31/01/2005On the edgeOn dit que Vishnu, en un de ses avatars, prit la forme de l'homme-lion, Narasimha, pour venir en aide à son dévot, Prahlad, alors que le menaçait son père, le démon Hiranyakashipu. Et le Seigneur tua celui qui se croyait immortel, et les dieux même, tremblant, à Son aspect, n'osèrent L'approcher. Seul à celui qui avait placé en Lui sa dévotion fut donné ce courage.
Parfois, on sait. Alors, on se donne toutes mauvaises raisons, pour éviter de voir en face les choix qui s'imposent. On retarde le moment de la transition. On redoute ce que le bonheur à venir détruira des automatismes du présent.
Je devrais partir. Non point abandonner, mais au moins partir. Aller me frotter là où je sais que se trouve la possibilité de cesser de survivre. Mais, tel Arjuna au jour de la bataille, il me faut bien me l'avouer, le courage me manque. Littéralement pétrifié de trouille.
Je ne puis pourtant me contenter de cette drôle de vie, sans réel goût - toute saveur ne vient jamais que de soi. Il faudra bien un jour - vite, o Lord, vite ! - que je me décide à cesser d'emprunter toujours et encore les mêmes chemins ! 28/01/2005A pa rigolo - a pa trisse non pu : a labyrinthes.Tête-réveil qui bat qui bat qui bat
avalé depuis tant et tant, monstre-
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-papa-maman-tu-dois-tu-dois-po
je supporte mal cette vieille peau verbeuse
la geignardise de toute une bibliothèque qui voudrait se faire entendre - et parfois, hein, il te serait facile de croire qu'elle te résume, cte bestiole sans visage ! -
encombrante, holaaaa, à un point, vous pouvez sans doute imaginer, j'ai laissé aller la mécanique, par ici, suffisamment :
ça rend difficile, oui, parfois, même, la vision du couchant
Ya pas, c'est le coeur de l'hiver. 26/01/2005Anime - catalogue vaguement raisonnéJ'ai découvert la richesse du genre - japanimation - tout-à-fait fortuitement, alors qu'un mien ami m'avait invité, à cete époque où je disais non presqu'à tout, découvrir avec lui Le tombeau des lucioles (Takahata Isao).
Sans doute l'un de mes plus importants chocs cinématographiques. Pensez : personne n'est sorti pendant le générique de fin, et il fallu bien dix secondes à la salle pour commencer à remuer une fois la lumière revenue.
Par la suite, j'ai découvert Miyasaki (+++, si ce n'est pas copyrighté), dont le Princesse Mononoké reste le chef d'oeuvre d'une série de chefs d'oeuvres (toujours pas vu Porco Rosso, cela dit) - un petit moins pour le dernier, peut-être.
Depuis, j'essaie de découvrir ce que je peux, quand je le peux. Les Nouvelles images du Japon au Forum des Images à Paris sont à ce titre une mine. Ainsi que les Festivals, ici et là. Je me souviens avec émerveillement du Mari Iyagi (Sung-gang Lee, Corée), découvert il y a deux ans, je crois.
Ghost in the shell est un tout petit peu trop baroque à mon goût (+) mais quand même tout-à-fait remarquable, scénaristiquement, et, surtout, conceptuellement. Je n'ai par contre pas un amour démesuré pour Akira (Katsuhiro Otomo), trop violemment néo-bouddhiste post-Hiroshima.
Dans le genre réaliste dingue j'ai a-do-ré Tokyo Godfathers (Kon Satochi) (+++), complètement déjanté, cousu de fil blanc, truffé de prersonnages totalement crédibles et d'une humanité profonde. Idem pour Chie la petite peste (Takahata Isao) (+++). Mes voisins les Yamada (++), du même, reste une belle et chronique pleine de la douceur parfois un peu acide du quotidien, mais n'atteint pas au niveau de virtuosité humoristique du précédent.
Du côté des séries, une fois épuisés les assez mauvais Albator et autres GoldoCandies - non, là je suis pas fasciné - deux ou tyrois bijous : Fruits Baskett (++), Neon Genesis Evangelion (+++ surtout les premiers et derniers épisodes : THE film d'Otakus), Serial Experiments Lains (++), et ce truc invraisemblablement absurde de justesse : FLCL qui aurait pu être co-écrit par une collaboration improbable etre Takahata, Otomo, Raymond Quenaud et un moine bouddhiste genre Ikkyu.
