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Honni soit qui troll y pense

Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mardi 5 août 2008 à 02:50)

05/05/2004

05/05/04 - 22:34

Veau d'Or

J'ai encore sujet de râlerie contre l'église(*). Je ne développerai pas. Idolâtre haineuse.

Peu de choses qui me désolent autant que la tartufferie spirituelle. Rien de plus triste, de plus nuisible au salut réel -et l'on bétonnera un paysage en prétendant le faire par amour de la nature.

L'église, humaine, a droit à l'erreur. Soit. Mais que vaut sa persévérance ? Elle qui canonise trop souvent le meurtre évangélique. Elle qui, désormais habillée de "sciences sociales", se complait comme jadis à la "politique" et "l'éthique" à en oublier ce qui fait des âmes le salut. La putain de Babylone avait plus de tenue et moins de faux-semblants. Sous son fard, on trouvait au moins une peau à caresser. Je ne vois trop souvent que sanie sous l'institution vaticane, et Dieu, nulle part.


(*) L'institution mondaine n'aura ici jamais droit qu'à la minuscule ; ne pas venir dire que cela reflète adéquatement son humilité.

commentaires

05/05/04 - 22:57

Je prierai pour que la Lumière du Christ vous illumine. J'invoquerai saint Antoine de Padoue pour que vous vous retrouviez.

05/05/04 - 23:29

Celui que la "Lumière du Christ" illumine ne pourra jamais plus supporter les sordides ténèbres que l'institution religieuse fait régner. Si vos prières sont sincères, Monsieur d'Ormesson, elles risquent d'accentuer la colère de Monsieur de Kliban, en l'amenant à se rendre compte jusqu'à quel point les religieux ont perverti les paroles des mystiques et prophètes, pour servir leur intérêt propre, aux dépens de leur propre égarement et de celui de ceux qu'ils veulent "fidéliser"... Souvent en toute sincérité, c'est même ce qu'il y a de plus désolant !

05/05/04 - 23:35

Vous pouvez dire cela de toute institution humaine, vous savez. Il faut être au-dessus de cela.

05/05/04 - 23:46

Précisément, je parle de toutes les institutions religieuses, et nous pouvons généraliser cela à toutes les institutions humaines, effectivement. Si vous relisez ce que j'ai écrit, vous constaterez que je n'ai rien dit de mal à propos des prophètes, mystiques et autres sages... Je regrette que leur expérience intérieure soit systématiquement si mal comprise.

06/05/04 - 00:50

Y z'ont qu'à être plus clairs, les prophètes !

06/05/04 - 21:21

Dieu, ce n'est pas l'absolue puissance mais l'infinie faiblesse. La leçon des Evangiles - mais aussi du Judaïsme, si j'en crois Lévinas - tient en la responsabilité à laquelle m'appelle la reconnaissance en tout homme de cette infinie faiblesse.

Dès lors, toute position morale surplombante (moralisante) relève d'une perversion du message biblique d'autant plus fondamentale qu'elle se confond avec celui des idoles - qui sont, quant à elles, des divinités puissantes. Dieu n'est pas le surpuissant, mais l'impuissant - que le créateur soit impuissant est mystère identique à celui de sa crucifixion.

A vouloir compter parmi les puissances, l'église plante une seconde fois les clous dans le corps souffrant du Christ. Et se moque, se moque, se moque, romaine parmi les Romains qui ne surent pas percevoir la Gloire - mais il est vrai qu'ils ne parlaient déjà pas la même langue.


P.-S. : Jean d'O., si vous parvenez à être au-dessus sans vaine indifférence, croyez que je vous envie ce pouvoir, et m'en réjouis pour vous.
Zirconium, que voila une étrange communauté d'esprit :o)

07/05/04 - 01:54

Pourquoi étrange ?

Je reste néanmoins prudent sur votre conclusion à propos d'une communauté d'esprit, car je me sens quelque peu étranger au vocabulaire que vous employez, Herr Kliban: "infinie faiblesse", "impuissant" (je suis un méchant hérétique, mais je n'ai jamais pensé en ces termes !), et même "mystère", "gloire" (qui appartiennent au dogme catholique)... Disons que nous partageons une position qui n'est ni l'adhésion aveugle et béate, ni le rejet tout aussi aveugle.

