque ; et si vous devez prendre la mer vous émigrants, ce qui vous y pousse, c'est également - une croyance!... »

F. Nietzsche, Gai savoir, §377, "Nous, sans patrie." (je souligne).


La citation initiale serait donc une sorte de cut up ou de raccourci intertextuel. Mais une patiente gogolisation mène à tout autre chose. Car la citation en son entier y est bien référencée, et de nombreuses fois. Mais là commence le mystère mystérieusement mystrifique. Car, cherchant qui avait bien pu écrire cette cholie phrsse, la Gogole nous apprend en effet qu'elle serait :

  • d'Aristote, dans un texte non précisé ;
  • de Platon - ce qui n'est pas incongru –, mais dans le Critias, où je ne l'ai pas trouvée, dans le Critias !
  • attribuée à Platon, ce qui est plus prudent mais me fait la gambette élégante ;
  • de Socrate, ce qui confirmerait son absence du Critias vu que Socrate n'y dit quasiment rien ;
  • d'Homère, et pourquoi pas !! mais je ne l'ai encore croisée ni dans l'Illiade, ni dans l'Odyssée...
  • d'Héraclite, c'est bien de son genre, mais ça ne figure pas dans les Fragments de son œuvre qui nous sont parvenus ;
  • d'Anacharsis, "philosophe" grec que je ne connaissais pas jusqu'ici ( pour le contexte) ;
  • de... Victor Hugo, mais oui !
  • mais aussi de Reiner Maria Rilke !!
  • Et tant qu'on y est, de Mallarmé, par boutade, et à propos de The Rime of the Ancient Mariner de Coleridge, encore !
Notre imagination d'internautes et notre capacité à faire confiance au premier ou au second venu n'a décidément pas de bornes.

Une recherche menée Anglais sur l'O3 (***) ne m’a mené à rien : la citation y semble inexistante.



Bilan : je suis pour le moment incapable de l'attribuer à qui que ce soit. Les marins français semblent bien la connaître – ça ressemble même un peu à une tartalacrème du milieu – avec parfois quelques variantes, mais la forme en est dans l'ensemble remarquablement stable. Ceux qui vont sur la mer sonne comme une traduction du Grec, pour le peu que j'en sache. Une attribution à Platon, qui l'aurait dérivée d'Anacharsis n'est pas invraisemblable. Ou une reformulation plus tardive peut-être. Bref. Je ne sais pas d'où ça sort.

J'offre donc toute ma considération, et un éventuel virtuel ou réel poutou-joue à quiconque me convaincra de l'auteur du dit morceau :o)

Hop !

(*) j'ai même trouvé un croquignolesque : Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et ceux qui ont peur de la mer mais qui la courrent [sic] quand même.
Ou, variation : Selon Jacques Brel, il y aurait deux sortes de gens : ceux qui vont en mer et les vivants. Selon Alessandro Baricco, il y aurait plutôt trois sortes d’hommes : ceux qui vivent devant la mer, ceux qui vont sur la mer et ceux qui réussissent à en revenir vivants après être descendu au fond du ventre de la mer.

(**) Extrait de Diogène Laërce : On lui demandait si les vivants étaient plus nombreux que les morts. Il dit : « Mais d’abord, ceux qui sont sur mer, dans quelle catégorie les rangez-vous . Différent donc de la citation recherchée, mais possiblement à son origine. J'ai vérifié, le texte n'est pas dans le Voyage du jeune Anacharsis en Grèce écrit par Barthélémy au XVIIIè s (dixit la Gougle)…

(***) OueurldOuaïdOuaibe

04/04/2008

04/04/08 - 22:39

Intrication autoportrait trop actuel

Nos désirs se modèlent vite sur ce que propose une société de consommation. On consommera de la pornographie aussi bien que de la révolte à prix facile, tant qu'on ne saura pas faire le tri entre ce qui attire et ce qui est sain - notre obsession contemporaine pour la santé est totalement à côté de la plaque : on pense efficacité mécanique quand il s'agirait de s'installer dans une rectitude souple, qui n'est contradictoire ni avec la maladie, ni avec la douleur.

Internet est l'outil emblématique de cette désincarnation de nos désirs - moins une question de virtuel que de la perte d'un contact, avec la lenteur et le ressenti de nos viscères. Internet est tout autant excité et excitant que n'importe lequel de nos espaces hyper-occidentaux - nous appartenons à des sociétés, une civilisation peut-être, génératrices de stress, confusion consommée de la valeur, de l'utilité et du juste prix des choses, des êtres et des façons d'être.

