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eXTReMe Tracker Zyé-la anfon tomb-lan, té la ka gadé zot.
Honni soit qui troll y pense

Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas souvent aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour lundi 30 juin 2008 à 00:24)

27/06/2007

27/06/07 - 17:35

Trolls

Le troll est à l'origine une plus ou moins sympathique créature des pays du Nord liée à un territoire : un génie du terroir, donc. Pas forcément très intelligent – liée au monde chtonien, il a plutôt le cerveau des choses qui poussent : lent et persévérant – il peut se montrer bénéfique ou maléfique, en fonction de l’histoire du lieu et de ceux qui sont mis sur son chemin. C'est l'avancée du christianisme qui en fera un être systématiquement associé au diable, par essence aussi malveillante que stupide.


Par extension, le trollus ternetensis syn. webensis est une créature vivant dans les dessous maussades et boueux de la Ternette. Le Troll d’Internet n’est jamais intelligent – il se fait même un blason de sa stupidité – et représente une fonction de nuisance suffisamment notable pour qu’on ait souvent à prendre des dispositions précises et radicales à son encontre.

C’est que les trolls de ce genre se nourrissent exclusivement de l’attention qu’on leur porte, en tant qu’ils se présentent comme vecteurs de désorganisation des communautés virtuelles. Ild sont attirés par les regroupements d'internautes : c’est là qu’ils trouvent leur pitance. Forums et blogs leur sont des lieux de prédilection, mais je suppose que les MMORG ont les leurs, ainsi que toute autre communauté.

Leur origine est confuse. On ne sait s’ils pré-existaient à la Ternette. Toujours est-il que les premiers forums – quand la noosphère était sous UNIX – ont eus leurs trolls. D’aucuns supposent qu’il s’agit de virus, localisés dans les cerveaux humains et engendrés par bootstrap lors de l’interaction entre l’humain et le monde virtuel. D’autres, plus audacieux, supposent qu’il faut y voir des entités internes au web, auto-organisée à partir des courants d’intentions engrammés dans les entrelacs de messages échangés sur la Ternette : une forme de vie maligne émergente, d’autant plus vivace qu’on l’alimente en attention – on objectera à ceux-là qu’on ne voit pas pourquoi ce type de mécanisme ne devrait donner vie qu’à des entités maligne ; une réponse pourrait être qu’on se désintéresse assez vite, surtout dans la noosphère telle qu’elle est actuellement constituée, des formes de vie présentant des caractères plus débonnaires, j’y reviendrai.

Le troll ne survit donc que s’il peut désorganiser les principes autour lesquels une communauté se retrouve : installer la zizanie, détourner les conversations à son profit – jamais de façon constructive –, voire détourner les fonctionnalités mises à disposition des internautes de l’usage pour lesquelles elles ont été conçues, non pour proposer au bénéfice de tous un usage plus inventif, pour mettre en danger l’existence même des dites fonctionnalités (le spam peut être une production de troll – on dit aussi : une merde ou une chiure), voire de la communauté tout entière.

Tout troll se spécialise donc et tous ne sont pas aussi nuisibles les uns que les autres. Etant entendu que plus les dégâts sont importants, plus on parle d’eux – ce point est essentiel : un troll n’est pas un hacker qui se contenterait de la gloire ou d’un succès d’estime limité à quelques happy few –, plus le troll est content et prospère. C'est hélas la propension la plus spontanée de l’internaute moyen que d'entretenir cette forme de vie parasitaire qu'est la vie du troll, soit que l'on croie pouvoir guérir le troll de ses conceptions erronées ou le détourner de ses comportements nuisibles, ou, pire, que l'on s'imagine que le troll est sérieux – c’est ce qui explique aussi qu’il y ait si peu d’anges sur la Ternette, ainsi que je l’évoquais plus haut.

Par conséquence se débarrasser d’un troll prendra plusieurs formes en fonction des espèces de trolls.

