31/03/2007Dans le silenceHomme : rien, ren, rien, sous le soleil pétrifié d'orgueil.
Le croirez-vous ? Ce monde, ce monde, là, déhanché et lascif, ce monde de cendre et de politique, ce monde à goût de sexe et d'identités rances, ce monde à perte de savoirs, corruscant d'insolente absurdité, ce monde si plein de joyeuse suffisance, ce monde-là, par nous volé au partage que nous croyons en faire, ce petit, tout petit, blème et gentiment frisquet monde-là : rien, ren, rien, sous le soleil d'orgueil.
Le voudrez-vous entendre ? L'immensité pleine de la vibration qui nous est dérobée dès l'enfance dans la lave des on-dits, oh ! la perte de ce qui fit de nous des dieux dans l'impuissance sainte, oh blessure, oh cicatrice, que nous portons en sourires convenus sur visages convenus, oh la peine, la peine remisée chaque jour, et la sanie que nul pansement n'absorbe sur ce qui reste de coeur ! nos amours, nos idéaux, nos implorations vers ce que nous croyons du bonheur, nos rages haineuses et froides et la horde de nos velléités, la geste pagailleuse de nos projets - et toujours le hochet froid du savoir - : rien, ren, rien solaire sous l'orgueil.
Et moi, qui m'évertue, qui m'étrenne chaque jour un sentiment nouveau où s'emmèle mon, oui, mon âme, moi qui croise en bord de chenal dans l'appel et la hantise de l'échouage, moi qui ne sait, ou moins, ou presque plus, et qui sent, toujours plus vive, la plaie, le tartre vivant dans la plaie, et les vers en semis, les vers qui ont donné fruits déjà, arbres à vers dans la plaie, ouverts au médian du coeur, et moi, oh ! les larmes toujours et de joie, et de rire, d'immémoriale et lente tristesse accumulée au-dessus des anciennes cathédrales de douleurs, et moi : rien ren rien dans l'orgueil.
Oh ! pénitent ! Le soleil ! 26/03/2007TrouilloteuseTrouer un sens à la vie.
Trouer ses pulls, avec la persévérance quotidienne de deux coudes appuyés sur la table.
Trouer l'éther, aller voir ailleurs si j'y suis.
Trouer l'estomac d'un ulcère.
Trouer l'cul, par hasard, à quelques uns qu'on aime, ou pas.
Trouer l'écran, pour avoir couru trop vite, ou trébuché.
Trouer sa porte d'un glory hole et faire comme si.
Trouer tel ou tel anévrisme, patiemment construit en prévision d'un rêve hors soi.
Trouer jusqu'au cardia l'oesophage au Destop pour avoir voulu déboucher la vie.
Trouer, d'un coup de barre à mine, cette addiction au dépassé que l'on dit "futur".
Trouer tous ses livres.
Trouer l'espoir, trouer l'envie, trouer le désir, trouer le doute et la croyance, trouer l'orgueil et l'effort roué des philosophes à conjurer les morts, le tissus spongieux des cogito.
Trouer l'étoffe dont sont faits les songes - et que l'on me sèvre de ce trop de syntaxe (mots, sexes, identités) et d'inattention ! 25/03/2007CelaLa connaissance est un feu - cherché, redouté. On ne saurait s'en approcher sans le soutien d'un appel ou d'une urgence. Sans non plus une détermination sans-faille.
Oeuvrer à se défaire de tout ce qui recouvre le silence au fond de soi... dans l'espoir d'être enfin saisi - ce ne sont pas de mots qu'il s'agit - du poème, de la philosophie, de la vérité ?
En comparaison, tresser les fils du savoir est chose triviale, triviale. Amusement - divertissement - bavardage - aussi brillant, captivant, urgent cela semble-t-il.
Mais je ne parle ici encore que dans le sillon des on-dit, par intuition aussi, et comme pour me donner courage. En vérité, je sais bien trop de chose, pour cela qui est à connaître. 22/03/2007Tu se' omai al purgatorio giunto Ô pénitent sans sommeil
Ô ce corps de bois brisé
Ô tristes émois, musées
Ô de chaque chose
le trop-lointain
Ô vide où reposent
nuits et matins
Ô heures forcées sans sève
Ô ma vie rincée en grève
- Ô pénitent - le soleil !
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