Se désengager n'est pas simple, dès lors qu'on est retenu par soi-même. On ne quitte pas le lieu où l'on jouit - l'érosphère - sans une ascèse - ou un traumatisme - un sevrage peut-être. Sans quoi, l'on est, fils de son temps, critique ou jouisseur de la marchandise généralisée, pris et partie prenante d'un flux d'échanges qui diffracte toujours et encore la forme de la transaction marchande. Vivant dans lé frénésie inquiète d'un équilibre à trouver dans la gestion de la rareté : survie.

02/04/2008

02/04/08 - 23:10

En-passant (2) ~

(C'est embêtant, je ne parviens plus à parler philo qu'avec les philosophes. Pas que les autres m'ennuient, très loin de là. Mais je pense que c'est moi qui ennuie, dans l'histoire. Ou qui noie - alors que je serais pas capable de noyer un cafard, moins encore un chat.)

26/03/2008

26/03/08 - 16:36

Intellos ~



Ne nous le reprochez pas, ce léger manque de vibration, cette façon de tenter l’équation qui inscrirait le monde dans le lit asséché de la formule.

Inversion des rythmes : nous cherchons le proche dans le lointain, le lointain dans le proche. Nous ne pouvons évaluer quelle évasion nous promet une caresse. Mais nous en savons la valeur d’arrachement à l’ailleurs quotidien. Notre corps nous est chose plus étrangère que le vôtre – d’où notre soif.

Nous sommes sensibles à ce qui se lie de façon étrange – pour tout dire : le banal nous ennuie, sève fade, dure à assimiler.

Ne nous plaignez pas. Ne nous enviez pas. Ne vous croyez pas obligés d'un mot de plus. Reconnaissez-nous la place occupée, ce peu d’espace humide et l’air que nous prélevons.



24/03/2008

24/03/08 - 17:17

Mon cœur ~



Mon cœur, l'as-tu vu,
Le démon gris, ras la rue
L’as-tu flairé au passage blême
L'as-tu défait de ton poème,
Vif écorché de ta sonnaille
Raide étourdi de ta mitraille ?


Mon cœur, as-tu rêvé
Les hanches fermes, l’aplat salé
Du ventre ensablé
Mon cœur, mon cœur, l'as-tu pleuré ?


As-tu vendu, mon cœur,
Le goût des cendres et la fadeur
Du grésil sur la souche gaste des os ?

As-tu cédé, contre le métal des zoos,
Une livre de lumière
Une once de colère
Au silence de stupeur ?

20/03/2008

20/03/08 - 00:36

Pensée grecque

Un temps, science désigna une façon de se former soi-même au contact des choses, reçues rayonnantes dans le discours de vérité qu'elles suscitaient.

Ne nous leurrons pas. 1. C'est une contre-image, 2. aujourd'hui, science ne peut guère que s'inféoder à une transformation des choses au profit d'un soi-même toujours plus opaque et rageur dans son ignorance réelle de soi.

- investir cet écart comme écart, volonté de retour ou approfondissement d'une distance conçue comme lien ou synthèse entre contraires : Autre, Un, Être : l'Occident.

18/03/2008

18/03/08 - 23:59

Du travail intellectuel "Méditation" décousue et sans poésie

Je n'ai pas encore rencontré d'intellectuel qui ne soit prisonnier de sa matière : lacis de concepts, de jugements, d'arguments, de réseaux de faits, d'engagements dans telle ou telle image du monde, dans telle pratique de la parole ou de l'écriture.

Prisonnier : à la fois ivre d'une liberté qui se compte en degrés d'assurance ou de certitude, et pris dans l'occultation du sans-pourquoi. Somme toute : les mots lui sont, toujours un charme, une incantation ; aurait-il pour vocation de dégriser d'un certain usage hyperbolique du langage, le discours de l'intellectuel porte toujours une charge d'enchantement - jusqu'au philosophe-logicien le plus froid, et ses extases grises de vérité.

La vérité n'est pas dans la parole. Je veux dire : pas plus qu'ailleurs – là sans doute : une forme de « théologie » négative et athée de la vérité. Le lieu de la vérité : ce qui hante l'Occident, chrétien, pour avoir historiquement pensé en Dieu le lieu de toute perfection - et je ne pense pas que nous en soyons réellement sortis. Mais l'Occident, pas plus que l'Orient ou tout autre monde imaginaire, n'a de réponse à ses questions fondamentales.