Trollus ternetensis occasionalis : troll occasionnel ou de passage, comme une affection inopinée mais bénigne – on remarquera que je penche pour l’origine virale (cf. ci-dessus) de l’origine du troll. Peut s’emparer de n’importe qui, et laisser plusieurs grosses merdes, assez drôles parfois, gênantes sur le moment. Ce troll se reconnaît à ce qu’on peut souvent discuter sérieusement avec lui pendant même sa phase active. Assez inoffensif. Le considérer comme un mal nécessaire/

Trollus ternetensis loquax : ou troll bavard. C’est un troll qui intervient sur les forums pour y déposer des commentaires semblant aller dans le sens de la discussion, mais la radicalisant de telle sorte qu’elle est vite détournée de son sens initial. Pratique assez fréquemment l’insulte ou le propos unilatéral et non argumenté mettant en jeu des lignes de pensée usuellement très fortement disqualifiées sur le forum où il intervient – racisme, propos de droite ultra-libérale sans nuance dans une conversation de gauche, etc. Ce n’est un troll dangereux que si les participants au forum entrent dans son jeu. Ignorer ses interventions le fait en général, dans un premier temps, surenchérir dans l’excès, puis disparaître comme un mauvais vent dès lors que ses interventions n’ont pas prise.

Trollus ternetensis spamensis : ou troll spameur. Plus ennuyeux. C’est un troll qui chie large et gras. Intervient sur les forums, dans les boîtes-à-courriel, dans les chats, en insérant des extraits de textes n’ayant un rapport plus ou moins lointain avec le sujet, dans des proportions considérables. Seules solution : bannir le troll, sans relâche, et sans jamais mentionné qu’on l’a banni. Problème : ce type de troll, comme certains virus, connaît un taux de mutation élevé : il peut revenir sous un autre nom. Ne pas se désespérer et poursuivre. Un appel aux webmestres peut être nécessaires.

Trollus ternetensis subtilis : ou troll subtil. Troll créant sur les forums des sujets, des profils dans les sites, à seule fin d’y amener des internautes plus ou moins crédules à réagir. Très dur à détecter du premier coup d’œil, il est très facile de s’y faire prendre. Le combattre est aisé, il suffit d’ignorer son profil ou ses sujets. Si ceux-ci passent la mesure – choses illégales, par exemple – un appel aux webmestre est essentiel. Le grand danger de ces trolls est quand ils viennent en groupe. Un groupe de trolls, c’est en puissance une menace fasciste, ou un anarchisme destructeur sans réel projet – hop, loi de Godwin.

Le troll n’est pas trop difficile à combattre, mais une attaque de trolls peut fort bien vous pourrir la vie – au point d’en quitter GA, cela s’est déjà vu. Utiliser des tactiques de troll pour combttre un troll est extrêmement périlleux, je ne l'ai jamais, vu réussir. même comtre un troll subtil. Les webmestres ont un rôle essentiel à jouer dans cette affaire, consubstantielle à l’existence des lieux qu’ils proposent aux internautes, et d’autant plus que ces lieux sont libres d’accès. Ce sont eux qui proposent les outils pour limiter l’influence des trolls, ce sont eux qui, en dernier recours, peuvent prendre des mesures d’exclusion plus sévères.



Cela dit, n’oublions pas : une société qui entend vivre sous l'égide de la liberté démocratique tout en éliminant les trolls est un non-sens. La liberté démocratique, cela se conquiert et se maintient dans les consciences politiques, sociales et éthiques, voire affectives de chacun. En ce sens, elle est fragile, et soumise par essence à l'émergence des trolls en son sein. C’est parce que la droite embourgeoisée actuellement au pouvoir refuse ce point qu’elle souhaite mettre en place les systèmes de contrôle qui lui permettraient de limiter l’influence des indésirables, en cela liberticide pour l’ensemble de la communauté sur laquelle ses lois auront de l’influence. Il est des pouvoirs de nuisances bien plus important que les trolls : certains hommes politiques, et je ne nomme personne, les posts au JDI s'en chargeant largement en ce moment. La lutte contre toutes les trolleries de l’existence est d’abord du devoir de chacun, bien avant d’être celui des autorités, quelles qu’elles soient. S’il n’y a pas d’ange sur la Ternette, je pense que nous pouvons aussi nous l’imputer à nous-mêmes.

