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eXTReMe Tracker Zyé-la anfon tomb-lan, té la ka gadé zot.
Honni soit qui troll y pense

Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas souvent aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour lundi 30 juin 2008 à 00:24)

31/12/2006

31/12/06 - 17:39

L'pipeau magique (extrait)

Lorsque n'étions qu'un enfançon, trouvions fort joli certain air d'opéra tout plein de vocalises joyeuses, oui joyeuses, qui nous évoquaient la cueillette joliette des fleurettes au printemps.

Puis nous apprîmes, mûrissant, que la dame qui si haut caracolait était en fait très très colère après sa fille à elle qui ne voulait pas aller tuer son protecteur et ravisseur - un ami de feu son papa - avec tel poignard - la vilaine ! Ca disait - puisque nous commencions à entendre les langues étrangères, quoique trop timide pour les bien goûter :

Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen,
Tod und Verzweiflung flammet um mich her!
Fühlt nicht durch dich Sarastro Todesschmerzen,
so bist du meine Tochter nimmermehr:
Verstoßen sei auf ewig, verlassen sei auf ewig,
zertrümmert sei’n auf ewig alle Bande der Natur,
wenn nicht durch dich Sarastro wird erblassen! –
Hört, hört, hört! Rachegötter – hört! – der Mutter Schwur!


ou encore pour les ceusse que le teuton un peu vieux effraient :

Une colère terrible consume mon coeur ;
le désespoir et la mort m’enflamment !
Si Sarastro ne meurt pas de ta main,
tu n’es plus ma fille, non plus jamais.
Que soient à jamais bannis, à jamais perdus,
à jamais détruits tous les liens de la nature
si Sarastro n’expire pas par ton bras ! –
Entendez, entendez, entendez ! Dieux de
vengeance – entendez ! – le serment d’une mère !


On est assez loin des petites fleurs... C'est même l'un des grands airs de colère de l'opéra. Nous ne comprîmes pas, mais vraiment pas, comment Mozart avait pu écrire pareille musique sur semblables paroles, jusqu'au jour où, hasard de FNAC, nous patatrâmes sur ça :



L'enregistrement est un peu ancien et supporte mal le passage sur le ouaibe (il s'agit d'Edda Moser, je crois). En voila un meilleur, mais qui, à fort bien se tenir (timbre moins acide et exécution impeccable - Nathalie Desay ?), n'atteint pas les hauteurs d'hystérie qui ont longtemps fait du précédent notre préféré :



Le temps passant, nos goûts s'affinèrent, et, par un hasard de rencontre l'on nous a fait découvrir, enregistrement rare, cette version, qui allait devenir the version de référence (rien de bien neuf pour le mélomane averti sans doute) :



Aaaaaah ! Florence Foster Jenkins, notre maîtresse à tous...

31/12/06 - 03:40

Nuit



Heures creuses - nuits - ivresse, lasse, de nouveau

à 15 ans, lectures malgré l'interdit - mais je dormais mal, déjà
à 19 ans, classe prépa, articles de science, problèmes de maths et textes indignés qu'on écrit lorsque l'enfance nous abandonne, croit-on
à 21, à refaire le monde jusqu'à l'aube dans l'attention d'un ami qui, que
à 22 ans, soirées folles au Piano Zinc
à 25 ans, errances pour un trick

puis plus rien, ou peu s'en faut, aux années de travail, sérieuses comme cravates de directeurs.


Poing de sommeil au plein du ventre. Lourdeur des cervicales. L'infini qu'on dirait en partage. Tout le savoir du monde à portée d'encyclopédie. Mots et affects désarrimés. Hommes à fleur de fantasme. (mais il est un faune qui écrit cela bien mieux que moi).

La pensée flanche - grande bête qui bâille, je, dans la confusion du langage et des sentiments, grand flot qui se perd en signes dont la netteté des délimitations porte atteinte au flou de leur apparition. Drôle de bestiau, je, même vu d'ici, depuis ce corps voûté sur le clavier que retiennent, croisées l'une sur l'autre, mes cuisses. Je constellé. Toute étoile est un otaku qui se meurt. Hors-azur, le ciel chante la fin des sol-/certitudes.