Bien sûr, bon, le travail est toujours possible – le travail qui forge les habitudes, et, pour l'intellectuel, donne sens aux affects qui le traversent – à mon sens le plus haut sens du travail intellectuel, le plus haut et le plus dangereux [canada-dry de Heidegger] : de et dans la pensée, le travail tord aussi bien les concepts que les affects.

Le travail, oui, dès lors qu'on n'y fantasme pas la vérité. Ou plutôt non. C'est un point très délicat – obscur. On peut y fantasmer tout son saoul, la vérité comme autre chose. Ce qui compte, pour autant, ce n'est pas l'objet du fantasme – toujours en deçà du réel, entendu ici comme expérience directe de la chose. Mais peut-être l'effort pour débroussailler ce qui se dresse entre nous et la chose en sa nudité. Quoi que ce puisse "être". Et dans cet effort : rencontrer un point où ça « lâche ». Hors la prison des images enivrantes.

Trouver un point de « lâcher » jusque dans le travail intellectuel. Pas simple. Sans doute moins encore ici qu'ailleurs : la dépense d'énergie physique a de bien meilleurs effets sur le métabolisme, les affects et les capacités de lâcher que le travail de la tête - mon expérience me montre qu'ils sont souvent opposés. Le travail que cela requiert peut tout autant mener en bordure de folie ou achever de rigidifier la machine pensée en dogmatisme stérile : sans cette simplicité suave et violente des affects qui accompagne le lâcher comme accessoirement son shibboleth. De toute façon, travail intense, nécessairement. Je veux dire : investissement intense - concentré, comme une essence de bouillon de poule avant la dissolution, ou le taupin pendant la colle, ou la rose sans-pourquoi.

Alors bon oui, le travail intellectuel, comme ça, je vois. Prendre le temps de lire Platon, lentement, de le lire vraiment plutôt que d'en engranger les philosophèmes : de le travailler comme on travaille la glaise. Et ce que je dis de Platon vaudrait encore de Damascius, de Spinoza, d'Eckhart, de Descartes aussi et d'autres et coetera - le Badiou de L'Être et l'événement, Lévinas, et quelques grands contemporains célèbres ou moins mais non moins décisifs - plus quelques analytiques récents en guise de gymnastique, tout comme on fait des maths pour le plaisir (ben oui). Pour aller vers quoi ? Le sens, en sa fulgurance dégrisée, tient ! Mais ça n'a de sens que dans le dépassement de soi et donc dans une forme de parole qui ne se satisfait pas du savoir : poésie, je dirais bêtement - dans le sens le plus large que j'aie jamais donné à ce mot, et qui, pour une fois, recouvre une adresse à autrui, l'entretien du maitre et du disciple en tant qu'ils se dépassent l'un l'autre vers une parole inouï (Lévinas) étant aussi de ce ressort là. Sinon mieux vaut s'en tenir à une tradition religieuse et se faire moine - une plus efficace voie de silence.


[C'était accompagné de ça, qui s'y raccorde plus ou moins ] C'est la corde raide. Pourquoi alors continuer à se perdre dans le jeu intellectuel ? Comme s'il suffisait de choisir, tient Autant essayer de ne pas parler pendant un mois, pas même seul, pas même à soi-même. C'est possible bien sûr. Travail d'ascèse – changer les habitudes. Mais quel intérêt – puisque l’ascèse est inévitable ? Pourquoi ici plutôt que là ? Il y a une chose qui me frappe, aujourd’hui que mes plaisirs se font plus tristes : il est sans doute essentiel de faire effort vers autre chose que le soi-même habituel - conclusion parfaitement banal, qu'il fallait bien qu'un labyrinthe occulte pour que je n'en prenne conscience qu'aujourd'hui...

15/03/2008

15/03/08 - 20:28

38 - non, pas 42 ~




(Celle-là commence bizarre. Chut ! Je ne sais plus où j'en suis - plus friable que l'année dernière, peut-être.


(merde !))

