Derechef : De Dieu
(0. Note liminaire :
0.1 J'en ai déjà parlé là : De Dieu.
0.2. Le présent a été écrit comme une réponse spontanée mais lointaine à larrache-coeur.
0.3. Pour le présent, faut s'accrocher, je reconnais.
0.4. C'est écrit rapidement et sans doute ni de façon très claire, ni de façon très rigoureuse - j'ai essayé tout de même.)
1. Dieu n’existe pas.
1.1. L’existence prend corps dans les objets.
1.1.1. Un objet est ce qui est susceptible de venir, d’une façon ou d’une autre, à la perception.
1.1.2. La perception est ordonnée à la sensation et à la conscience par moi de la sensation.
1.1.3. Toute sensation est corrélative d’un rapport au corps.
1.1.4. Le seul corps que je connaisse est mon corps.
1.1.5. Cette mienneté est un fait originaire dans lequel s’enracine la relation que j’entretiens aux objets.
1.1.6. Tout objet entretien un rapport au moins potentiel à mon corps.
1.2. L’ensemble des objets est le monde.
1.2.1. Tout ensemble est un abstrait, qui subsiste comme concept.
1.2.2 Un concept n’existe pas, mais il subsume (se subordonne) divers existants ou d’autres concepts (en ce sens, un concept peut être vide). On dit que le concept subsiste.
1.2.3. Toute subsistance manifeste un ordre, toute existence manifeste des régularités.
1.2.4. Le monde est l’ordre des ordres, et l’ordre de toutes les régularités.
1.2.5. Le monde n’existe pas – mais il subsiste – seuls cette main, ce clavier, cet écran… existent.
1.2.6. Le monde n’a pas besoin de Créateur – mais il n’est pas contradictoire avec un Créateur non plus, à mesure de ce que le savoir de l’homme (la science moderne) enlève d’intelligibilité au processus créateur lui-même.
1.3. Dieu n’est pas au monde.
1.3.1. Dieu n’est pas un objet.
1.3.2. Dieu n’est pas une partie de mon corps – donc Dieu n’est pas un affect.
1.3.3. Dieu n’est pas la mienneté – sauf si je deviens Dieu.
2. Dieu ne subsiste pas.
2.1. Le Dieu des philosophes est un concept – ce n’est pas ce qu’on appelle « Dieu ».
2.2. Le Dieu des intégristes est un affect – ce n’est pas ce qu’on appelle « Dieu ».
2.3. Le Dieu des religions, le plus souvent, est un vague mélange affaiblit des deux : un concept social ou politique – ce n’est pas ce qu’on appelle « Dieu ».
2.3. Dieu n’est pas une transcendance conceptuelle.
2.3.1 Toute transcendance est soit conceptuelle, en tant qu’elle est un (possible objet) au-delà), soit éthique, en tant qu’elle me précède.
2.3.2. Une transcendance conceptuelle subsiste.
2.4. Dieu pourrait être une transcendance éthique.
2.3.3. Une transcendance éthique secondarise la mienneté – Lévinas : Autrui ou Dieu viennent avant moi, si je dois être à la hauteur de la responsabilité éthique qui m’incombe, dans la mesure où je puis les tuer/les nier.
2.3.4. Cette secondarisation est encore une forme de relance du moi, pace Lévinas, mais en second, d’un moi brisé par l’exigence éthique, d’un moi tout entier – et paradoxalement – tourné vers l’Autre.
2.3.5. Une transcendance éthique ne subsiste ni n’existe – elle est un geste au-delà de l’être-objet ou de l’être-concept ou de l’être-mien.
2.4. Dieu peut être une immanence.
2.4.1. Une immanence est ce qui reste en soit.
2.4.2. Une immanence ne peut subsister.
2.4.3. Toute subsistance suppose un rapport à moi sous forme d’un engagement vis-à-vis de ce qui subsiste.
2.4.4. Toute subsistance, en tant que rapport, suppose la transcendance d’un terme par rapport à l’autre – une extériorité, si l’on préfère, une mise en relation selon laquelle l’un des deux sorts de lui-même pour aller vers l’autre.
2.4.5. Une immanence est sans mouvement de ce genre : son nombre est l’Un et non le Deux.
2.4.6. Dieu peut être l’Un – l’un-sans-second, disent, au moins, les non-dualistes et les néo-platoniciens.
3. Dieu insiste.
3.1. Soit qu’il survienne comme éthique plaçant le monde du sujet en second – lui enjoignant de se secondariser là où spontanément il se place en premier (moi moi moi, avant tout autre).
3.3.1. Ce Dieu éthique est religieux, profondément – soit : ni sociologique, ni anthropologique, ni politique.
3.2. Soit qu’il advienne comme exigence d’Un, là où aucun mien ne peut s’affirmer et où tout engagement (mien) s’effrite.
3.3.1. Ce Dieu-Un mystique est, comme tel, non intrinsèquement religieux – compatible avec toute pensée du monde.
3.3.2. Ce Dieu-Un n’est pas en soi utile au mystique, mais il peut constituer, parfois, un important marchepied vers ce qu’il appelle de sa nécessaire disparition – lorsque je deviens Dieu, lorsque je perds tout lien avec la mienneté, lorsque je se fond dans l’expérience de l’indifférence à toutes ces questions.
20/12/06 - 23:56
Le point 1.2.3 est très discutable.
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