25/06/2007

25/06/07 - 20:51


Phares



Tu te heurtes à tout mur. A ton corps encagé. Accroché au cerceau des côtes premières, douloureuses, le thorax – donner l'air nécessaire à la suffisance de tout semblant – continuer – tu sais le monde à ta mesure – mais – le passé aussi fait mentir ton savoir – là où gisent en tas de souvenirs ramassés mères, frères et pères – l'homme est une mère – pour l'homme – même dent carnassière – et le grand ballant des bras dont l'accueil sauve – l'homme est amer en bouche, trop mûr savoir, et mensonger – on t'a volé ton corps – dérobés, ton frère, et la paternité – effrayante fraternité – père enfant frère – l'enfance te fut un retrait complexe – échapper au devoir, lourd de chaque caresse – encore – jamais assez – corps arrêté – à dix ans voûté – ange encagé – semé plumes au labyrinthe des "tu devra(i)s" – nulle part où jamais arriver – lointaine, la chose, et libre – la chose qui se mérite d'une excellence préparatoire – toujours – encore – toujours – jamais qui ne débouche – la chose – hors d'atteinte – hors d'attente – rien pour surmonter l'attente – de la chose – de la mère – aimante – amer –


– on t'a laissé – lâché – fourvoyé – dans la douceur des plis du savoir – et dans l'ivresses des hommes aux grands bras ballants – amers en bouche – amers de ton ignorance – savoir n'est pas connaissance – on t'a volé ton corps – ta liberté vive – ta voix – le tourment de tout labyrinthe naît de la contraction des contraintes – va-t-en donc te perdre – ne les laisse pas – pas trop vite – trop près – approcher – ou dévore – minotaure ! – « mais moi, c'est pour aimer que j'étais fait ! » – c'est vrai – mais c'est ta nuit, stellito – ta nuit – ton désir dénudé – le mi-amour ancien – l'insufisant – dont il tire l'encre encore de sa relance – tes mots, même, sont vides – pour hurler, c'est hurler qu'il te faudrait – tu as retenu – le lourd battement de paupières – le cri poli – civilisé – pas le non ! mafflu – la jouissance aiguë du non ! – on aurait pu interdire franchement – autoriser le jeu de l’opposition – frontale – les reproches doucereux ne rendent possibles aucune transgression – on aurait pu – on te l'accorde – tu aimes jouer avec les si – accrocher quelque autre vide – comme ces silhouettes qu’aucun désir n'éclaire vraiment – tes caresses pèlent – lambeaux de doigts écrasés sur la peau rêche du temps – ces frissons n'emmènent personne nulle part – la couleur est grise au coeur même des tissu d'Orient – tais-toi – tais-toi – attends le feu de tout couchant – coeur humide – attends le feu – attends que te revienne – la joie insue – attends – goûte – dans l'entre-temps – goûte – le sel et la larme – goûte – le poids et la peine – goûte – le souffle court – l'inertie de ton corps voûté qui fait voile à tout vent – pour tout amer, le pouls de solitude du temps – tristes heute – vacuité des futurs – et destin dévoilé – dans le corps matriciel des tendresses passées – qui lui aussi – ô ! phare – te donnera la clef, la clef amoureuse – d'un lendemain



(J'aurais bien voulu en faire une BD, en fait. Je ne sais pas dessiner.)

24/06/2007

24/06/07 - 23:30

(... {... ...\ ...

Parfois,
même,

on a du
mal
à r
esp

irer.

18/06/2007

18/06/07 - 00:19

Pour des raisons légales de protection des mineurs, cet article n'est accessible qu'aux inscrits. Vous pouvez vous identifier si vous êtes inscrit, ou vous inscrire si vous êtes majeur.

14/06/2007

14/06/07 - 02:36

Solution de continuité

Celle-ci m'aura mis six mois à rejoindre, neuf peut-être, je ne sais plus.

Le vide dans le lit n'est rien, nous dormons ensemble encore. De temps en temps. Mais son corps a des refus, jusqu'au salut lorsqu'il entre chez moi, qu'aucun baiser n'éclaire plus - mais quelle belle présence, néanmoins.

C'est dedans, la pression négative qui fait la cage thoracique par instant se contracter jusqu'au point suffoquant d'une absence qu'il ne lui appartient plus de combler. Dedans, le souffle dans un suaire, décollement de la plèvre amoureuse, dedans, la peau grise du monde comme celle d'un citron oublié, j'en demanderais presque pardon d'exister, dedans-dehors - ho ! pardon, pardon, pardon ! -

Et ces putains de larmes qui ne viennent pas ! Et ma tête qui ne dort plus ! De chaque fuite dans un de mes livres, dans le corps éperdu du savoir, je ne tire à la redescente qu'un surplus de solitude -

- mais ce Riesling récement acheté n'est décidément pas mauvais, tout n'est pas perdu :o)

10/06/2007

10/06/07 - 23:22

En amont des sottes épreuves

L'enfer, c'est les autres.
Je est un autre.

