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Honni soit qui troll y pense

Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mardi 5 août 2008 à 02:50)

25/06/2006

25/06/06 - 14:00

Déprime dominicale

Fait chier d'avoir un mur de bibliothèques dans la tête. Foutu obstacle. Du genre qu'on peut pas enlever. Faut apprendre à vivre avec. Et pour l'instant, je sais pas encore - ça fait plus de 10 ans que j'essaie, pourtant. Je dois pas avoir la bonne méthode. Qu'est-ce que je peux bien faire de tout ce fatras ? Là, ça me sert à rien d'autre qu'à m'empêcher l'accès au monde. Bordel ! J'ai plus dix ans! j'ai plus huit ans ! Pourquoi j'ai encore peur des gens, alors, hein !? C'est quoi, ce truc qui me vient d'enfance ? C'est quoi, ce moutard affolé que je garde en moi ? J'ai rien à prouver - juste besoin d'être rassuré - mais de quoi ? Alors pourquoi je peux pas faire les choses simplement ? Pourquoi faut que je passe toujours par ces putains de labyrinthes de merde, que j'en rêve même la nuit ! Le repos. Je trouve pas le repos. Sommeil haché, actions dérivées sur d'autres actions elle-même dérivées, la grande drive du désir contrarié. Et jusqu'à la mort remettre à demain ce qui derait être désiré et agi aujourd'hui ? Jusqu'à la mort ? Ca rime à quoi, ce combat avec les pensée - noomachie, on dit quand on est inutilement savant (pédant) ! Ca rime à quoi, cette lutte avec les sentiments ? Je préfèrerais lutter avec un homme, toute la nuit, s'il le faut, quitte à en rester boiteux - mais faudrait pas avoir peur, a priori, de boiter, ma fille ! Lorsque les dieux et les démons baratèrent l'Océan de lait, sortit d'abord le poison, Kalakuta, mortel, seul Shiva sut en absorber l'amertume létale, il s'en fit un nom : Nîlakhanta, gorge bleue, car le poison y resta bloqué, dans sa gorge. Et merde, encore un coup de bibliothèque. N'empêche : où est Shiva ? Qui boira le poison ? J'en ai marre. Ras-le-bol. Je veux un espace vide, pour voir enfin face à face le tumulte intérieur. Et pas de biais. Et pas à travers une série de prismes et de lentilles et d'optiques savantes. Goûter l'autre cohérence des affects - sentiments, émotions, sensations. Marre.

commentaires

25/06/06 - 14:39

prenez une lame de rasoir, lavez-vous les yeux avec puis regardez-le monde à nouveau...

25/06/06 - 17:59

Je crois comprendre... Il faut peut-être seulmt apprendre à se laisser "violer", céder à toutes les sollicitations, mm les moins tentantes (et, moins on y cède, moins elles sont tentantes). Mais les conseilleurs ne sont pas les payeurs, je sais....

25/06/06 - 22:02

(merci le ricou, mais il ne s'agit pas de trancher, non. Au contraire. Discerner n'est pas discriminer. C'est mettre à plat)

(je ne saisis pas tout, RonanS, et peut-être même je comprends de travers. Toujours est-il que je ne sais pas être disponible comme cela - certaines yogini furent capable de faire l'amour avec tout homme qui les sollicitait, et avec le même engagement...)

26/06/06 - 08:55

Kliban,

Je me suis quelquefois proposé un doute : savoir s'il est mieux d'être gai et content, en imaginant les biens qu'on possède être plus grands et plus estimables qu'ils ne sont, et ignorant ou ne s'arrêtant pas à considérer ceux qui manquent, que d'avoir plus de considération et de savoir, pour connaître la juste valeur des uns et des autres, et qu'on devienne plus triste. Si je pensais que le souverain bien fût la joie, je ne douterais point qu'on ne dût tâcher de se rendre joyeux, à quelque prix que ce pût être, et j'approuverais la brutalité de ceux qui noient leurs déplaisirs dans le vin, ou les étourdissent avec du pétun. Mais je distingue entre le souverain bien, qui consiste en l'exercice de la vertu, ou (ce qui est le même), en la possession de tous les biens, dont l'acquisition dépend de notre libre arbitre, et la satisfaction d'esprit qui suit de cette acquisition. C'est pourquoi, voyant que c'est une plus grande perfection de connaître la vérité, encore même qu'elle soit à notre désavantage, que l'ignorer, j'avoue qu'il vaut mieux être moins gai et avoir plus de connaissance. Aussi n'est-ce pas toujours lorsqu'on a le plus de gaieté, qu'on a l'esprit plus satisfait; au contraire, les grandes joies sont ordinairement mornes et sérieuses, et il n'y a que les médiocres et passagères, qui soient accompagnées du ris. Ainsi je n'approuve point qu'on tâche à se tromper, en se repaissant de fausses imaginations ; car tout le plaisir qui en revient, ne peut toucher que la superficie de l'âme, laquelle sent cependant une amertume intérieure, en s'apercevant qu'ils sont faux. Et encore qu'il pourrait arriver qu'elle fût si continuellement divertie ailleurs, que jamais elle ne s'en aperçût, on ne jouirait pas pour cela de la béatitude dont il est question, pour ce qu'elle doit dépendre de notre conduite, et cela ne viendrait que de la fortune.

26/06/06 - 08:56

désolé d'ajouter une méandre supplémentaire à ton labyrinthe textuel

26/06/06 - 19:49

C'est amusant, j'ai récement commenté ce texte pour une amie. Je suis bien entendu assez opposé à l'ami D. Qui a une notion bien trop rationnelle à mon goût de ce que l'on entend par "connaissance". Et "vérité", aussi. Car rien de tout cela n'a à voir, ni avec la gaité (la labilité des émotions), ni avec la satisfaction de l'esprit - c'est bien pour cela que le mot "spiritualité" est sans doute l'un des plus mal construits de la langue française. Mais bien avec l'âme, qui n'a rien à voir avec un truc séparé du corps, voire conjoint avec icelui. Mais bien avec cette chose inexpliquable, que la rose reste sans pourquoi.

26/06/06 - 21:00

lol n'empêche que je le trouve beau ce texte, et toc !

26/06/06 - 21:59

Ah oui, c'est un beau texte. Mais à côté de la plaque, à mon sens. A moins que je ne me trompe, Descartes n'avait de la béatitude qu'une notion lointaine - ce qui ne veut pas dire "pas de notion du tout" : lointaine.

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