Bon, j'arrête ici c'te liste quelque peu roborative, d'autant qu'elle est pratiquement complète. Je suis un peu à la ramasse, aujourd'hui. Auriez-vous quelque chose à me conseiller, dans la masse assez considérable de ce qui nous vient du Japon ?
Demande d'infosJe suis assez désemparé sur le sujet suivant (entre autres) :
Le récit de la Genèse raconte comment le couple primordial fut chassé du Paradis Terrestre suite à un acte daont la signification exacte est encore et toujours objet de glose. La tradition, très rapidement, en est arrivé à se référer à cet épisode comme à une chute, au point que le terme, affublé d'une majuscule, devienne synonyme de la faute originelle, de son récit et de sa punition.
Le problème est que ce mot n'apparaît pas en ce sens dans l'Ancien Testament (les Juifs ne parlent pas de chute à ce sujet), que ce qui en est de plus proche se trouve sous la plume de Saint-Paul (seul à ma connaissance à employer le verbe tomber en un sens moral), ou dans l'emploi de skandalon, souvent traduit par occasion de chute et qui dérive d'un verbe grec signifiant trébucher - mais pour ce que j'en sais, ce terme n'est jamais employé pour parler de l'épisode de la Genèse.
Par ailleurs, il est vrai, les premiers Chrétiens furent très tôt pétris de néo-platonisme, où le concept est largement référencé - sans doute depuis le Phèdre de Platon (lui même l'héritant de l'orphisme ?). Au point que les gnosticismes - hérésies chrétiennes ayant fleuri du IIè au IVè siècle - en ont fait un élément central de leur dispositif conceptuel (chute des âmes dans le monde du mauvais créateur, etc.). Bon.
Mais je ne connais pas la cheville qui fait passer la chute néo-platonicienne des âmes à la Chute édénique de la Bible. Trouver des références précises là-dessus est très difficile. Si d'aventure vous aviez quelques idées, je serais preneur (Lysias ?). Eventuellement des sites (même anglais) où je pourrais poser la question ? Truc drôle trucPlus le temps passe, plus je trouve surprenant d'être moi. 21/01/2005SymptomatiquePetit catalogue des lectures en cours :
Ti Jean l'Horizon de Simone Scwharz-Bart. Moins bouleversant que Pluie et vent sur Télumée miracle, mais un souffle de Vieux Conteur, toute la mythologue du Retour et de la zombification, et quelque chose, sur lequel le doigt refusera obstinément de se poser, qui n'appartient qu'aux Antilles - ces îles que je ne connais que de loin.
La chair, le diable et le confesseur de Guy Bechtel. Une histoire des rapports de l'église catholique à la chair. Histoire assez partiale, et qui demanderait à être nuancée par le point de vue catholique, mais sans équivoque, ce me semble, quant à la véritable hantise du péché de chair qui anima les confessionnaux depuis le XVIè siècle. Rien de révolutionnaire - quelques naïveté évidentes, quant aux thèses de Foucault, par exemple - mais quelques matériaux rigolo (et anecdotiques, peut-être ?). Ceci en passant :
A l'inverse des jeunes filles d'aujourd'hui aux tenues négligées et aux moeurs dissolues, le personnage de Bécassine, plein de bon sens, de courage et de bonté, me paraît présenter une remarquable exemple pour toutes les jeunes âmes que la dépravation n'a pas encore contaminée.
Mlle de Saint-Géhan, Directives aux cheftaines de nos patronages, 1913 - encore au XIXè siècle, donc.
ou encore :
Du point de vue philosophique et scientifique le plus rigoureux, l'homme laïque, l'homme des marxistes, des francs-maçons, de tous ces tarés et non-évolués de la libre pensée, est un monstre dont le développement s'est trouvé arrêté à un stade inférieur. C'est un être qui s'est réalisé sur le plan biologique et psychique, mais qui reste incapable d'accéder à l'existence supérieure d'une personnalité à l'image de Dieu, un être qui, au fond, demeure le simple représentant d'une espèce animale un peu supérieure à celle d'un canard.
Extrait d'un bulletin paroissial de 1952, au XXè, là.
