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Honni soit qui troll y pense

Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mardi 5 août 2008 à 02:50)

19/04/2005

19/04/05 - 21:28

[Sans trop y réfléchir]

Il est devenu diablement difficile de faire choix. Aucun problème ne se présente plus de façon simple. Aucun problème n'est plus rattaché à une instance que nous ne pourrions détruire. S'il nous arrive de nous trouver des dieux, ils sont aussi éphémères que les modes qui les engendrent. Je gage, en fait, qu'aujourd'hui, un dieu digne de ce nom n'en aura pas - de nom. Dieu ne répondant à aucun appel, mais auquel nous nous touverons avoir à répondre. C'est une histoire qui reste à écrire.

D'ici là, dans un monde doté trop en queues et têtes, où trouver racine ? Nous voici, sédentaires, forcés au nomadisme - ce dont se réjouirait Deleuze, n'était que nous n'en avons ni l'envie ni, réellement, la capacité. Il est alors facile aux églises de manoeuvrer de tels, et puissants, leviers pour nous laisser accroire qu'elles détiennent les clefs de ce paradis de certitudes que nous cherchons, inquiets. Le nouveau Benoît - que je trouve au passage gonfflé - mais qui suis-je pour, etc. - de se dire Benedictus - fut anciennement grand contempteur de cette modernité qu'il ne comprend pas. Maintien des valeurs traditionnelles et digue contre ce monde athée qui bouge décidemment trop vite. Toujours cette déprimante confusion de l'église, qui ne parvient à voir que diableries et déchéance dans cette agitation mondaine à la recherche d'un peu de bonheur. Culte de soi ? Peut-être. A qui la faute ? Sans aucun doute : à cette chrétienté mâtinée d'hellénisme, qui a tant décrié le corps et ses manifestations ; cette même chrétienté qui met par ailleurs l'Occident sur la route de la modernité, volens nollens, pour ne parvenir plus à l'y suivre.

Ce qui est sûr : l'époque a besoin d'engagement. Non pas pour des causes, mais pour des hommes ; non pas pour permettre à quelques politiques, fussent-ils ou non théologiens, de se masturber de grands concepts sans efficace. Nous ne savons pas penser cette époque, trop rapide, bruyante, consommatrice des désirs, de jeunesse et de modes. La pensée post-moderne - flux, surfaces, fluctuations, transitoires, etc. - fugacement prophétique, est aujourd'hui : stérile. Pensée trop englobante encore, où il faudrait oeuvrer localement, avec la rigueur d'une grande métaphysique, et l'engagement dont elle s'accompagne, mais n'y croire jamais. Il ne s'agit pas de croire. Il ne s'agit que de foi.

Un des points où je rejoins l'église : nous manquons, diablement, de foi. La bêtise des hommes d'états et d'église ne tient pas dans leur manque d'intelligence - souvent grande, déliée, subtile. Mais dans leur très profond manque de foi. Ou le trop grand lot de croyances dont ils soutiennent leurs actions ; "foi en ceci", "foi en cela" : ce "en" est de trop. Non : foi simple, sans métaphysique, celle-là, pas même celle du charbonnier ; et face à laquelle tous les problèmes, tels les montagnes, s'arrasent et se trouvent déplacés, car elle transforme non le monde en tant que tel, mais celui qui rève de transformations. Celui-là, il faudrait l'oublier : il n'est jamais lui-même, toujours à la poursuite de chimères, auxquels il sait trouver de jolis noms, jeunesse ou Dieu-pourvoyeur-de-dons ou droits humains. Je ne crois pas, non, qu'il y ait réellement culte de soi. Je crois surtout que l'on se réfugie vers ce qui nous reste encore en propre, en peinant à voir ce qu'on pourrait en faire. Alors, on esthétise et l'on se gave d'immédiats. Ce n'est pas un culte, c'est une perte - nul veau d'or, ici, mais beaucoup de recherche d'une transcendance qui, à se trouver partout, n'a plus de sens nulle part. Si l'église voulait bien nous aider, ce serait à cela : non pas retrouver la grave morale sexuelle des stoïciens, mais comprendre, à nouveau, ce qu'est la transcendance - qui se donne en particulier dans la faiblesse infinie du visage d'autrui (Lévinas) ; pour ce qui me concerne, il est vrai, je crois la sainteté sise dans l'immanence : mais d'où nous venons, religions monothéistes, le détour par le transcendant est une aide souvent précieuse - et l'église serait grande à être humble, ici, percevant dans l'immanence qui lui échappe, une échappée définitive qu'aucune philosophie apophatique même ne saurait combler, qui pourtant parvient à dire, quoique tout négativement, l'ineffable du Dieu de transcendance - qu'elle réifie par là-même.

