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Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

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Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
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Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mardi 5 août 2008 à 02:50)

10/11/2006

10/11/06 - 21:36

Histoire de Ganesha - 3. Ganesha

Ainsi Parvatî recueillit-elle de sa peau l’onguent qu’elle y avait déposé, curcuma soigneusement moulu mêlé de poussière. Elle en tira la forme d’un jeune garçon aux membres vigoureux, front resplendissant comme les étoiles qu’on trouve au ciel étrange bien au-delà de Lanka, yeux de faon dans le lotus parfait du visage, le cheveu dru, le torse large et la taille mince de ceux qui longtemps se sont entraînés au maniement de toutes armes. De son souffle, elle lui donne mouvement, intelligence et vie : son fils, son fils ! Né de ses seuls efforts ! Bien mieux que les servants de Shiva saura-t-il garder l’accès à l’intimité du bain. Lasse dès lors, la Déesse se retire et demande au garçon de bien vouloir interdire à quiconque, quiconque, l’entrée du lieu où elle se repose. Armé d’un lourd bâton, Ganesha – c’est bien lui – prend sa place devant les portes aux lourds battants.


Mais il fallait bien - c'est de bonne logique narrative - qu’arrivât promptement Shiva, le Dieu dont le Gange baigne la chevelure. Mais quel jeune homme étrange est en arme devant l’entrée qui mène à Parvatî, un garçon encore, ou presque ? Nandi est envoyé en reconnaissance ; l’homme buffle se fait éconduire, fermement quoique sans violence : nul n’entrera, lui est-il dit, dans les appartement de ma mère. "De ma mère", songe Shiva, hélas, Parvatî, qu’as-tu fait là ?. Le Dieu lui-même s’avance, demande le passage, l’exige, se voit opposer le même refus. Le regard du jeune homme est clair, rien ne saura l’effrayer. Je ne puis reculer, ô mon Epouse, songe le Dieu, ou il sera dit que de nous deux, c’est toi qui fais la loi. Que ne me forces-tu pas à faire là ? Ces actes aillent donc jusqu’à leurs fruits amers. Shiva tente alors de forcer le passage. Mais le dieu dont la lune retient les boucles n’est pas de taille et contre celui que Parvatî a chargé de sa propre puissance, sa lutte s’achève en fuite. Contre le trident, trois le bâton a prévalu, et c’est boitillant que le prince des ascètes se retire ruminer sa colère et rassembler ses forces.

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