28/08/2006Queyras La légèreté est dans les lointains où s’enfonce chaque pas
humus chargé d’aiguilles, terre avide d’orage,
la chair et les os des morts –
mes tendons disent la grande connexion
et l’intime
Raclement des monts - fidèles au secret de l’envolée
sans que bronche le ciel
les herbes vagues au vent
de chaque pas, le poids
- questions-réponses -
la vibration disloque le tout du monde
27/08/2006Fin de mondeEt si toute cette agitation, d’un coup, se voyait engloutie dans l’opalescence triste de la catastrophe – de Sirius, pas même un râle dans le Grand Gospel Cosmique.
Et si, tout-soudain, cela disparaissait, cette furie de voisinages mi-accordés, dans la boue giguentropique du cataclysme, molécules dissociées, conscience ahurie d’exothermie fulgurante, tout cela que qualifie notre regard au carnage : la moue triste de la fille aux jolies lèvres, à la terrasse du café, les garçons revêches concentrés sur leur service, les rires de la table dans mon dos, les propos salaces de celle d’à-côté, mon désir aussi rapidement venu qu’étiqueté comme infantile pour ces promesses d’embrassades portées en débardeurs, ce qui rumine dans le flou des vitres, derrière les façades, là-bas
- je n’envisage pas ici le poids d’horreur et d’hébétude des survivants, juste l’inanité de toute résistance, fût-elle anticipée, à la dislocation des équilibres homéostatiques dont nous est redevable le monde en son assise -
Et si nous réalisions, tout aussi brutalement, que l’instant dissolutoire en vaut bien un autre, que ce tremblement dont nous faisons existence, engoncés chacun-chacune dans les frontières apaisantes de celle-ci ou celui-là, n’a pas plus de sens que sa mise au repos dans la dissociation furieuse de ses composants les plus élémentaires – ce que nous lisons d’une improbable mémoire comme : retour au tohu-bohu, à l’abîme, à l’indéfini… -
Et si, par cela, nous cessions un temps de courir à la mort comme un crabe retourne à la mer – si nous cessions, pauvres Héraclite, d’adorer la fluence emprisonnée dans l’espace des contraires et l’espoir des sagesses – si nous tenions en nos paumes enfin desserrées, épanouie, l’essence de toute question hors la hantise des réponses – si nous nous laissions dissoudre dans l’indifférence aux limites que la survie impose
libres alors de la voix des morts et des anticipations du pire
26/08/2006Khi - Inde lumière nulle part le train de mon corps ne m'emmène
à l'instant : ni rempart ni raccord, nul amen
mon corps asu couchette, roue asu rails,
reliefs adan rêves-mouvants, désirs semailles
(Et Lui
silence et vent, vitesse, muraille
- Lui
ventre des hommes)
Erehwon, erehwon !
mon corps rêve accordailles
(Ici et maintenant sont voisinages qu'aucun calcul jamais n’accore à la satiété des asymptotes)
24/08/2006Morgen détrempées
les assises du matin sont instables
Dans l’en-deça du bol
Blème, les façades transpirent d’identités
Blondes
Bondes protégant le pensable
Des paternités sourdes entassés
Derrière les portes
ci-acortes
Des géraniums,
Deux-trois étamines mortes
Font petit bonhomme
De tourniquet
Jusqu’au sol
Cadenassé
Rubans et câbles
Suscités à la ville poncée
Par les cohortes
Sans étable
des émotions et pensées
23/08/2006Alpestres - Hommage Du vent
A la réponse de l'arbre
de l'herbe
de la graine-
graminée
Immédiate : la question
(Se perdre à ce babil tout de geste - parfois, aussi, désaccordé sifflement de solitude, un éclat bref comme de tambours de vallée. Glissades, inclinaisons, balancements. Puis, lentement, pour autant que le souffle, un temps, s'accorde au bruit-monde, le coeur du silence.)
L'eau, marteau qu'attire toute terre
creuse
Sel, le vent
dit le bougé
vivant
des herbes
- vérité mate
Muette, l'eau
(mais la mer parle)
SilenceCe doit être une tendance de la spèçoumaine (oumanspecies) dans sa déclination accidentale (ouestrish) que discuter asu forums et autres caphéfilos relève plus du marquage de territoire - çui qu'aura la pu grosse ([dali_mode on] cage conceptuello-thoracophallique [dali_mode off]) - que du désir de dénicher quelque chose de plus cohérent, de plus exaltant, de plus étonnant, de plus juste, de plus vrai peut-être, dans les récits que nous nous contons sur nous-mêmes.
Gorilla vs. Velocipredator - KK vs. TRex - etc. - petites répétitions des insultes ad hominem des ceusses qui gueulent plus fort - où mordent plus profond - que le voisin. Pas à dire : attristant, oui - au point qu'il est vain de vouloir intervenir dans le débat, ce prétexte qui n'a là d'autre légitimité que l'étonnante propension que nous avons à nous épandre dans la noosphère pour y laisser baver cette chose fort étonnemment dérisoire qu'est notre chti moy.
Silence du moine - parole de dieu.
Le papier bleu ciel
Ne retient rien
De ce que dit le vent
Mais délivre
Tout
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| De quelques films
(notes de -3 : exécrable, à 4 : culte)
Valse avec Bachir- - Waltz with Bachir (3+ à 4) - … Le grand silence- - Die grosse Stille (3+) - Su-perbe. Mais n'y aller qu'à assumer des tendances contemplatives Le Labyrinthe de Pan (3) - Secouant
La science des rêves (2) - maladroit parfois, poétique souvent, très justement terrifiant par certains côtés, très bellement interprété
V pour Vendetta (2) - Je lui préfère la BD, néanmoins
L'iceberg (3) - Délicieux, burlesque, amer, tendre
Le malentendu colonial (2) - Lent à démarrer, puis essentiel.
Le goût du thé (3) - Halluciné, émouvant et requinquant
Le cauchemar de Darwin (2) - L'Afrique qui meurt, vision partiale, néanmoins
Mysterious skin (3) - Extrêmement troublant. Lire encore cela.
Autumn Me  |