28/12/2006

28/12/06 - 23:43

Je m'fais pas du bien (Heautontimoroumenos)

Si j'intellectualise, c'est que je ne vais pas franchement bien, à l'évidence. Ce qui n'veut pas dire franchement mal. Porté en dehors de moi-même - nan, pas extatique ! C'est fatigant, pour moi et pour autrui. Et ça ne mène nulle part.

Suivi les sirènes, une fois de plus. Nul homme ne devrait. Ca se finit rarement bien. Et maintenant, trou au ventre, qui gronde, et l'assise du monde s'y engouffre comme en la gueule des Enfers aux temps de la Révélation. Avalé le livre de miel (Ap. X-10) ; amer contre le diaphragme - membrane de muscles et de tendons par laquelle, à n'y prendre garde, nos corps sont coupés en deux ; brûlure aux reins.

Je ferai le vide. J'apporterai de l'espace. Beaucoup d'espace. Suis bien trop peu présent, dans le tissus resserré de mes affects et la scrutation attentive que je consacre à leurs micro-mouvements. Tout cela est trop étriqué, petit, mesquin, à votre guise. Non que je cherche la grandeur. Non. Ce que je cherche, c'est la dissipation des noeuds du coeur, le sans pourquoi du "sans pourquoi" de la rose... le simple.

Mais c'est sûr, pour le moment, c'est plutôt prise de tête et pas très détendu. Je remercie bien ceux qui ont la patience :o)

24/12/2006

24/12/06 - 15:59

Vouzôtres

Vous qui passez - qui lisez peut-être -, vous autres que, secret, je rencontre, chez qui, touché, je me laisse aller à commentaire,

Vous dont j'ignore tant, dont les trajets m'échappent, m'effraient, me séduisent, me navrent aussi, me laissent admiratif, me comblent parfois, me donnent l'énergie d'un encore,

Vous dont la parole cherche ou enregistre, s'effare, s'affole, s'éraffle ou s'enthousiasme, et dont les silences disent tant et plus sur la façon dont les choses vous font un monde,

Vous qui courrez ou reposez, qui croyez, avez perdu confiance et foi, priez parfois, maudissez aussi, réclamez son dû à une existence qui n'en peut mais, ou, philosophes, tracez route de silence et de réjouissance déclinée en un présent sans début ni fin,

Vous dont la vie porte dédicace au livre de pleurs et de souffrances,

Vous dont éternité est nom,

Vous, mortels,

Vous, sereins,

Je vous salue, je vous salue, je vous salue

Vous,

Du fond du coeur.

22/12/2006

22/12/06 - 01:08

<>

C'est émouvant comme vous êtes tous différents...

(je vais sans doute pas le laisser longtemps celui-là, mais j'ai eu brusquement envie de le dire, alors...)

20/12/2006

20/12/06 - 23:51

Derechef : De Dieu

(0. Note liminaire :
0.1 J'en ai déjà parlé là : De Dieu.
0.2. Le présent a été écrit comme une réponse spontanée mais lointaine à larrache-coeur.
0.3. Pour le présent, faut s'accrocher, je reconnais.
0.4. C'est écrit rapidement et sans doute ni de façon très claire, ni de façon très rigoureuse - j'ai essayé tout de même.)


1. Dieu n’existe pas.

1.1. L’existence prend corps dans les objets.
1.1.1. Un objet est ce qui est susceptible de venir, d’une façon ou d’une autre, à la perception.
1.1.2. La perception est ordonnée à la sensation et à la conscience par moi de la sensation.
1.1.3. Toute sensation est corrélative d’un rapport au corps.
1.1.4. Le seul corps que je connaisse est mon corps.
1.1.5. Cette mienneté est un fait originaire dans lequel s’enracine la relation que j’entretiens aux objets.
1.1.6. Tout objet entretien un rapport au moins potentiel à mon corps.