C'est cela, la foi : l'immanence en laquelle toute religion, même celle de notre athéisme républicain, s'effondre. Et qui rend toute religion possible, non comme sa condition nécessaire, mais, si l'on peut dire, pragmatique : dont elle assure le déploiement authentiquement libre. C'est alors seulement que le problème du choix trouve solution : non plus déterminé par des instances égoïques ou transcendantes, mais par une attention extrême à la situation, en laquelle je n'agis ni n'agis pas, dans la mesure où je n'a plus d'importance. Où l'on verra un projet à la fois "métaphysique", pragmatique et spirituel, qui, pour ce qui me concerne, est pour le moment le seul qui vaille réellement.

commentaires

19/04/05 - 21:37

Très intéressant post, j'en conviens.
Il y a cependant un point qui m'interpelle. L'époque a-t-elle besoin d'engagement pour des hommes ? Je penche plutôt par histoire et choix personnels pour la défense de grandes causes.
La raison en est toute simple : les hommes peuvent changer, les causes, elles, demeurent. Je crois que le désengagemement et les risques de repli sur soi sont grands, quand l'on fonce tête baissée derrière un quelqu'un.
Se battre pour quelque chose est plus difficile. Les résultats sont moins probants, mais l'action collective, à laquelle je crois ardemment, fédère et permet des avancées notables.
Le reste de ton post me fait beaucoup réfléchir, et dans le bon sens. Je t'en remercie.

19/04/05 - 21:50

Merci pour cet encourageant commentaire. Pour te répondre en deux mots :
Ainsi que je l'ai laissé entendre, les "grandes causes" sont encore de l'ordre des transcendances. Elles ne sont pas, à mon sens, une fin en soi. S'il doit y avoir une fin, ce serait plutôt du côté de l'homme : car c'est l'homme qui primera in fine sur la cause.

Il est possible à ce titre que je me soit mal fait comprendre : "s'engager pour des hommes" ne signifie pas "suivre des hommes" (ce qui serait exactement du même ordre fétichiste ou idolâtre, si l'on veut, que l'engagement dans une cause, mais oeuvrer pour eux, dans le détachement de soi et des appendices que l'on se donne lorsque l'on se fait participer à une cause, aussi grande et noble soit-elle - toute cause finira par mourir ou pourrir, et toute transcendance, si elle n'est pas dépassée, par nourrir l'égoïsme.

Expression de mon pessimiste optimisme sans doute :o)

20/04/05 - 07:45

Pas facile indeed et je dois faire bref. Il me semble que le recul de la foi ou de la transcendance est directement corrélé à l'emprise croissante du présent et de l'ici-et-maintenant, de la disponibilité accrue des biens de consommation pour un plus grand nombre de personnes - une sorte de Veau d'or, pour faire simple.

Dans le cas de certaines religions, leurs manifestations sont "trop concrètes", que ce soit dans leur symboles ou leur clergé ; leur propre immanence contredit la transcendance qu'elles sont supposées servir. Comme dans une mauvaise pub', elles ont attisé le désir des croyants en le focalisant sur le matériel (les objets, la musique, les pompes et les hommes charismatiques ou "charismatisés"), ce qui bien plus facile que le tourner vers le spirituel, l'abstrait. C'est là qu'elles perdent, face à l'hypermédiatisation. Son public volatile et hystérique hurle le nom d'un pape mourant et de son successeur comme il scande le nom de Johnny en concert, pleure toutes les larmes de son corps lors de son agonie et à la disparition de Diana, regarde avidement les ors du Vatican et ceux des yatchs de Monaco... sur le terrain omniprésent de la société-spectacle, cette Eglise sera toujours perdante, de plus en plus.

