Quelque certitude
Nous connaissons tous des gens si sûrs d'eux-mêmes, que parler avec eux est difficile ; ils savent, que ceci, et que cela. Ils savent parfois sur vous-même plus et mieux que vous-mêmes. Et ils vous le font savoir. J'ai dû quitter un "ami" pour cela, jadis. Peut-être même suis-je ainsi, pour certains d'entre vous...
Le discours de ceux qui savent possède une affinité avec la voix des morts. Sacs d'os pour qui le doute ne mène jamais ailleurs qu'à la réitération du seul sentiment de certitude qu'ils connaissent déjà si bien.
Mais il en va de la certitude comme de l'amour : la saveur en est multiple. Certitude de tête, que le raisonnement ancre dans l'affect... Certitude de coeur, qui se motive du mouvement des émotions et des sentiments... Certitude des muscles et des viscères, oracles de toute fatigue, et de l'allant... Certitude de l'âme, qui passe tout récit.
Il serait vain de les vouloir réunir sous une seule bannière et croire ainsi se protéger de la labilité du monde derrière l'écran d'une vérité portée par les mots. Dès que les mots sont en jeu, on n'a jamais de certitude que jusqu'aux limites de ce qu'ils sont à même de désigner. Et ils ne désignent facilement que ce que l'expérience commune a bien voulu engrammer dans la trame du langage - vocabulaire, grammaire, usage.
Il est au monde d'autres choses que l'expérience commune. Ces choses sont difficiles à dire. Les bien vivre.
15/01/07 - 00:26
vivre autre chose que la labilité du monde ;P
lllll