Nécessité ou contingence de Jules Vuillemin. Fort remarquable et néanmoins technique bouquin sur des problèmes épineux de définition des modalités (nécessaire et contingent) à partir de l'argument dit du Dominateur (que, rassurez-vous, je n'exposerai pas ici) que l'on doit à un certain Diodore Kronos, vieux parmi les vieux puisque contemporain d'Aristote (IVè siècle av JC) je crois. Texte assez fascinant, puisqu'à partir des résolutions du Dominateur - il en est de multiples - Vuillemin entend dégager un système de classement des philosophies eu égard à leurs conceptions de la nécessité et de la contingence. L'intérêt de tout ça ? Intérêt de philosophe, certes. Pour ma part, je ne parviens pas à trouver une définition satisfaisante de la nécessité. Par "définition satisfaisante", j'entends : qui me permette de voir ce que c'est, de la même façon qu'on voit un objet mathématique une fois qu'on en connaît la définition et qu'on l'a sufisamment manipulé. Il y aquelques concepts, en philo, comme ça, que je ne vois pas bien du tout et dans lesquels je me prends les pieds. La nécessité en fait partie. Mais encore la volonté.
Traité des premiers principes de Damascius. Encore un vieux Grec. Mais moins vieux. Dernier des successeurs de Platon à la tête de l'Académie, en début de VIè siècle de notre ère, il développe un système d'une poésie que je trouve étourdissante - plus que celle de Plotin : sans doute moins profonde, mais bien plus enivrante. Le principe de Tout est l'Un, et l'Un est Tout et de l'Un tout procède. Les deux parties du peri tôn prôtôn archôn traitent de cela : l'Un et la procession. Mais l'Un comme Tout n'est pas l'Un lui-même. Cela, c'est l'ineffable :
Et, si l'un est aussi grand, il faut supposer que l'ineffable de son côté l'est tellement qu'il est de toutes choses ensemble l'englobant unique et ineffable, tellement ineffable qu'il n'est pas même unique, ni même englobant, et qu'il n'est pas même du tout ineffable. Et bien donc, qu'à son égard la témérité de notre discours trouve sa limite, en demandant pardon aux dieux pour ce zèle présomptueux.
Philosophie apophatique. J'adore !
Watchmen de Dave Gibbons et Alan Moore. Aussi extraordinaire que V pour Vendetta. Super-héros vieillissant, monde paranoïaque. La BD est bâti comme un grand cercle qui entraîne les héros, le monde, et toute espérance en une immense chute spiralée qui emmènentlà où ils ne veullent pas aller. Héros masqués emplis des doutes de la quarantaine, dans un monde s'agitant frénétiquement au bord de la ruine. Le tout baignant dans une métaphysique diffuse, que ne comprennent peut-être que deux ou trois personnages. Baroque et désespérant - bien plus que V précédemment cité.
Matériaux pour une histoire raisonnée des insectes de Bernard Dumortier. Comme son nom ne l'indique pas, c'est une série de courts, poétiques et souvent drôlatiques portraits de bestioles franchement chitineuses et de moeurs rarement recommandable. A siroter rêveusement, tel le noctiluque (luciole) son escargot.
...
Ca va être difficile de guérir, je pense. 20/01/2005CitationOn se demande à quel point, corps contre corps, le rythme des battements de cœur, des respirations et ce qu’il sous entend résonne en l’autre.
C'est quelque part par là : Hop ! chez century_boy.
J'avoue, j'avoue, j'aurais aimé l'écrire - à quelques mots près, que nous gardions chacun le mystère de notre souffle. 16/01/2005Christianisme et homosexualitéIl est surprenant de constater tant la maladresse avec laquelle les religions (mais il sera surtout question de christianisme) se posent, aujourd'hui encore, la question de l'homosexualité, que la hargne avec laquelle les anti-cléricaux gays retournent aux églises les arguments mêmes dont on a usé contre eux. D'une certaine façon, les croyants sont aussi des gens qui ont besoin qu'on les écoute et qu'on les accueille - s'il y a une leçon que je retiens des manifestations parfois hystériques de refus qui nous sont servies ici et là, c'est bien cela.
Croire dérive d'une expérience particulière. Être homo, également, fussent-elles l'une et l'autre d'accabits différents. De la même façon que les églises ne gagnent rien à rejeter sans finesse, on ne gagne pas grand chose à ne pas écouter les arguments de ceux qui y oeuvrent, et surtout, à ne les pas discuter, lorsque la discussion est possible - et elle l'est plus souvent qu'on ne l'imagine, lorsqu'on peut la provoquer d'homme à homme, en dehors des tribunes souvent sclérosantes que peuvent fournir les institutions.