Quelles résonnances ?


Il va de soi kej déprime sec.
Question : peut-on déprimer humide ?
L'Enfer, c'est plein de fluves.

10/06/07 - 19:44

Deux ou trois choses sur la violence en monde chrétien

Nous, membres d’une société pénétrée de valeurs chrétiennes, sommes d’une société de violence. Ni plus ni moins que d'autre, sans doute, à ceci prêt que nous nous héritons d'une valeur universelle, d'une mission envers le monde - nous ici doit s'entendre non à l'échelle des individus mais des courants qui motivent les grands mouvements de l'histoire, courants de pensée, courants politiques et religieux, etc.

Que le christianisme n'ait pas su se montrer toujours à la hauteur du message de Celui dont elle se réclame, que les églises trouvent encore et toujours aux horreurs qu'elles perpétuent l'excuse d'une faillibilité toute humaine, qu'elles arrangent, à leur sauce somme toute, la radicalité pleinement aimante du message christique, qu'elles se prennent ici et là à jouer le rôle de la Putain de Babylone : rien que de très commun, pour une religion que son histoire a très rapidement rendue viscéralement intolérante - n'y voir que l'inévitable mise en coupe réglée de la transcendance, sa régulation sociale, l'organisation des gestes et discours la concernant. A vrai dire, tout cela ne serait qu'une cuisine bien ordinaire à l'échelle d'une tribu humaine parmi les autres, si par ailleurs le christianisme ne s'était très tôt senti investi d'une mission non seulement prosélyte, mais encore universelle.

Pourquoi ? Parce que tout manquement à son message le pousse sur la voie de sa propre disparition. Comment je vois ça, un peu longuement, comme d’habitude (rien de très chiadé, juste des idées déjà dites, et que j'empile) :

Tout manquement non enregistré comme tel, qui ne ferait donc pas objet de repentance/ voire de pénitence, se voit inscrit dans l'histoire comme au fer rouge. On ne finit par ne plus retenir de l'histoire de l'institution fautive que la kyrielle des errances. Les actes qui font les hommes mieux vivre ensemble passent à la trappe de la mémoire collective, voire sont récupérés par les opposants. Ainsi les églises ont-elles peu à peu sapé la confiance qu'on pouvait leur accorder, au point que la civilisation qu'elles ont contribué à bâtir non seulement les méconnaît, les oublie ou les voue aux gémonies.

Injuste ? Très certainement. Mais à l'image de cete autre injustice perpétrée par qui, clamant un message d'amour, s'est trop souvent vu associé à la destruction des cultures, à la mise en esclavage, à la torture, au contrôle autoritaire des libertés, j’en passe et des meilleurs. On peut gloser tant qu'on veut sur l'injustice – à mon sens patente, quoique méritée – de cette image : cela ne redonnera pas l'Occident au christianisme, ou vice versa. Le souvenir de la souffrance passe celui des bienfaits. N'ayant que peu résisté – et s'il l'a fait, il a échoué – à l'instrumentalisation de son prosélytisme par les conquérants politiques et économiques de la planète, en bien des lieux, on est en droit de retenir du christianisme qu'il est la religion d'hommes venus en maîtres en asservir d'autres. Religion d'orgueil, de pouvoir et de sang. Fille du Prince de ce Monde. Religion imposée dans la violence et par la violence d'un message dont l'universalité a été dévoyée (*).


Nous ne nous sommes jamais débarrassés de cette violence. Le christianisme, malgré ses efforts, n’est jamais parvenu à l'éradiquer – et cet échec même, cet échec dont il porte une part de responsabilité, lui laisse la violence comme un de ces leviers par lesqeuls il s'essaie à asseoir l'universelle conversion, hélas, confondue en la demande totalitaire d’un assentiment universel. L'homme est un primate violent. Pas uniquement bien sûr, l’entraide et l’altruisme sont essentiels à la dynamique de notre espèce, mais violent, nous le restons assez viscéralement. Le christianisme participe de cette double dynamique : le message d’amour du Christ, d'un côté, de l'autre, son échec à résister à l'appel de la violence - si politiquement efficace, à l'échelle de quelques générations ! Et le message d'amour, on en perd vite la trace, dans les remous de l'histoire – non, l'amour, ce n’est pas une question de préservatif, de morale sexuelle ou de considérations pour les embryons : rien de cela ne relève en soi de l’amour, mais de la négociation des constantes anthropologiques fondatrices d’un type de société.

