Mahâbhârata (V) - 0. Le désir de Drupada
« Drupada, tu vois, il avait pu admirer les prouesses des Pândava. Et il les admirait, beaucoup.
- Il est pas rancunier, dis !
- Ah, si, mais il savait bien que les Pândava ne l’avaient défait que parce qu’ils devaient quelque chose à Drona. C’est Drona qu’il haïssait.
- Et qu’est-ce qu’il a fait, alors ?
- Il a beaucoup cherché. Et il pensait que ce serait bien d’avoir les Pândava dans son camp. Mais il savait pas comment faire. Et il voulait aussi un moyen sûr à 100% de détruire Drona. Alors il s’est dit que seuls les dieux pourraient lui donner l’objet de son désir.
- Et il a trouvé ?
- Ben oui, sinon il n’y aurait pas d’histoire !
- Ben y aurait au moins l’histoire des Pândava et tous les autres cousins, non ?
- Non, justement, c’est ça qui est bizarre avec le fil des histoires. Ça s’emmêle dans tous les sens, parfois, on n’y comprend plus rien, mais il suffit, comme ça, d’un fil pour faire tenir le tout. Tu enlèves le fil, ya pas d'histoire. Et le désir de revanche de Drupada, c’est l’un de ces fils.
- Juste parce qu’il voulait tuer Drona ?
- Oui, juste ça. Mais ça a eu d’autres conséquences.
- Oui ?
- Ben oui. L’outil qu’il a obtenu pour tuer Drona, il était doublé d’un autre outil, bien plus dangereux !
- Ah ? C’est quoi ?
- Une femme.
- Une femme ?
- Draupadî. Ca veut dire "la fille de Drupada", mais on l'appelle presque toujours comme ça. C’est son nom. Enfin l’un de ses noms. Ils ont tous plein de noms, mais je vais pas te noyer avec ça.
- Et elle a fait quoi ?
- Elle a été l’objet d’un pari entre les Pândava et les Kaurava. Et ça ne lui a pas plu. Du tout.
- Et elle a détruit tout le monde avec ses super-pouvoirs ?
- Toi tu lis trop de comics.
- C’est pas des comics, c’est des manga.
- Peu importe, non, elle a pas de super-pouvoirs, c’est une femme, c’est tout, mais elle était mariée aux Pândava, au moment du pari, c’est ça qui change tout. Il faut faire attention quand on entre dans la sphère d’influence des Pândava. Les Kaurava ne l’ont jamais compris, tu vois.
- Attends, attends, attends… Tu dis qu’elle est mariée aux Pândava… Aux cinq ? C’est pas possible ça, je croyais qu’en Inde...
- Oh la laaa ! Du calme ! On va en parler. Tout de suite allez. »