14/02/2008

14/02/08 - 16:53

Touché boulé coulé roulé trournevolté et vireboulé


Il a senti remonter l'excès le long du nerf optique
Tu es resté pâle - la faim et la lassitude de je ne sais quel soleil
Il a pris place dans les bassins temestatiques
Tu encodais ton désir au cœur d'un banc de classiciques
Il ricanait écartelé des paradis somatoscopiques Homo onirix L.
Tu t'es abusé, sciemment, de la texture soyeuse des sphinges
Il drive-rêve à vau l'eau, barque folle sur eau molle


10/02/2008

10/02/08 - 16:53

Une contine, hop !

Le soleil
Fait risette
Je m'en vais manger des crêpes
Chez Joc'lyn

Et l'hiver
Fait moins l'fier
Dans ma tête de sagouin
C'est merveille

09/02/2008

09/02/08 - 23:23

Annonciation


Note liminaire : Je ne devrais sans doute pas publier ça sur GA. Mais ceci reste un blog et il se trouve que j’avais envie d’écrire ce machin, ce soir. Si j’avais droit à me voir exaucé, je souhaiterais que mes lecteurs prennent ce texte comme les autres : une simple trace, qui peut ou non les intéresser. Cette réserve est la seule concession faite au medium.

Il ne s'agira pas d'avant-garde : il n'y a plus rien au devant de quoi il est sans danger possible de venir – c’est partout le même vert-soleil du recyclage des nouveautés. S’annoncer, c’est se vouer à être médiagéré, tôt ou tard statufié, mis à la mode – et modifié jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une forme lavée de ses strideurs transgressives – uniforme d’un conformisme de la différence néo-adolescente, soit : moutonnière.

Le temps-gâchis réduit toute nouveauté à la platitude d’une innovation : variation technicienne et efficace autour de la réponse à une demande faite besoin. Il ne suffit pas de produire de l’information – encore faut-il donner aux individus et aux collectifs indissociablement les moyens de sa métabolisation. Mais nous ne métabolisons plus rien : nous sommes métabolisés – et mis au service des modes, l’individu n’est plus que l’instrument d’une non culture de soi.

[Note du 18/02/08] Ce n'est pas très juste. Nous sommes métabolisés comme métabolisant touours plus vite et toujours mieux ce qu'une culture qui a déplacé l'excès de l'orgie dans la consommation nous pousse à absorber et faire fructifier dans toujours plus d'échanges. Et c'est pourquoi nous tenons. Il n'y a pas en réalité d'effondrement de la culture, bien au contraire. Mais il y a une vitesse de la culture qui pousse à leurs limites nos facultés de productions et de métabolisation du culturel. Nous tenons dans une accélération permanente et ivre, comme aux limites grisantes de nous-mêmes. Ce qui nous empêche de trouver en nous ce qu'il y a de lenteur : ce que je pouvais appeler maladroitement une culture de soi. Cette remarque, en ce sens, n'invalide pas l'idée générale.

Il ne faudra pas s’annoncer, ou pas, en tout cas, comme prodrome d’une révolution. Depuis la fin du XVIIIè siècle, durant tout le XIXè et jusqu’à la fin des années 70, l’Europe est soumise à l’idée révolutionnaire. Les arts et lettres n’y ont pas échappé, jusqu’au structuralisme inclus. Chute des régimes politiques, relève technocratique d’une culture fondée sur les humanités – conséquence non anticipée d’une massification de l’enseignement supérieur –, primauté du droit sur le sens, néo-scientisme hyper-rationaliste se soutenant des très riches avancées dans les sciences de la matière et surtout du vivant : quoiqu’il en soit des causes, le chemin de cette idée au réel est en train de se perdre. Car toute révolution suppose la mise en œuvre d’un noyau irréductible de différence, irréductible, précisément, et donc non assignable, en mouvement toujours, mais en première approche réel ; incompatible donc avec les processus de clarification d’un monde devenu massivement bourgeois jusque dans la normalisation de ses transgressions.

Aucune annonce ne saurait aujourd’hui échapper au cercle de sa récupération – sauf à maintenir une part de secret, sauf à se retirer de ce qu’elle annonce – larvatus prodeo, j’avance masqué, mais non comme Descartes pour échapper aux foudres de l’Eglise, non plus pour fonder la communication minimale nécessaire à toute société secrète, mais bien selon un geste qui manifeste la cacophonie des asservissements au public – publicité, réclame, annonces, petites annonces, bandes annonces, etc. – comme symptôme de l’intangible identité d’un silence réel – une annonciation.