Deux ouvrages récents sur le sujet permettent je trouve de bien saisir la complexité du problème que pose aux églises la question et la gestion contemporaines de l'homosexualité :
Hélène Buisson-Fenet, Un sexe problématique ; l'Eglise et l'homosexualité masculine en France (1971-2000), PUV : Saint-Denis, 2004.
Claire Lesegretain, Les chrétiens & l'homosexualité ; L'enquête, Presse de la renaissance : Paris, 2004.
Où il aparaît que rien n'est aussi simple qu'une condamnation directe, que les chrétiens homos continuent à espérer en l'Eglise, sinon en l'institution, et à reconnaître quelque chose de central à leur existence dans l'appel du Christ. Où l'on peut se rendre compte que chacun, alors, a à faire avec les injonctions normatives du magistère et sa propre insertion singulière dans le réseau d'acte et de discours (le champ, si l'on veut) qui se tisse avec les expériences individuelles et choix de vie. Et que les hommes d'Eglises eux-mêmes, à vouloir être cohérents tant dans l'organisation théologico-métaphysique du système que dans les conséquences pratiques qui en découlent, se trouvent pris entre allégeances à certains concepts et nécessité d'un accueil qui ne soit pas réducteur de la personne - qui ne saurait se ramener à un concept, mais, non plus, dont on ne saurait ignorer l'importance d'un concept dans son existence.
Certes, être croyant et homo, ce n'est pas simple. Le cheminement individuel est délicat, il peut impliquer des renoncements (à l'Eglise, mais aussi à certain mode de vie). Ce qu'il faut relever, plus que ces étranges paroles qui, sous prétexte d'accueil, blessent plus encore, dans l'ignorance où elles entendent rester (dans les faits sinon dans les dires) de qui se présente, ce sont les attitudes d'ouverture que l'on rencontre ici et là ; celles qui, par exemple, ne font pas de la chasteté une obligation ou un devoir moral, mais une possibilité laissée, parmi d'autres, à une personne en devenir, sur laquelle il ne s'agit, en aucun cas, de plaquer un idéal moral - qui ne satisfait que le narcissisme de qui l'impose - mais bien d'accueillir, en ayant en tête les valeurs du christianisme - où, faut-il le rappeler, les questions sexuelles ne sauraient faire partie des choses dernières. A chacun alors de faire chemin, selon la valeur qu'il découvre à son propre appel.
Mais, je veux y insister, il est plus que jamais nécessaire à chacun de savoir discriminer entre la parole d'accueil et celle d'assignation. Ce qui ne se fait pas dans l'amour, ce qui fétichise un mot et refuse l'écoute du vécu intérieur en en assignant la manifestation externe à une unique place, plus profitable à l'économie afective du guide qu'à celle du demandeur, bref, ce qui risque fort de verser dans l'idôlatrie ; tout cela doit faire signe vers un refus, catégorique, de la parole qui se présente comme accueillante. Là, aucune aide n'est à attendre : on ne fait que flatter un pseudo-guide dans son propre narcissisme de "croyant" ; somme toute, le reforcer dans son péché d'orgueil.
Je reconnais que cette discrimination, il est bien peu de lieu où l'on peut l'obtenir - la famille, parfois, certaines rencontres, une lecture. Et qu'elle est bien difficile à acquérir lorsque l'on cherche réconfort, au milieu du chemin de notre vie. L'église est parfois ce grand fauve qui se repaît de nos âmes en nous réclamant conformité extérieure à ses normes sous prétexte de les sauver. Mais il est vrai, aussi, que parfois il s'y rencontre en elle un guide vers l'appaisement et la liberté. Cela, il faut apprendre à le reprérer : la parole libératrice. L'essentiel, ici, toujours, est de sentir, en son propre coeur, ce qui se joue d'appel. Car c'est la foi qui, parfois, déplace les montagne. Jamais la profession de foi.