Un dieu doit être masqué pour rester divin.

20/04/05 - 08:01

Je rajouterai au premier paragraphe que je viens d'écrire que la religion est souvent le manteau des haves-not, et cela d'autant plus quand elle représente un pouvoir. C'est tout ce qu'ils peuvent posséder. Mais à ce prix, la sécularisation s'emparera d'eux quand, ou s'ils pourront accéder aux trésors du monde de marché.

En conclusion, et pour reprendre une phrase de kliban sur l'immanence qui échappe à cette église : il me semble qu'à l'inverse elle y est trop plongée, elle a ses idôles, justement, et la religion qu'elle représente (ce sont des représentations concrètes) est principalement fétichiste. La transcendance n'admet pas de représentations ni d'agents.

20/04/05 - 20:39

Nous sommes d'accord sur plein de chose, mais pas sur l'essentieel :o) qui est ce que j'entends pas immanence.

Pour ce que j'en vois pour le moment, il me semble, Miklos, que tu replies le concept sur ce que j'appelle par ailleurs les instances égoïques: ce qu'il y a immédiatement sous la main. Mais cela, la plupart du temps, ainsi que tu le remarques toi-même, est fort proche d'une autre divinité, pseudo transcendante mais en rien immanente : espoirs de bien-être, désirs de richesses, préoccupations politiques, etc.

Je ne confondrais pas l'immanent, le sous-la-main et le mondain - ce que tu apelles "concret". De la même façon que le spirituel n'est pas pour moi le transcendant ou l'abstrait. Si je rejoins ta conception de la transcendance comme altérité qui se cache et ne peut être découverte, il me semble qu'elle est encore trop intellectuelle, justement, trop peu concrète, pour être authentiquement spirituel - car, pour ce que j'en perçois, le spirituel, relève de la concrétude la plus radicale - et là, nous n'entendons pas concret dans le même sens, puisque j'y vois tout sauf le mondain et l'utilisation qu'en font les instances égoïques que nous sommes.

Mais nous sommes d'accord : l'église catholique est encore bien trop maindaine, bien trop fétichiste - sans conseste : idolâtre :o) - pour avoir un accès réel à la transcendance, sinon de façon très locale, dans certains monastères, sans doute. Transcendance sans agent, ni représentations : oui, mais encore trop solide à mon goût, trop pénétrée de mystère et d'apophatisme (de négations, si tu préfères). L'immanence est sans mystère, toute clarté, évidente, mais sans qu'aucune chose ne soit clairs ou évidents ou non mystérieuse. Ce n'est pas même un avers de la transcendance, si pourtant elle peut surgir des insuffisances de la transcendance - de cette altérité radicale qu'est Dieu. Dans l'immanence, il n'y a pas de second - alors qu'il en reste dans la transcendance, cf. Lévinas - il n'y a qu'un premier, mais sans souveraineté sur ce qui le suit : un Un qui ne commande pas à quelque série numérique que ce soit (Un-sans-second, disent les Indiens). Pas de religion ici. Juste la spiritualité brute lorsqu'elle donne accès à ce à quoi peut accéder l'homme - d'une certaine façon, c'est très banal, même si, effectivement, cela passe la représentation.

Bon, ce n'est sans doute pas très facilement compréhensible :o)

20/04/05 - 20:54

Ce qui limite beaucoup ma capacité à répondre, c'est le temps et le manque de compétence dans le vocabulaire et la terminologie philosophique. Du coup, pour autant que j'aie pu comprendre ta réponse (je n'en suis pas sûr) je crains que nous ne parlions pas des mêmes "choses" (là où je dis "réalité", "concret", "immanence" - je perçois à ta réaction que tu vois autre chose, par exemple). Je ne dirai donc qu'une seule chose pour tenter de marquer la différence: tu trouves la transcendance telle que je la présente "trop peu concrète" : c'est bien cela (pour autant que les mots voudraient dire la même chose), elle est l'antithèse du concret, pour moi (et je ne VEUX pas dire par là mondain ou récupérable, mais qui-ne-se-représente-pas, dont on ne peut parler, qu'on ne peut saisir ni appréhender pcar cela serait le réduire à notre condition humaine).

