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Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mardi 5 août 2008 à 02:50)

31/03/2007

31/03/07 - 18:28

Dans le silence

Homme : rien, ren, rien, sous le soleil pétrifié d'orgueil.

Le croirez-vous ? Ce monde, ce monde, là, déhanché et lascif, ce monde de cendre et de politique, ce monde à goût de sexe et d'identités rances, ce monde à perte de savoirs, corruscant d'insolente absurdité, ce monde si plein de joyeuse suffisance, ce monde-là, par nous volé au partage que nous croyons en faire, ce petit, tout petit, blème et gentiment frisquet monde-là : rien, ren, rien, sous le soleil d'orgueil.

Le voudrez-vous entendre ? L'immensité pleine de la vibration qui nous est dérobée dès l'enfance dans la lave des on-dits, oh ! la perte de ce qui fit de nous des dieux dans l'impuissance sainte, oh blessure, oh cicatrice, que nous portons en sourires convenus sur visages convenus, oh la peine, la peine remisée chaque jour, et la sanie que nul pansement n'absorbe sur ce qui reste de coeur ! nos amours, nos idéaux, nos implorations vers ce que nous croyons du bonheur, nos rages haineuses et froides et la horde de nos velléités, la geste pagailleuse de nos projets - et toujours le hochet froid du savoir - : rien, ren, rien solaire sous l'orgueil.

Et moi, qui m'évertue, qui m'étrenne chaque jour un sentiment nouveau où s'emmèle mon, oui, mon âme, moi qui croise en bord de chenal dans l'appel et la hantise de l'échouage, moi qui ne sait, ou moins, ou presque plus, et qui sent, toujours plus vive, la plaie, le tartre vivant dans la plaie, et les vers en semis, les vers qui ont donné fruits déjà, arbres à vers dans la plaie, ouverts au médian du coeur, et moi, oh ! les larmes toujours et de joie, et de rire, d'immémoriale et lente tristesse accumulée au-dessus des anciennes cathédrales de douleurs, et moi : rien ren rien dans l'orgueil.

Oh ! pénitent ! Le soleil !

commentaires

31/03/07 - 19:02

Ca devait arriver, tu deviens prophète...;-)

02/04/07 - 11:48

Oui, mais quelle prophétie!

02/04/07 - 19:15

(pas prophète, pénitent)

02/04/07 - 19:41

Lorsque je viens ici, toujours de l’entendement et de la musicalité intimement mêlés, ce que j’aimais dans un certains auteurs de théâtre, ou philosophes plus rares.

03/04/07 - 08:49

Vous aurez remplacé dans un par chez, je devais être troublé :o)
C’est vrai, je verrais très bien ce texte, dit, incarné, éprouvé par une chair et une âme, il véhicule un sentiment tragique et vivant.

03/04/07 - 10:43

Devrait-on faire pénitance quand on n'a pas fauté?

Porter le monde et ses misères sur ses épaules est la tâche d'Atlas. Décharge-toi à lui, Kliban.

N'as-tu jamais songé de devenir un Aeriel?

04/04/07 - 10:52

Aaaah, jsc, on ne eput devenir ce qu'on n'est pas et ma matière est celle de l'eau, inquiète et fuyante tant qu'elle n'a pas trouvé la plénitude de l'Océan, fût-il en surface agité de tempête. Je ne me vois guère en Ariel, pour le moment.

Je ne porte pas le monde sr mes épaules come chose externe, mais je porte "mon" monde, et c'est cela qui est mourd et dont j'ai le plus grand mal à me décharger - parce que "mon" monde, c'est aussi "moi" et se décharger de soi, c'est une tâche bien difficile.

Maintenant qui peut dire lequel d'entre nous a ou n'a pas fauté ? L'état de pénitent n'est pas le résultat d'un décret externe, mais d'un sentiment interne. Stricto sensu, il n'y a pas de faute. Mais je ne connais personne parmi nous qui vive stricto sensu. La faute vient de notre croyance en la possibilité d'une faute, notre sensation d'une faute, d'une coupure d'avec ce qui est simple. L'état de pénitent ne vise qu'à sortir de cet état. Etre pénitent, c'est plutôt léger, d'ailleurs, et porte en soi grandes vertus d'appaisement et d'humilité - c'est léger, l'humilité, un état où on n'a pas grand chose à prouver.

Voila voila voila.

(merci, ruedesssonges, c'est gentil !)

(c'est gentil aussi, jsc)

05/04/07 - 17:15

un grog et au lit !

05/04/07 - 20:34

Tu viens me border ?
Oh, dis !!?

01/05/07 - 14:20

Quelle beauté d'écriture. Quel sens d'une vérité profondement rassentie. Je ne dis pas vécue.

Comment faire vivre son âme? Sûrement pas en considérant les bas modes de fonctionnement sur la terre, la vie quotidienne. Il faudra trouver une autre dimension, un autre espace pour libérer son âme, trop souvent ratrappée, piègée dans notre corps et par notre esprit.

Flotte, âme divine, vole et envole vers des territoires encore inconnus pour revenir en nous, nous enrichir, nous chauffer pour mieux faire fonctionner ses maudits corps et esprits.

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