Sans amour, alors, comment renoncer à la violence ? Une moniale a donné un jour à un mien ami cette belle définition : « Faire pénitence, c’est mettre de l’amour là où il n’y en a pas eu assez ». Sans amour, comment faire pénitence ? Y a-t-il un christianisme secret et aimant, que toute publicité de la parole officielle occulte ? Je le crois, pour ma part, mais ce n'est pas celui-là qui fait les civilisations. Voila pourquoi aussi je râle et me débats avec une religion qui n’est pas la mienne : les lumières qu'elle recèle me font toujours plus douloureuses ses allégeances multiples à la haine, au mensonge et à la demi-falsification de l'élan spirituel – soit, en ses termes : au Démon.

Pénitence ! Pénitence ! Sans quoi, le christianisme devra rester lié à son ombre molle et retorse, fille de violence qui n’apporte à l’homme qu’un début de dignité, pour ne jamais la lui donner totalement : oeuvre d'esprit séducteur, assurément.

Mettre de l’amour là où il n’y en a pas eu assez



(*) un message d’amour universel ne requiert ni ne souhaite l’assentiment de tous les hommes, mais, s’adressant à tous, en espère une écoute, tout autant qu’il est prêt à écouter et à reconnaître l’universel jusque dans le plus inattendu de ses habits. Témoigner de Christ ressuscité, ce n'est pas demander une preuve externe de croyance, ce n'est pas espérer un partage de culte, toutes attitudes bonnes aux développements des superstition, mais c'est espérer pouvoir s'entendre avec autrui sur la base d'une expérience qui dépsse les dogmes et les cultes et qui seule peut fonder une communion, quelle que soit la confession ou non-confession dont on se réclame.

01/06/2007

01/06/07 - 00:27

Lutte et différences - autour de la polémique sur la Gay Pride

Ce long post a commencé sa vie comme commentaire sur le blog de Williamsauron. Il a pris une telle extension que je ne l’ai pas posté et m’en fais un article. J’y indique la faiblesse de ma position sur les questions politiques, à l’occasion du (beau) débat sur la GayPride, dont je n’ai par ailleurs quasiment pas suivi les avatars, sinon le le blog de WS. J’y vais plus ou moins d’un jet et sans autres idées préconçues que mes façon habituelles de réagir – je me suis à peine relu, indulgence ! De plus, il y a plein de masculins dans mon texte ; le féminin y est, lorsqu’il s’agit d’individus, sous-entendu – je sais que ça peut être pénible de ne pas se sentir refléter par un texte, mais la pratique d’ajout des « e » alourdit considérablement les textes. L’on m’en excusera – ou pas.

Il n'y a pas de solution - raisonnée, j'entends - à l'ensemble des problèmes liées au choix de l’action et des valeurs d’une minorité en quête d’une place dans un groupe qui la lui refuse ou la lui négocie plus ou moins chèrement. Comme pour tout problème essentiellement politique, les solutions sont toujours négociées, dans un sens large qui peut inclure une certaine mauvaise foi, de la violence, rhétorique ou autre, et parfois aussi de beaux échanges argumentatifs comme on a pu voir entre Matt et Williamsauron - "beaux", entre autre au sens où ils ont permis d'aller jusqu'à la butée des principes, pour l'instant irréconciliables, de l'un et de l'autre.

Les logiques divergentes internes aux minorités sont inévitables dès lors que l’identité minoritaire s’est suffisamment affirmée et que l’action politique est constituée et possède un certain socle. Elles prennent, pour ce que j'en sais, des formes assez invariantes d’une minorité à l’autre dès lors qu'il s'agit d'intégration, droit à la différence, à l'indifférence, au respect, etc. Se posent alors deux problèmes à la minorité : celui, premier, qui fait d’elle une minorité –la stigmatisation, dès lors qu’elle transcende l’identité individuelle pour concerne celle d’un groupe qui se constitue en tant que tel souvent à partir d’elle – et celui, dérivé, des valeurs et des moyens nécessaires pour parvenir au but que la lutte s’assigne, but qu’ils sont nécessairement amener à modifier, préciser, colorer. Résoudre la question homophobe n’a pas la même saveur si l’on prétend le faire en en excluant les folles ou non –comme tout groupe, une minorité produit des marges.

