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Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mardi 5 août 2008 à 02:50)

10/11/2006

10/11/06 - 21:21

Histoire de Ganesha - 2. Au bain

Or donc, c’était une belle journée de printemps, d’été ou bien d’automne, je ne saurais trop dire, mais une langueur s’étalait mollement sur l’herbe rase depuis les hauts monts avoisinants. Parvatî fut prise de l’envie d’un bains, un de ces bains où l’on muse, à l’aise avec le monde et soi-même et où la solitude est le premier compagnon, jalousement protégé. Se dirigeant vers ses appartements – son ascèse et celle de son consort pouvaient susciter toutes qualités de palais, aussi consistant que fumée, mais avec toutes les facilités modernes –, elle fit Nandi, le grand buffle, premier serviteur de Shiva – et donc premier de ses serviteurs à elle, par voie de conséquence – elle lui fit, donc, garder sa porte, exigeant de lui qu’il en interdise l’entrée à quiconque. Et s’en fut se délasser, nue, au milieu des bassins, lotus parmi les lotus.


Nandi veillait. Nul n’entrerait. Enfin… Nul… Il n’y aurait pas d’histoire, si la déesse – c’en était une à présent qu’elle avait gagné le cœur de Shiva – avait pu aller jusqu’au bout de son désir de solitude, et si son corps drapé des eaux n’avait point été mis à nu plus encore par un regard tiers. Car elle fut bien surprise au bain : par Shiva lui-même. Comment en effet Nandi aurait pu contraindre son terrible maître ? Shiva donc, avait rejoint Parvatî, rompant le lien intime infiniment qu’elle avait tressé autour d’elle et suscitant déception, colère froide, ardente résolution. A la voir courroucée, Shiva se contenta de rire, non sans tendresse, d’ailleurs, mais sans réaliser encore ce qui venait d'advenir : sa consort venait de réaliser qu’elle n’avait aucun serviteur qu’elle pût appeler sien.

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