07/05/04 - 21:39

Ne confondons pas communauté d'esprit avec communeauté de langage :o)

Mais tu as raison et je m'avance un peu trop (quoique, disait l'autre, masqué).

Je ne me considère pas comme hérétique, si d'évidence, mes propositions finiraient par l'être.

En fait, comme j'ai pu le dire ailleurs, je me considère - aujourd'hui - comme un hybride : matérialsite croyant.

08/05/04 - 11:29

(L'idéal, bien sûr, serait de ne plus se considérer du tout)

23/07/04 - 18:14

Comment tant d'aveuglement est-il possible. Comment peut-on encore croire à un surpuissant, même à un souspuissant. La réalité du monde ne vous apparait-elle pas claire dans toute son atrocité? Nous ne sommes rien, pas même un grain de sable, juste une enveloppe biologique destinée à fabriquer une enveloppe osseuse qui rejoindra le minéral de la terre. Ne voyais vous pas toute ces montagnes autour de vous, ces hamas de vies passées et défunte, inexistantes, pour l'éternité? Que sont devenus ces trilliards d'individus des millénaires enfouis dans l'oubli? Ont-ils trouvé leur place dans un au-delà hypothétique? Et bien il doit y en avoir du monde là haut....j'y partagerai volontiers mon premier repas avec un vélociraptor. Est-il si difficile de se résoudre à l'inéluctable, à l'évidence? Cela changerait nos vies, nos comportement. L'être humain, seul parmis les êtres vivants, détient un pouvoir immense, celui de contredire son sort funeste. Nous sommes les générations condamnées, les imparfaits, ceux qui ne connaîtrons jamais la promesse de l'église, elle, nait de la conscience toute puissante de l'homme, refusant sa propre fatalité et n'ayant réussit pour lors qu'à conter une fable, dans laquelle les laches se réfugieront toujours. Que nous importe notre enveloppe? Personne ne s'en soucie. Mais ne plus EXISTER, ne plus PENSER, ne plus jamais être CONSCIENT et ce pour l'infinité du temps qui s'écoule inéluctablement dans l'univers, telle est la rélité qui nous attend. Quand l'homme cessera-t-il enfin de s'aveugler et de fuir, Quand mettra-t-il enfin tout ce qui est en son pouvoir pour lutter contre elle, la seule, la vraie, notre énemi à tous: la Mort..........

23/07/04 - 22:33

Héhéhé :o)

Nous sommes l'impuissant, en puissance. Mais cela n'est pas une évidence. Et cela veut dire beaucoup, pour nous qui convoitons, en tout, la puissance.

La mort n'est pas une ennemi. L'ennemi, oui, c'est la peur, et tout ce qui, de souffrance et de misère, peut submerger cette impuissance à venir sous un désir de puissance qui, alors, n'est plus, simplement, qu'un besoin vital - l'espèce humaine, disait Antelme.

La mort n'est pas un "ne plus exister". Cela n'est pas terrible, sauf pour ceux qui restent et sont, de nous, trop tôt sevrés. La mort, dans le corps, est un refus - la machine veut vivre et ne vous laissera pas nous asphixier en retenant simplement votre respiration. La mort, dans l'esprit, tient d'un refus : on ne veut pas que cela s'arrête. Pourtant, toutes les nuits - pour les bons dormeurs - la conscience reflue, l'esprit s'arrête. Le corps, lui continue, paisible.

La mort, dans les autres, est un supplice, à nous dont les affects font des présences aimées un milieu où respirer normalement. Un deuil : une asphixie où l'on ne meurt pas. Assez douloureux.

Contre (l'emprise de) la mort : l'impuissance, comme Comte-Sponville, pour une fois inspiré, dit le désespoir. Au-delà de la puissance, au-dela de l'espoir, quelque chose dit une victoire, minuscule, sans plus de gloire que l'enfin éternel nom de Dieu.

Bien sûr, je laisse, un peu trop lyriques sans doute, des blancs que vous remplirez à votre guise.

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