Autant il est vain d’espérer trouver une solution à ces problèmes, autant, au regard de la logique de lutte minoritaire, il est coupable de ne de ne pas s'y lancer. Vain, car ce conflit n'a pas de solution en soi mais dans le jeu de pouvoir qu'il engendre dans la minorité, que, ce faisant, il dynamise - ou dynamite. Et coupable, parce que dès lors que ces problèmes se posent, ils définissent l’un des ressorts essentiels de la lutte et polarisent les acteurs au point qu'une action efficace dans la résolution du problème minoritaire proprement dit passe nécessairement par la prise de position relative au problème intra-minoritaire des valeurs et des moyens. Essentiellement parce que les forces disponibles ne s’agrègent plus qu’en fonction des prises de position. Dynamique des courants qui a dû être étudiée de long en large et en travers et sur laquelle je ne connais pour ainsi dire rien.

Bon ce ne sont que des réflexions générales. Pour le problème plus spécifique qui est celui du débat en cours, je ne prends partie que de façon faible, n’ayant rien d’un militant, ni aucune énergie disponible pour entrer en lutte de façon frontale. Je n'ambitionne que de donner des outils à qui veut bien les utiliser : je crois qu'il y a de la valeur dans les outils. Mon point de vue est intégrationniste jusqu’à la limite d’impossibilité – nazie par exemple, pour marquer où interviendrait la loi de Godwin. A la fois pris dans la reconnaissance des différences - c'est une plaie de ma psyché que ne pas pouvoir m'empêcher de la remarquer - et en quête non d'un plus grand dénominateur commun, mais d'un plus petit commun multiple : comment faire sens non par ce que nous nous reconnaissons de similitude – c'est pas mal mais cela laisse plein de trucs à côté : logique de la tolérance faible – je te tolère, non pas je t'accepte – mais par ce que nous pouvons construire ensemble à partir de ce qui fonde nos différences – évidemment pour ça, il faut que ce commun multiple existe, qu'il y ait un désir de commun minimal de part et d'autre (ce qui revient à dire : qu'il n'y ait pas d'incommensurabilité radicale entre les individus).

Se réclamer de toutes les différences : la suite tourne autour de cela, parce que j’y crois et voudrais montrer ce que je pense que cela implique. Se réclamer de toutes les différences et ne pas intégrer une multiplicité d'approches de résolution des difficultés qu'engendre la différence pose un problème : si le monde est si divers, je vois mal comment la lutte, qui s'adresse elle aussi à des homophobies diverses peut ambitionner n'user de méthode que monolithiques. Bien sûr, on peut rétorquer que l’on se bat contre qui n’accepte pas la diversité, auquel cas, il peut effectivement être pris en bloc comme « ce qui rejette ma diversité ». Argument qui me semble idéaliser l’ennemi au même titre qu’il idéalise le groupe minoritaire en tant qu’il lutte. Si le groupe en lutte tire une partie de son identité de la lutte, donc de ce qui le pousse à la lutte : à savoir la stigmatisation par « le reste du monde », il a besoin du reste du monde comme d’un bloc pour soutenir cette identité de lutte et empêcher sa diversité interne de le faire exploser : l’uniformité de l’ennemi est toujours une image nécessaire à la cohésion du groupe en lutte. Cette uniformité est hautement fantasmatique un image, donc) : c’est celle de l’autre, en tant qu’il soude le groupe contre : structure d’où se dérive celle du bouc émissaire. Je n’arrive ici à rien de bien neuf : tout groupe en lutte reproduit les mécanise s de ce contre quoi il se bat. Mimétisme de l’ennemi. Je ne sais pas si c’est contre-productif. Ce que je sens, c’est que c’est un risque de méconnaissance de l’ennemi, et de leviers plus efficaces pour le vaincre. Ce que je sens, c’est que l’ennemi, et les raisons du stigmate, sont aussi diverses que les identités individuelles et sub-collectives (« folles », « bears », « drags », etc.) des stigmatisés.

