"je"
Lorsque se déserre l'étau de ce qui en moi fait je, ça fait un bien fou.
L'étonnant, c'est que je n'existe pas plus, disons, qu'un nuage, ni plus ni moins de consistance. Et là, j'avoue, je voudrais ne désirer que l'azur, et le vent - là où trop souvent je rêve encore de l'ombre des tempêtes.
"je", pour dissiper une équivoque, ce n'est pas l'identité, c'est la croyance que nous nous y réduisons - c'est l'engagement dans l'identité : "je" veux, "je" crois, "je" déteste, etc. Avec tout ce qui va de négation - "je", c'est aussi un grand "non !" adressé aux choses : "je" ne suis pas vous, "je" refuse, "je" récuse. Nuées, nuées, nuées ! Réflexes de survie - pour l'individu, pour l'espèce.
Surtout, ne pas trop penser. Surtout.
24/01/07 - 20:20
En japonnais, il existe plusieurs façons de dire je. Selon le moment, la situation, le code et le respect à montrer à son interlocuteur, l´individu va devoir employer un terme précis.
Nous, européens, en entendant cela nous hurlons à la depersonnalisation.
Mais ton je, c´est mon tu. Et ton tu, c´est je.
Mais si toi et moi sont partis d´un même tout, alors ton "je" est aussi le mieux. Et le "tu" que "tu me dis être, n´est autre que "je".
Pardon, je n´ai pu m´empêcher de ne pas penser. Comme respirer...
i-d