20/04/05 - 20:55

(fausse manip! je répète la dernière ligne)
appréhender par les sens, la raison ou l'art, car cela serait le réduire à notre condition humaine).

20/04/05 - 21:28

Disons qu'on peut encore en parler de façon négative, de cette transcendance :o) - ce qui ne peut pas se représenter, etc. - comme s'il on combattait l'envie de toujours la ramener dans le giron du mondain. Je crois que c'est ce combat qui me gène, engravé dans la négation qui accompagne toute transcendance.

Cela n'est pas même possible avec l'immanence : lorsque je la décris, je fais autre chose que décrire quelque chose ou quoi que ce soit. Il y a bien de la négation, mais euh, sous forme positive. Ca pose en fait tout plein de problèmes.

Mais nous sommes d'accord, semble-t-il, sur certains points : la transcendance n'est pas concrète - même si nous entendons concret en des sens différents : concret, ce n'est pas synonyme de représentable.

Et il est vrai que dans l'immanence, il n'y a rien que la condition humaine - Dieu vient "après", fût-ce sous la forme la plus radicale de la transcendance sans représentation. Mais la condition humaine n'est rien de mondain ou de psychologique. Peut-être, on pourrait dire que l'immanence, c'est la transcendance de Dieu faite homme - mais cela sonnerait un peu trop comme ce que je voudrais que l'on entende d'authentique dans le christianisme et sa bonne nouvelle. Bien sûr, je n'entend pas ici parler d'accomplissement du judaïsme - il n'y va, dans l'appel des images issues du religieux, que de métaphores. Christianisme et judaïsme, sous ce type de regard sont, ce me semble, au même niveau. L'enfer (égoïque) et le paradis (immanent) leur sont offerts. Attristantes dans le premier cas, elles sont sublimes dans le second.

(si, tu te débrouilles fort bien. Mais je ne suis pas sûr qu'il vaille de continuer ici, sauf si certains se déclarent intéressés).

21/04/05 - 00:05

Aussi loin que je puisse te comprendre, ce que tu décris est, pour moi l'essence ou plutôt une représentation "idéale" de la recherche scientifique, action précise, limitée, dans un programme rigoureux, qui révèle le voilé (réifiant) sans dévoiler ("circonscrivant" ce qui ne peut être réifié, mais qui ne le limite pourtant pas). Activité évidemment pas transcendentale, mais constant déploiement du possible et de l'impossible.

Et le fait même de le dire dans une situation si différente de la tienne, dans une perspective si différente de la tienne, me laisse craindre que cette dissolution des instances égoïques ou transcendantes que l'on appelle de nos voeux n'existe peut être aussi que dans la justification "socialisée" de nos propres investissements égoïques.

Ceci dit ton vocabulaire me laisse aussi perplexe... et je ne suis pas sûr de ne pas dire des choses très bêtes...

21/04/05 - 13:00

Il y a effectivement quelque chose de l'attitude scientifique dans ce que je décris. A ceci près sans doute qu'il faut supprimer l'idéal de connaissance et de maîtrise absolues qui s'attachent parfois à la science. Par contre, il n'y a pas de de disjonction voilé/dévoilé, au sens où il n'y a pas de voilé en soi. Je trouve assze juste cette idée d'un déploiement du possible et de l'impossible, par contre, si nous parlons bien de la même chose. De la même façon que, pour ce qui concerne l'attitude scientifique au sens usuel du terme, j'abonde dans l'idée d'une réification non limitante du phénomène.