Evidemment, pareil geste ne vient pas de Dieu – Dieu a déjà et depuis trop longtemps, été digéré – mais de l’homme. Evidemment, l’homme n’est pas l’être humain – je ne suis pas en train d’annoncer un nouvel humanisme : l’être humain, digéré, comme Dieu. L’homme, en soi, n’annonce rien. Mais l’annonciation est selon l’homme. Elle n’annonce : rien qui puisse advenir dans un monde assigné à guetter ce qui advient pour s’en nourrir, éperdument – un monde qui a métabolisé jusqu’à la possibilité des révolutions. Elle n’annonce pas un futur possible, et aucune réalisation. Contrairement à une avant-garde, toujours ancrée dans le passé et en lutte de connivence avec lui, elle est le futur. Un futur sans advenue ; mais depuis l’homme déjà advenu, mais sans pourtant qu’aucune venue ne se soit jamais manifestée comme telle ; et pour le monde où sa non-advenue casse les cycles de la digestion anticipatrice de toute nouveauté.

07/02/2008

07/02/08 - 22:28

En-passant (1)

Quand on s'installe dans la croyance que vivre n'a pas de sens au-delà du simple fait de vivre – pas de chose cachée derrière la face étale du monde, pas de but ultime assigné à l'homme par quelque puissance étrangère, quelque totalité transcendante – reste à réaliser, pour de bon, qu'on n'a besoin d'aucun sens pour vivre.

Réaliser qu’on ne peut alors vivre sereinement qu’en remplissant ce seul besoin : n’avoir besoin d’aucun sens pour vivre – besoin qui ne se maintient que le temps de sa dissolution.


Comment faire comment faire comment faire ? Ne pas trop s'en inquiéter sans doute. Se poser en soi le plus chaleureusement possible. L'impatience aussi tirera sa révérence, si on la regarde avec bienveillance. Inflexiblement. C'est ce qu'on dit.

06/02/2008

06/02/08 - 21:58

Auto-portrait

Le bourgeois – monstre mou des temps prospères – jouit consciencieusement d’une pensée raisonnable – raisonnable jusque dans son arraisonnement de l’excès – raisonnable rigoureusement dans la délimitation des choses les plus abstraites, cercle, folie, vérité, origine de l’homme, métaphysique des moules.

La croyance en une circulation réglée des signes et des corps faits biens, intelligible dans les termes rassurants d’un échange universel, confirme dans son identité un sujet pour qui le point de déviance – est toujours l’autre – et le point d’identification, le droit : au plaisir, à la différence, à la soupe du samedi soir et au coït du dimanche.

L’exigence de précision et de clarté dissout ici la tentation des dehors – les orbites du monde seraient bien mieux gérées si…. Le désordre, c’est les autres. L’efficacité technique, fille d’une pensée droite, se suffit à elle-même et suppure sa propre valeur. Au demeurant, l’adepte des orgies convenues et des joies légalisées sera toujours attentif à montrer son ouverture d’esprit et de cœur en rendant à chacun ce qui lui est dû, dans la jouissance grave du dispensateur d’une justice symbolique. Pas plus que jamais, il ne s’agira de s’engager – « comme si ».

L’encyclopédie se fige dans des savoirs sur la nudité de l’homme, ignorante aujourd’hui de l’excès de sa peau. Nous secrétons une culture de petitesse précise, que le sublime apeure quand il n’est encadré par la loi, et que ne rassure que l’onction de sa propre fatuité, Le bourgeois, c’est cela, se croit arrivé. Temps de gâchis pour tout ce qui croît.

 

Blogs à ravir

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Orpheus Blog - Droit et sensible. V.I.T.R.I.O.L. - trois fois grand
Les cheveux de travers - je découvre

De quelques films
(notes de -3 : exécrable, à 4 : culte)

Le grand silence- - Die grosse Stille (3+) - Su-perbe. Mais n'y aller qu'à avoir des tendances contemplatives
Le Labyrinthe de Pan (3) - Secouant
La science des rêves (2) - maladroit parfois, poétique souvent, très justement terrifiant par certains côtés, très bellement interprété
V pour Vendetta (2) - Je lui préfère la BD, néanmoins
L'iceberg (3) - Délicieux, burlesque, amer, tendre
Le malentendu colonial (2) - Lent à démarrer, puis essentiel.
Le goût du thé (3) - Halluciné, émouvant et requinquant
Le cauchemar de Darwin (2) - L'Afrique qui meurt, vision partiale, néanmoins
Mysterious skin (3) - Extrêmement troublant. Lire encore cela.

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