1.2. L’ensemble des objets est le monde.
1.2.1. Tout ensemble est un abstrait, qui subsiste comme concept.
1.2.2 Un concept n’existe pas, mais il subsume (se subordonne) divers existants ou d’autres concepts (en ce sens, un concept peut être vide). On dit que le concept subsiste.
1.2.3. Toute subsistance manifeste un ordre, toute existence manifeste des régularités.
1.2.4. Le monde est l’ordre des ordres, et l’ordre de toutes les régularités.
1.2.5. Le monde n’existe pas – mais il subsiste – seuls cette main, ce clavier, cet écran… existent.
1.2.6. Le monde n’a pas besoin de Créateur – mais il n’est pas contradictoire avec un Créateur non plus, à mesure de ce que le savoir de l’homme (la science moderne) enlève d’intelligibilité au processus créateur lui-même.

1.3. Dieu n’est pas au monde.
1.3.1. Dieu n’est pas un objet.
1.3.2. Dieu n’est pas une partie de mon corps – donc Dieu n’est pas un affect.
1.3.3. Dieu n’est pas la mienneté – sauf si je deviens Dieu.


2. Dieu ne subsiste pas.

2.1. Le Dieu des philosophes est un concept – ce n’est pas ce qu’on appelle « Dieu ».
2.2. Le Dieu des intégristes est un affect – ce n’est pas ce qu’on appelle « Dieu ».
2.3. Le Dieu des religions, le plus souvent, est un vague mélange affaiblit des deux : un concept social ou politique – ce n’est pas ce qu’on appelle « Dieu ».

2.3. Dieu n’est pas une transcendance conceptuelle.
2.3.1 Toute transcendance est soit conceptuelle, en tant qu’elle est un (possible objet) au-delà), soit éthique, en tant qu’elle me précède.
2.3.2. Une transcendance conceptuelle subsiste.

2.4. Dieu pourrait être une transcendance éthique.
2.3.3. Une transcendance éthique secondarise la mienneté – Lévinas : Autrui ou Dieu viennent avant moi, si je dois être à la hauteur de la responsabilité éthique qui m’incombe, dans la mesure où je puis les tuer/les nier.
2.3.4. Cette secondarisation est encore une forme de relance du moi, pace Lévinas, mais en second, d’un moi brisé par l’exigence éthique, d’un moi tout entier – et paradoxalement – tourné vers l’Autre.
2.3.5. Une transcendance éthique ne subsiste ni n’existe – elle est un geste au-delà de l’être-objet ou de l’être-concept ou de l’être-mien.

2.4. Dieu peut être une immanence.
2.4.1. Une immanence est ce qui reste en soit.
2.4.2. Une immanence ne peut subsister.
2.4.3. Toute subsistance suppose un rapport à moi sous forme d’un engagement vis-à-vis de ce qui subsiste.
2.4.4. Toute subsistance, en tant que rapport, suppose la transcendance d’un terme par rapport à l’autre – une extériorité, si l’on préfère, une mise en relation selon laquelle l’un des deux sorts de lui-même pour aller vers l’autre.
2.4.5. Une immanence est sans mouvement de ce genre : son nombre est l’Un et non le Deux.
2.4.6. Dieu peut être l’Un – l’un-sans-second, disent, au moins, les non-dualistes et les néo-platoniciens.

3. Dieu insiste.

3.1. Soit qu’il survienne comme éthique plaçant le monde du sujet en second – lui enjoignant de se secondariser là où spontanément il se place en premier (moi moi moi, avant tout autre).
3.3.1. Ce Dieu éthique est religieux, profondément – soit : ni sociologique, ni anthropologique, ni politique.

