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Honni soit qui troll y pense

Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mercredi 17 septembre 2008 à 22:58)

05/10/2005

05/10/05 - 22:24

Le ciel étoilé au dessus de moi

Depuis tout petit, je suis fasciné par le ciel étoilé. Astrophysicien : c'était l'un de mes premiers métiers-quand-je-serai-grand - l'autre, c'était entomologue, je devais aimer les mots compliquées et les choses lointaines. Je ne suis devenu ni l'un, ni l'autre. Je crois que j'aimais surtout ces belles histoires que crée la distance ; et aussi que ce fussent des histoires vraies. J'aimais savoir pourquoi on disait que c'était vrai. Mais je crois, au fond, que le scientifique n'avait alors pour moi que l'attrait du chamane : un diseur de vérité, un prédicteur de pluie, un dénoueur des fils entremêlés et si divers du monde. Je me sentais proche de cet esprit oraculaire : parler avec à la main les foudres de la vérité !

Mais j'exagère. Ce qui me fascinait, au-dela de mes névroses précoces, c'est que les mots puissent ainsi tracer l'histoire de ces choses avec lesquelles, confusément pour certaines, très clairement pour d'autres, mon corps était en contact. Que les régularités de la nature puissent être capturées par l'esprit humain m'a fasciné et est encore objet d'émerveillement. Qu'il y eût des choses si éloignés de l'homme, mais que ces choses aient une histoire cohérente au point qu'on pouvait la raconter... Cela, oui, c'était magique. Je me suis évadé dans ces histoires. Coincé en bordure de monde, je m'y suis réinvesti par l'intermédiaire des récits de vérité qu'on en faisait. Accepter le génôme, la mécanique quantique, la relativité générale, à des niveaux de vulgarisation bien sûr, ne m'a jamais posé problème : le monde peut bien avoir des histoires aussi étranges, et plus même, que celles qu'on croise aux détour d'un recueil de contes !

Ce n'est donc pas un hasard si j'ai toujours préféré les maths, la physique théorique et les excès de la métaphysique et de sa critique ou de son dépassement. Non que je me sois jamais vraiment spécialisé nulle part. Mon goût immodéré pour les récits fait de moi aujourd'hui encore un dilettante, un touche-à-tout, si l'on veut, mais non sans délectation. C'est une façon d'être dans le savoir qui ne porte guère à l'invention - et je me crois piètre créateur - mais qui permet de repérer dans les corpus cohérences et incohérences, possibilités oubliées, lignes d'attaques possibles. On comprendra dès lors que telle ou telle vérité m'importe moins que ce pourquoi elle peut prétendre à être vérité. D'où mon précédent post, qui dresse du philosophe le portrait idéal que je m'en fais, à la mesure, grande ou petite, de mon engagement dans le champ de la pensée.

Aujourd'hui, les récits ont fini par me rejoindre, il aura fallu quelques années pour que je me rende compte à quel point l'auditeur que je suis fait partie de l'histoire ! D'une certaine façon, c'est l'espace étoilé qui me rattrape, et l'ivresse vertigineuse qu'il savait provoquer, aux soirs d'été, parmi les grillons de Provence, loin des lumières des hommes, en contact avec le trop grand du ciel dans lequel je me laissais choir. Cette histoire là, du monde-qui-contient-corps-esprit-affects-de-Marc, je m'essaie à ne plus ni l'écrire ni même la vivre - car les histoires n'existent qu'au passé - mais à m'y situer toujours à la source vive. C'est une tâche comme une autre. Elle n'est pas facile. Mais, assurément, libératrice.

commentaires

12/11/05 - 07:56

Je me souviens étant gosse, avoir passé des nuits et des jours à dessiner au fond du jardin les cratères de la lune, les taches du soleil avec ma petite lunette astronomique, je me souviens de l’éclipse totale de 77 en Amérique du sud et 99 en France, de l’éclipse partielle sous l’arche de la défense, le ciel était nuageux mais au dernier moment deux strates de nuages se sont séparées et ont laissé apparaître le croissant de soleil orangé sous l’arche. Je me souviens aussi de cette incroyable étoile filante qui m’était passée devant le nez alors que je longeais le littoral méditerranéen en voiture, elle avait une tête rouge et une traînée blanche, elle a bien dû subsister trois ou quatre secondes ; en fait, je me souviens d’un tas de phénomènes naturels, j’essaye de me tenir au courant des dernières découvertes des sciences fondamentales, c’est fabuleux la nature, c'est une mesure hors et en soi, une échelle vertigineuse et rassurante sur laquelle asseoir un moment parfois, les frayeurs et les fatigues de son échelon mitoyen, c’est une conscience intime de sa propre mesure parmi l’intelligence qui nous la fait penser, c'est si beau... un ressourcement comme tu le dis, une mélodie en somme.
Je me permets de faire un petit hors sujet juste pour ajouter que j’ai beaucoup aimé lire les histoires de Mahâbhârata et que ce que tu dis ici et là possède une belle cohérence, une humanité à mes yeux, donc, merci. (et là je rougis de mon commentaire qui a longtemps hésité à se poser quelque part :o)

17/11/05 - 21:04

(merci :o) )

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