Je suis très sensible à ton second paragraphe. C'est effectivement un risque majeure : dès lors que l'on parle d'immanence - ou, plus simplement, de spiritualité - on n'est que très rarement à l'abri d'une projection fantasmée de ce qui est à venir. Ma position ici est essentiellement pragmatique : évoquer ces sujets revient, pour ce qui me concerne, moins à décrire ce qui,, d'une vie libre, est en gésine, mais à mobiliser ce qui permet de dépasser le servage (vocabulaire vaguement spinoziste, pour eux à que ça parle) de la vie égoïque usuelle. Mais je suis entièrement d'accord avec ta mise en garde. A ceci près que je pense que cette dissolution désigne effectivement réellement quelque chose, de façon tout à fait inadéquate, cela dit.

Mais ce n'est peut-être pas le lieu pour en discuter. Je ne sais pas. C'est assez technique :o)

23/04/05 - 02:59

Je renvoie à votre portrait. "J'aime : ce qu'il y a de Dieu en Dieu..."
et refais une lecture de l'article à cette lumière.

23/04/05 - 12:37

(vous avez raison, bien sûr.)

26/04/05 - 21:12

Quelle énergie!
Le printemps frappe fort enfin ou peut-être nous trouvons-nous en été déjà??
C'est bien écrit, Marc.
<Sans trop réflêchir> j'ai peur de quoi cela pourra donner après réflexion!
<aussi éphémères que les modes qui les engendrent> Le Christianisme ne serait donc qu'un effet de mode? Ou plutôt une secte qui avait réussi?
<Dieu ne répondant à aucun appel> Si, mais savon-nous l'appeler correctemment? Savons-nous écouter sa réponse? (Grand débat à lancer entre la capacité à écouter ou simplement entendre...la musique par exemple). Et si l'on savait sa réponse, saurions-nous être d'accord? Exécuter? Obéir? Quid de l'humilité de nos jours?
<Foi> fides. Fidélité. Je m'en déséspère!
<l'Immanance> pour Saint Luc ceci était l'apocalypse!
<Engagement> Difficile dans un monde d'égoïstes. Mais nécessaire. J'en fais actuellement défaut. La plus grande preuve de l'amour est souvent exprimée par l'argent, tout comme l'engagement (lors des téléthons et autres Sidactions. 'Faire quelque chose ' reste...trop engageant pour la plupart d'entre nous.
Le POUVOIR, on laisse aux politiques et friqués de ce monde. On est content de ne pas avoir de la résponsabilité! En anglais POUVOIR a deux sens: enable (positif) et Power (pas si positif que ça!).
Giscard a écrit, puis modifié, sa constitution éuropéenne (en excluant l'église Romaine). Quel pouvoir. Chirac s'y aligne...quelle surprise, quel pouvoir. Le peuple va voter par referendum, puis changer d'avis dans un deuxième d'ici quelmques mois. Quel pouvoir. Quel opportunisme...les deux se confondent...à tous les niveaux.
<Transcendance> Passer au-delà. Je n'y comprends rien, sinon une forme d'échapisme de la réalité.
<l'Eglise> aurait moins de problèmes si elle se rappelait qu'elle est le peuple de Dieu plutôt que la hiérarchie des prêtres et autres Evêques de Rome, plutôt que des batiments, aussi belles que soient les Eglises romanes de l'Alsace ou l'Auvergne...Et la majorité du peuple de Dieu ne supporterait pas longtemps le décalages de la hiérarchie avec la réalité. En effet, les laïcs (tiens...quel mot!) commencent à tenir les rênes dans l'église, comme au début de la chrétianité!
-Miklos. En quelque sorte, l'homme a créé Dieu (donc toutes les réligions) pour répondre aux choses qu'il ne comprend pas dans la vie. Je ne croit donc pas que la condition humaine est 'réduite'!
Par contre, si Dieu a créé l'homme à (dans) son image, c'est donner l'espoir à l'homme qu'un jour il devienne (assume) l'état Déique.
Cher -- La science est bien bonne de nous définir un Dieu à masse infinie qui bouge à la vitesse de la lumière avec la volonté de faire du bien (pour être partout à la foi(s) et de detenir l'ultime pouvoir).

Dieu permet et encourage des "différences". Dans l'Epitre de Saint Paul aux Philippiens par exemple.