3.2. Soit qu’il advienne comme exigence d’Un, là où aucun mien ne peut s’affirmer et où tout engagement (mien) s’effrite.
3.3.1. Ce Dieu-Un mystique est, comme tel, non intrinsèquement religieux – compatible avec toute pensée du monde.
3.3.2. Ce Dieu-Un n’est pas en soi utile au mystique, mais il peut constituer, parfois, un important marchepied vers ce qu’il appelle de sa nécessaire disparition – lorsque je deviens Dieu, lorsque je perds tout lien avec la mienneté, lorsque je se fond dans l’expérience de l’indifférence à toutes ces questions.

20/12/06 - 20:02

De l'expérience dite "mystique"

Dans l’Introduction aussi magistrale que brève de son Aux sources du bouddhisme (1), Lilian Silburn tente une définition de l’expérience que les textes bouddhistes s’essaient à recueillir, soit encore de celle que l’on trouve résumée sous les termes de nirvâna, mokshâ – libération, vie divine ou mystique, naissance du Christ en l’âme, etc.

Au vu de son intérêt intrinsèque et dans la mesure où s’y trouve résumée, bien mieux que je ne saurais le faire, ma position du moment sur la question, une fois n’est pas coutume, je vous en livre de larges extraits :

« [Cette expérience est] une expérience d’une telle simplicité qu’elle en échappe à l’entendement : contact immédiat avec la Réalité, elle ne se réduit nullement à une philosophie, à une morale, à une sagesse ou à un yoga. Tant que l’on ne découvre pas sa vraie dimension, elle reste incompréhensible.

[…] La définir de façon conceptuelle est déjà une contradiction. Pourtant elle n’a rien d’intellectuel. Toute spéculation sur la réalité est l’obstacle même qui empêche de la toucher ; non parce que l’idée qu’on s’en fait serait fausse, mais essentiellement parce que c’est une idée […], c’est-à-dire une représentation. L’activité noétique (2) en constitue l’écran. Il est dit pourtant que le mystique (3) obtient la Connaissance ultime ainsi que l’Éveil. Mais cette connaissance n’a rien de mental ; elle est évidence, pure intériorité au sens où il n’y a aucune différence entre extérieur et intérieur, entre soi et non-soi, connaissance nue, informelle, sans particularité, sans objet, sans vérité ni erreur, dépouillée de tout attribut, de tout jugement de réalité ou d’irréalité, sans limite et sans absence de limites. Elle est sans Dieu, sans moi, et donc sans relation.

[…]

[Dès lors, les textes du bouddhisme] n’analysent pas les données d’un savoir, d’un jeu de concepts ou de systèmes, mais veulent décrire l’expérience dans sa réalité concrète globale. De par la nature de celle-ci, ils sont amenés à chaque moment à tout dire à la fois, car la Réalité ne se décompose pas et ce serait la trahir que la ramener à une claire énumération d’idées. Ainsi est-ce la même expérience qui est évoquée d’un texte à l’autre, mais appréhendée à des niveaux différents, par des tempéraments différents, à des époques différentes et dans des langues différentes.[…]

Les expériences décrites dans nos textes […] s’expriment par un ensemble de termes qui constituent un véritable langage technique […] que l’Inde a élaboré en se fondant sur l’observation répétée de tous ceux qui suivaient ce chemin.[…] Un tel ensemble constitue un matériel unique, quasi intraduisible […]. Le vocabulaire mystique de l’Occident ne peut servir pour la simple raison qu’il ne forme pas un langage précis et commun. L’expression de la mystique dans nos pays est restée individuelle et élémentaire (ce qui ne préjuge pas du niveau des expériences elles-mêmes). »


(1) Lilan Silburn Éd. – Aux sources du bouddhisme – Paris : Fayard, 1997 – 538 p.
(2) ou intellectuelle : du grec nous (prononcer « nousse »), l’esprit, on tire l’adjectif noétique. [NdK = Note de K]
(3) C’est par ce terme de LS choisit de traduire l’ârya, le noble au sens du bouddhisme. [NdK]

 

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