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Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mercredi 17 septembre 2008 à 22:58)

17/01/2007

17/01/07 - 11:27

Dialogues - 2

Les mots qu'on adresse à autrui dans l'espace public, plus que dans le poème, doivent s’insérer dans un langage commun, afin que, par exemple, un ensemble de concepts souvent peu communs soit plus facile à saisir.

C'est un exercice difficile, où je n'ai de talent qu'à correctement maîtriser mon sujet - sans quoi je suis rapidement confronté aux bifurcations sans fins des contre-argumentations et n'ai alors pas assez de métier pour en contenir la force dispersive. Le métier en question est celui du rhéteur, voire du sophiste, métier fort utile et des plus périlleux, où l’on a vite fait, à savoir démontrer tout et son contraire, de n’avoir plus rien à défendre, soit encore plus rien envers quoi authentiquement s’engager.

Ici, oui, l'obscurité peut être un handicap - sauf à être assumée dans, par exemple un dispositif : une certaine utilisation des forces du langage dont l'objectif est d'amener ceux à qui l'on s'adresse en un lieu de la pensée qui, pour des raisons diverses, ne peut pas être facilement décrit au vu de l’état du langage, où, s'il l'est, ne peut pas être atteint par le langage.

commentaires

17/01/07 - 21:23

mpourquoi serait-il difficile?
TLM comprendrait (dans un langage commun) Va te faire F.....
par exemple

18/01/07 - 11:00

Un rhéteur maîtrisait la rhétorique. Cela a été très utile dans les 'discours' de certains musiciens (JS BACH par exemple). Mais les Gymnasia allemands de l'époque enseignaient cet art oratoire. Les foules affluaient entendre les grands prêcheurs des 18ème et 19ème siècles.

1. Un discours est une forme de sémantique très utile pour les orateurs et autres Maîtres de conférence qui ne supposent aucun retour verbal à leur émission.

2. De nos jours, il semble que le dialogue est de mise. Pour réussir ceci, non seulement il faudrait être à deux, mais aussi que l'on suive les mêmes règles de l'Art.

3. Justifier les phrases lapidaires est possible. Justifer les bêtises est moins facile si l'on veut être rigoureux.

4. Il n'est pas interdit de mettre en question les déclarations de même les plus grands penseurs qui errent par bêtise ou imprécision.

Exemple pris de "L'ëtre et le Néant" de Jean-Paul Sartre.
Page 1 (déjà!)

"Il s'ensuit, évidemment, que le dualisme de l'être et du paraître ne saurait plus trouver droit de cité en philosophie".

1. le mot "évidemment" est un des 'trucs' de professeurs pour dire que l'élève devrait se sentir idiot s'il ne croit pas ce qui suit. Ceci met immédiatement un barrage de plus entre le prof sur son estrade et l'élève au fond de la classe. La suite devient ainsi incontestable.

2. je dois donc être mauvais élève. Mais je trouve que
- "le dualisme.....philosophie" ne s'ensuit pas du tout du paragraphe précédent. ce paragraphe lui-même commence par un autre 'truc':
-"il est certain" donc encore incontestable "qu'on s'est débarrassé en premier lieu de ce dualisme qui oppose dans l'existant l'intérieur à l'extérieur."

Ecrit en 1943, il prend comme exemple dans le même paragraphe "le courant électrique n'a pas d'envers secret". Par contre il ne parle pas des mystères connus bien que partiellement résolus à l'époque :
- les électrons bougent dans un sens inverse au courant
- la position d'un électron ne peut pas être déterminée avec certitude
- un flux d'énergie peut être considéré d'avoir une nature double (continue ou par paquets qui se succèdent) etc.

J'écris ceci pas du tout pour critiquer les conclusions de ce grand écrivain, ni son système de pensée, ni son 'invention' de l'Existentielisme. Simplement pour indiquer que trop souvent nous lisons et nous écrivons de façon pas trop rigoureuse.

18/01/07 - 12:41

Je ne réponds pas à ton premier, qui ignore tout des attendus de mon premier paragraphe - attendus de clarté du discours adressé à autrui, pour lequel "f... you" n'est pas un énoncé recevable.

Je suis volontiers par contre les quatre premiers points de ton second.

Je ne suis pas vraiment ta lecture de Sartre. D'une part pare qu'il n'existe pas une seule rigueur en philosophie. Et bien malin celui qui pourrait définir rigoureusement la rigueur :o)

D'autre part parce que Sarte part d'emblée sur la connaissance qu'il supose son lecteur avoir de l'évolution contemporaine de la philosophie dans son versant phénoménologique (Husserl, Hedegger), ce qui est explicité dans les pages suivantes.

Enfin il me semble que le dualisme que tu épingles s'ensuit bien du pragraphe précédent, ce point étant développé dans les lignes qui suivent. Le point de Sartre est : il n'y a pas d'arrière monde qui puisse expliquer la manifestation, mais la manifestation ne renvoie qu'à la manifestation (par manifestation, on entend : ce qui se fait observable d'une façon ou d'une autre). Il récupère ce point de la tradition dans laquelle il s'inscrit. Cette inscription est rendue par son "il est certain" : voilà, dit-il, d'où je pars et ce que je ne saurais remettre en cause. Son but n'est donc pas de critiquer ce que cette tradition a pu avancer sur le point de la différence intérieur/extérieur, mais de prendre appui dessus pour aller vers autre chose.

A partir du moment où ce qui se manifeste n'est pas sous-tendu par une réalité "intérieure" plus profonde, dont la manifestation ne serait que la peau superficielle, apparente, "extérieure", alors il me semble aller de soit que la différence de l'être et de l'apparaître elle aussi s'évanouit.

C'est en ce sens qu'il faut entendre l'exemple sur le flux d'électrons : l'envers secret évoqué n'est pas un mystère scientifique qui resterait à résoudre, mais serait une hypothétique "nature/être/réalité de l'électron". Sa position est grosso modo bachelardene : il n'y a que des expériences, que des manifestations, la chose sous-jacente que nous appellerions "électron" n'est qu'une construction de notre esprit et en ce sens une manifestation de notre capacité conceptuelle. Mais l'enjeu de Sartre n'est pas scientifique mais métaphysique - ou d'ontologie fondamentale : qu'est-ce que l'être ?

On peut ne pas être d'accord avec cette approche, mas ce n'est pas en en critiquant la riguer qu'on arrivera à la démonté. Mais bien en en épinglant les thèses implicites, relative sà la trsdition - et à l'interprétation de cette tardition - que l'auteu entend continuer et amender.

Sinon, je suis assez d'accord pour épingler comme tu le fais certains mots de iaisons comme "il est certains", "évidement", etc. lorsqu'ils servent à cacher une faiblesse de raisonnement. Mais je ne crois pas que ce soit le cas dans mes extraits que tu cites - et d'autant moins qu'ils se situent dans une introduction : bien des introductions en philo relèvent d'un tour de force, où l'on énonce des choses souvent terribles, qui ne trouvent leur justification que dans la suite de l'ouvrage.

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