Bie,n à vous tous qui ont contribué si positivement à ce poste intéressant

26/04/05 - 21:52

"Un dieu doit être masqué pour rester divin."
(Miklos)

26/04/05 - 22:13

transcendance et immanence sont des termes très délicats à manier tellement ils sont proches du conceptuel...
cette réflexion vient-elle de ce qu'un nouveau pape vient d'être élu ?
si "dieu" se doit de rester masqué pour conserver sa divinité (c'est sûr, on le regarde, du moins certains essaient en y croyant), il s'y prend super-bien : parmi tant d'horreurs, il est bien caché !
l'église se meurt lentement. C'est difficile à croire ça... mais c'est comme ça. Ca rentre aussi dans ce modèle dualiste du monde : flux reflux, commencement fin, immanence transcendance.
Et la Vierge Marie, est-elle une rémanence de la déesse-mère, qui transcenderait alors les limites du temps et des espaces culturels ? Et n'est-elle pas à elle toute seule le symbole-même de l'Eglise ?

27/04/05 - 11:51

(J'ai perdu un long commentaire, que je ne parviens pas à reproduire. Je ferai donc bref, dans ces questions complexes. D'où je le vois, le fait religieux s'étoile dans les trois directions du symbolique (fondation des normes du vivre-ensemble et des valeurs orientant l'action individuelle éthique et morale), du politique (régulations des flux de pouvoir sur les actes motivées par ces normes) et du spirituel (modèle dans lequel peut s'exprimer l'élan de décenration voire d'anéantissement du moi, si important qu'on peut être tenté de l'attribuer à une altérité divine).

J'ai un intérêt tout intellectuel pour le premier et un mépris teinté d'amusement pour le second, qui se commue facilement en colère lorsqu'il vient arraser les fragiles élaboration du troisième, e seul pour lequel j'ai, je pense, un appétit réel.

Je suis du coup assez d'accord avec toi, Jsc - je laisse en suspens la question de l'appel : tout peut se dire, et mon assertion et ta réponse : c'est une question d'angle d'attaque. Le peuple de Dieu peine à se faire entendre. Quant à la question de la Création - de Dieu par l'homme, de l'homme par Dieu - elle est assez indifférente à la question spirituelle, il me semble - perte de temps et d'énergie -, si elle ne l'est pas à la question anthropologique.

Transcendance et immanence, à l'égard de cette question-là, sont effectivement des concepts, outils d'intellectuels pour parvenir à dire ce qu'il est sans objet - sinon maïeutique - de dire une fois qu'on est installé dans ce qu'ils entendent désigner. Cote-Sponville dit là-dessus des choses importante - dans le "Traité du désespoir et de la béatitude" : si le langage philosophique ne relève _en rien_ d'une nécessité universelle sur le chemin de la vérité spirituelle, pour quelques uns, il y va pourtant d'une nécessité individuelle. Nous sommes ainsi un petit nombre à avoir besoin de déméler les écheveaux labyrinthiques de nos représentations - Comte-Sponlle parle lui aussi, dans une étonanne proxipité, de labyrinthe, et d'Icare. Point conceptuel, donc : l'immanence n'est pas l'avers de la transcendance. L'avers de la transcendance, c'est le monde des déterminations égoïques - et encore n'est-ce pas l'autre côté d'une même pièce : transcendance et mondanité ne sont pas accolées dos à dos. Plus encore que la transcendance, l'immanence n'est l'avers de rien. D'une certaine façon, c'est la positivité radicale de la transcendance. Là où la transcendance ne peut se dire que négativement, il y a un discours positif à partir de l'immanence. Discours qui est plus un faire qu'un dire. A ce détail près, immanence et transcendance (dans leurs versions radicales, bien sûr) sont extrêmement voisines. Mais c'est ce détail qui fait tout.

Je trouve intéressante l'image d'une église païenne, attachée à la Déesse-Mère : c'est en effet une des figures de l'idolâtrie chrétienne - il y en a d'autres, plus discrètes sans doute, et une autre, bien moins, qui est l'idolâtrie christique.

Bon, c'est en vrac. Plof !)

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