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Honni soit qui troll y pense

Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mardi 5 août 2008 à 02:50)

29/04/2005

29/04/05 - 12:11

Libido zéro

Printemps : saison énervée, pleine de désirs moites qui ne savent pas vraiment d'où ils viennent ni ce qu'ils visent.

C'est usant, de vivre à côté de ses pompes, à la poursuite des fétiches du savoir et des ivresses que l'on trouve dans ces détails qui font attirant le corps d'un homme - une nuque, la lourdeur souple d'une attache, la ligne d'un regard sous le sourcil arqué, l'anchassement complexe d'une cuisse entre la racine du dos et l'épaisseur du paquet.

Courses vaines : à bien les regarder, ces désirs-là s'évanouissent. Ce n'est pas l'ivresse du théorème ou du système que je recherche vraiment ; non plus que le partage d'une intimité ou la dévoration érotique d'un corps.

Mon enveloppe charnelle m'échappe en partie - ma matière est flottante, et poreuse. A fleur de nerf, j'ai du mal à ressentir la lourdeur de mes membres, et le sol sur lequel muscles et squelette prennent appui pour me permettre, debout, de tenir. J'ai toujours compris l'ivresse du Poisson, qui n'a que peu de sens de la pesanteur, pour qui l'océan est milieu de dilution. Le désir d'unification au tout est aussi désir d'en finir avec l'incomplétude, ainsi ressentie, du corps présent. Je me sens étrange, non en moi-même, mais en mon corps : en cela, je puis comprendre, en partie, les romantiques.

La connaissance m'échappe, et le coeur des hommes, et je reste, Minotaure, enfermé dans les labyrinthes du savoir où mon désir et ma faim me perdent. Et les corps mentent, ont du mal à faire l'amour - il est vrai, cela dit, que cela se fait à deux : je ne suis pas seul dans l'histoire.

Le savoir et le désir scopique des hommes, c'est cela : pallier la déficience d'une incarnation. Que je puisse aujourd'hui le concevoir clairement est un progrès certain - et quand d'aventure, je me souviens de qui je fus, je ne peux que me réjouir de n'avoir plus vingt ans. Il ne faut pas, pourtant, que ce constat me serve d'alibi pour me résigner à la dureté des printemps. Changer de peau ? Sans doute pas. Mais changer la façon d'y habiter. Tuer le vieil homme, ancien occupant des lieux, encroûté de peurs et d'habitudes.

commentaires

29/04/05 - 12:18

Voilà un bel et exaltant projet, il me semble.

29/04/05 - 12:21

(vraiment pas facile : dans les premier temps, c'est comme vouloir escalader un mur sans bras ni jambe...)

29/04/05 - 12:38

ou s'envoler, tout simplement, sans ailes, quitter la pesanteur et simplement flotter dans les airs... pour voir le monde et les hommes sous un autre angle... le rêve de tout philosophe...

29/04/05 - 12:42

Il faut parfois plus d'une minute pour devenir !

29/04/05 - 13:33

Vous êtes trop rare, mon cher. La dilution cosmique du Poisson, je ne connais que trop, croyez-moi, on y perd bcp d'énergie. Quant aux printemps, je les vis ds une sorte de torpeur que je ne vous souhaite point. Vivement les frimas, les brûlures, les épreuves!

29/04/05 - 17:54

(aaaah, marsel, tu me combles :o). Rêve d'Icare, oui, c'est bien le rêve du philosophe, ou son fantasme, c'est vrai. Précisément, pourtant, celui que je veux éviter. Il me faudrait de la bonne grosse terre : philosopher dans la matière - cela pourrait bien s'appeler alchimie :o), mais en ce cas une alchimie du corps plus que de l'âme : mon idéalisme sera subordonné à l'incarnation.

ronans : nous nous comprenons fort bien. J'aime assez les hivers, mais surtout les automnes et ses demi-teintes de pluies et d'éclaircies, dans des oderus d'humus. Je prends le printemps comme une énigme à résoudre, et ne désespère point.

griffin, vous avez raison, la patience aussi fait partie des choses à apprendre.)

29/04/05 - 22:19

Je conseillerais de lire "Puer Aeternus", de Marie-Louise von Franz, dont j'ai déjà parlé ailleurs. Entre le Minotaure et Icare, il n'y a pas de place. Il faudrait être ailleurs : sur terre. Ce qui n'empêche d'avoir les yeux plein d'étoiles, sans pour autant s'aveugler sur soi-même ou sur les autres. Une sorte de lucidité passionnée ?

29/04/05 - 23:43

(un mien commentaire supprimé pour réécriture).

"Entre le Minotaure et Icare, il n'y a pas de place" : c'est assez juste, je crois. Le labyrinthe, et Dédale, sont des illusions, qui plaisent aux philosophes, fétichistes des principes et des causes.

"Lucidité passionnée"... Je ne sais pas. C'est passionnée qui m'inquiète. Lucidité libre, peut-être ? Je ne suis aps très bon pour les slogans.

Mais j'abonde : les deux pieds sur terre et la tête dans les étoiles. Tout à fait, oui :o)

01/05/05 - 00:18

Je me demande qui vous fûtes à vingt ans. Nous conquérons notre liberté avec les années et je ne vois point de vieil homme dans tout cela.

01/05/05 - 22:59

(A 20 ans, je fus fort malheureux, à côté de mes pompes, affectivement confus et sentimentalement unreliable. Traces d'une adolescence qui sut s'attarder sept ou huit gluantes années, encore. Transie de peurs et d'intellectuelles glorioles et de difficultés à être. Pas que des sales souvenirs, mais une très désagréable impression d'ensemble. J'eus la chance de parents non sans finesse et de quelques rencontres tout-à-fait remarquables.)

(Dans cette conquête de liberté certains plus que d'autres peinent - de vieilles résistances s'activent à les retenir dans les hésitations anciennes. Les miennes datent peut-être du berceau, et certaines sont antérieures : appartiennent à mon père, à ma mère. Cet ensemble de choses plus ou moins insues, qui agissent tout de même, malgré qu'on en ait, c'est cela, "le vieil homme".

Si l'on n'y prend garde, on finit par transiger avec ce faisceau de vieux machins - petits accords avec les morts. Et l'on se résigne à quelque chose d'un compromis propret.

Jamais.)

24/05/05 - 23:33

Comme on lutte...ça me rappelle comme je "mengueulais" moi-même vers 17-18 ans, petit vieux roudoudou, incapable de comprendre les adosl, les adultes, etc. Sauf les enfants. L 'injustice me semblait partout. Il y a une pierre noire qui a la vertu de coller les humains à grande faculté d'évanescence dans les souliers de leur incarnation. mais j'ai oublié son nom, bien que j'en ai chez moi!!! C'est une pierre noire, très dense, et brillante, en cristaux.On y croit ou pas mais c'est un bel objet, déjà..

25/05/05 - 17:13

Obsidienne ?

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