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Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

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Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mercredi 17 septembre 2008 à 22:58)

27/08/2006

27/08/06 - 19:48

Fin de monde

Et si toute cette agitation, d’un coup, se voyait engloutie dans l’opalescence triste de la catastrophe – de Sirius, pas même un râle dans le Grand Gospel Cosmique.

Et si, tout-soudain, cela disparaissait, cette furie de voisinages mi-accordés, dans la boue giguentropique du cataclysme, molécules dissociées, conscience ahurie d’exothermie fulgurante, tout cela que qualifie notre regard au carnage : la moue triste de la fille aux jolies lèvres, à la terrasse du café, les garçons revêches concentrés sur leur service, les rires de la table dans mon dos, les propos salaces de celle d’à-côté, mon désir aussi rapidement venu qu’étiqueté comme infantile pour ces promesses d’embrassades portées en débardeurs, ce qui rumine dans le flou des vitres, derrière les façades, là-bas

- je n’envisage pas ici le poids d’horreur et d’hébétude des survivants, juste l’inanité de toute résistance, fût-elle anticipée, à la dislocation des équilibres homéostatiques dont nous est redevable le monde en son assise -

Et si nous réalisions, tout aussi brutalement, que l’instant dissolutoire en vaut bien un autre, que ce tremblement dont nous faisons existence, engoncés chacun-chacune dans les frontières apaisantes de celle-ci ou celui-là, n’a pas plus de sens que sa mise au repos dans la dissociation furieuse de ses composants les plus élémentaires – ce que nous lisons d’une improbable mémoire comme : retour au tohu-bohu, à l’abîme, à l’indéfini… -

Et si, par cela, nous cessions un temps de courir à la mort comme un crabe retourne à la mer – si nous cessions, pauvres Héraclite, d’adorer la fluence emprisonnée dans l’espace des contraires et l’espoir des sagesses – si nous tenions en nos paumes enfin desserrées, épanouie, l’essence de toute question hors la hantise des réponses – si nous nous laissions dissoudre dans l’indifférence aux limites que la survie impose

libres alors de la voix des morts et des anticipations du pire

commentaires

27/08/06 - 20:13

Fin du monde?
Fin de quel monde?
Cette certitude de finalité est si finale, que je la prends comme défi.
Je ne veux pas de cette fin, cette finalité.

Par contre: catastrophe, cataclysme (cataclisme?), carnage: nous les vivons de trop près. Donc, je ne peux pas ignorer le cas des survivants.

Pour que la race survive....il faudra des héteros!

Très belle écriture caliban.

27/08/06 - 22:02

Ah oui très, l’émotionnel et le cartésien lisent en chœur...

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