On s’est, dans les débats précédents, opposé sur la fierté et l’humilité – d’enseigner à ceux qui ne nous aiment pas que nous sommes aimables, en fait. Je crois essentielle la logique de la fierté. Mais je crois aussi essentielle la logique de l'humilité. Se tenir droit, et expliquer. Prenons un exemple dans les discussion précédentes : cette phrase Un homophobe est un imbécile a donné lieu à quelque débat. Je ne sais pas si un homophobe est un imbécile. Je ne le crois pas. Même si je suis persuadé qu'il y a des imbéciles (mais il faudrait s’entendre sur ce mot, sur ce qu’il véhicule et sur la façon d’en déduire une arme de lutte) chez les homophobes. En revanche « un homophobe est un imbécile » vaut, toutes choses égales d'ailleurs, la même chose dans sa généralisation absolue que « un homosexuel est immature ». Mais le fait est cela dit que toutes choses ne sont pas égales d'ailleurs, et que « un homophobe est un imbécile » est une phrase qui ne peut être mise sur le même plan que « un homosexuel est immature ». Simplement parce que ce qui provient de la minorité s'inscrit souvent dans un dispositif de lutte, pour lequel la colère est nécessaire (je ne dis pas si c'est un mal ou un bien, c'est un autre problème, je dis que ça peut être juste, en ce qui concerne l'action politique). La fierté consiste à valoriser la colère, l’humilité consiste à reconnaître dans la faiblesse imputée à son adversaire celle même que l’on pourrait voir chez soi, à s’en donner la peine.

Que faire de ça ? Une synthèse, une nouvelle unité, en laquelle personne ne reconnaîtrait ses différences et aurait l’impression de s’être perdu soi-même – et donc d’avoir vendu son âme à une cause où il ne se reconnaît plus ? Ou bien un partage des territoires, chacun chez soi, chacun ave ses moyens, solution qui manque l’unité que le groupe peut acquérir dans la lutte ? Je serais tenté de dire plutôt : une force d’invention, qui ne se laisse pas appréhender a priori, un se-tenir-ensemble qui n’anticipe pas sa conclusion, qui ne la voit pas avant de l’avoir atteinte, qui ne l’imagine pas, mais qui l’agit dans le mouvement même de la lutte et la trace dans la lutte, à l’occasion de la lutte, dans son discord même comme une concorde à l’horizon indéterminé de la lutte(*). Bon c’est pas concret. Disons que je ferais des antagonismes internes une façon de pousser la lutte plutôt que d’en éparpiller l’énergie à l’intérieur du groupe. Cela demande que les individus en lutte ne cherchent pas dans l’unité de la lutte une reconnaissance les uns des autres qui passe par celle d’une identité, mais bien d’une différence. Si je lutte, dans le respect des différences, ce ne peut être qu’à l’occasion d’une différence qui ne se laisse pas réduire à une identité culturelle ou sub-culturelle. Dans tous les cas contraires, la lutte se teinte des méthodes de l’homophobe : de la stratégie stigmatisante – c’est cela que l’on peut appeler, au fond, suite à une tradition communiste, « bourgeois ». L’embourgeoisement de la lutte pour les différences, c’est sa façon de stigmatiser les différences en son propre sein, soit : de leur donner une identité dure et sans aménité.

Dit encore autrement : la lutte devient l’occasion de se (trans)former soi-même non seulement au contact de l’ennemi – dans l’identité du groupe en lutte, donc – mais aussi de l’autre en lutte, seul à même de révéler le bourgeois – le vieil homme, dans un autre langage – qui s’oppose à ce que nus accédions au réel sens de la lutte en faveur de toutes les différences. Bien sûr, on peut se sentir fatigué, ou peu à la hauteur de cette tâche-là, qui passe de loin en exigence la seule acquisition de biens sociaux essentiels pour la minorité que l’on représente. En ce cas, si on ne sera jamais, je pense, à la hauteur de l’idéal de la lutte, on peut néanmoins obtenir de grands succès, bien sûr. Mais il ne faudra pas se plaindre de l’embourgeoisement du mouvement. Ou s’étonner d’être devenu celui qu’on finit par nous reprocher – de ne plus être en mesure d’accepter les différences.

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(*) Solution plus ou moins deleuziene, sans doute, pour ceusses que la référence eut intéresser, je ne développe pas ce point

 

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