(Texte originairement envoyé au forum de "lambda-education".) 15/01/2005GuimauveYa pas
Quand les philosophes parlent d'amour
C'est verbeux
Et mièvre
(mais ça fait du bien quand même, allez, de s'abuser de l'ivresse du concept... Pas trop longtemps, quand même.) 10/01/2005Doudou mwenDe toutes les guises sous lesquelles se donne le monde, la forme de qui l'on aime est la plus surprenante. Impossible de la voir comme une quelconque. Impossible. En elle se solidifie une partie de moi-même : don. Seul endroit, sans doute, où, si l'on y parvient, autrui est enfin plus qu'un objet - ce, en souvenir d'une conversation passionnée, pour marquer un point d'accord ;o)
Ti boug mwen, mon tout-grennen, ça se présente dès que je te sens dans les parages, ou que je te fais surgir comme ici, en souvenir ; quelque chose de tout-tendre, voui, comme un très lent investissement de la poitrine. Depuis cela qui t'appelle, le nid de mes bras et de mon coffre en bréchet, puisses-tu aller au bout de ta vie, libre. 07/01/2005Logorhée...Quatre articles en un soir ? Je vais sûrement plus rien écrire pendant un an ! Etau-têteCesser de me prendre la tête aussi. Et celle des autres par la même occasion.
Mais c'est plus fort que moi. Peux pas m'en empêcher. Je rechute !
C'est comme la télé. Ce truc inventé par Diab-la, un jour de Grande Inventivité - rien de mieux depuis la luxure. Il me suffit de voir ces ptites lumières qui bougent dans le cadre noir, et vlan, arrêt sur image. Inutile de me demander d'avoir une conversation suivie, j'ai décroché d'ici-là. Même mon JC-titjé-mwen se marre. C'est comme si on m'avait débranché ; et je peux regarder n'importe quoi, comme ça, pendant des heures. Si vous coupez le son, c'est plus dur, je plonge un peu moins vite, mais ça marche encore ! Donc j'ai pas de télé à la maison. Rien que des livres. Et Internet. C'est moins violent. Mais c'est addictif quand même. Simplement - pas tout à fait assez encore.Ne pas accepter ce qui est facile . Mais s'attacher par contre, avec ardeur, férocité peut-être, à ce qui est simple.
Et si, ici-là dans l'existence, ce qui est simple s'écrit en labyrinthes abscons, n'hésiter point à s'y enfoncer. On évitera cependant l'enfermement - cette facilité de tout ésotérisme que seul irrigue l'attrait du mystère.
Il n'est pas d'aphorisme pour retenir ce qui est simple. Pas même celui-là. Pas de discours qui le puisse circonscrire ou viser. Le poète lui-même est impuissant, et l'artiste. L'un et l'autre ne sont tels que du simple, qui pourtant ne leur donne rien et qu'ils ne touchent pas - peut-être le regrettent-ils, parfois, loin de tout sentimentalisme métaphysique.
Mais je vais finir par philosopher... Pire facilité que celle qui me porte maintenant à me taire. 06/01/2005NigredoQuand je serai grand, je ne ferai plus de philosophie. La philosophie, c'est pour les petits, qui ne savent pas encore très bien, alors ils empruntent.
... je pourrai regarder les gens dans les yeux pendant toute une conversation. Même que !
... je serai sans écart à la lumière. Et tout me sera comme un coucher de soleil.
Et quand je serai grand, je continuerai d'aimer mon copain - timal mwen, timoun mwen ki fè soley-blo soley-blogodo adan tjè mwen (ouh là là, j'ai du mal). Un peu mieux encore, oui.
... je continuerai à dire des bêtises et à avoir tout plein des livres toupatou - ils seront cachés dans les murs.
... je poursuivrai les mêmes idées folles. Mais j'irai beaucoup plus vite, paske j'aurai des plus grandes jambes, et plus déliées.
Pour l'instant, je suis encore un peu petit. Un peu moins qu'hier. Mais un peu petit encore quand même - plus petit que Kirikou, oui. Alors j'attends. En faisant bien attention. A ce qui se passe. En moi. Ici. Là.  |
| De quelques films
(notes de -3 : exécrable, à 4 : culte)
Valse avec Bachir- - Waltz with Bachir (3+ à 4) - … Le grand silence- - Die grosse Stille (3+) - Su-perbe. Mais n'y aller qu'à assumer des tendances contemplatives Le Labyrinthe de Pan (3) - Secouant
La science des rêves (2) - maladroit parfois, poétique souvent, très justement terrifiant par certains côtés, très bellement interprété
V pour Vendetta (2) - Je lui préfère la BD, néanmoins
L'iceberg (3) - Délicieux, burlesque, amer, tendre
Le malentendu colonial (2) - Lent à démarrer, puis essentiel.
Le goût du thé (3) - Halluciné, émouvant et requinquant
Le cauchemar de Darwin (2) - L'Afrique qui meurt, vision partiale, néanmoins
Mysterious skin (3) - Extrêmement troublant. Lire encore cela.
Autumn Me  |