Dans le silence
Homme : rien, ren, rien, sous le soleil pétrifié d'orgueil.
Le croirez-vous ? Ce monde, ce monde, là, déhanché et lascif, ce monde de cendre et de politique, ce monde à goût de sexe et d'identités rances, ce monde à perte de savoirs, corruscant d'insolente absurdité, ce monde si plein de joyeuse suffisance, ce monde-là, par nous volé au partage que nous croyons en faire, ce petit, tout petit, blème et gentiment frisquet monde-là : rien, ren, rien, sous le soleil d'orgueil.
Le voudrez-vous entendre ? L'immensité pleine de la vibration qui nous est dérobée dès l'enfance dans la lave des on-dits, oh ! la perte de ce qui fit de nous des dieux dans l'impuissance sainte, oh blessure, oh cicatrice, que nous portons en sourires convenus sur visages convenus, oh la peine, la peine remisée chaque jour, et la sanie que nul pansement n'absorbe sur ce qui reste de coeur ! nos amours, nos idéaux, nos implorations vers ce que nous croyons du bonheur, nos rages haineuses et froides et la horde de nos velléités, la geste pagailleuse de nos projets - et toujours le hochet froid du savoir - : rien, ren, rien solaire sous l'orgueil.
Et moi, qui m'évertue, qui m'étrenne chaque jour un sentiment nouveau où s'emmèle mon, oui, mon âme, moi qui croise en bord de chenal dans l'appel et la hantise de l'échouage, moi qui ne sait, ou moins, ou presque plus, et qui sent, toujours plus vive, la plaie, le tartre vivant dans la plaie, et les vers en semis, les vers qui ont donné fruits déjà, arbres à vers dans la plaie, ouverts au médian du coeur, et moi, oh ! les larmes toujours et de joie, et de rire, d'immémoriale et lente tristesse accumulée au-dessus des anciennes cathédrales de douleurs, et moi : rien ren rien dans l'orgueil.
Oh ! pénitent ! Le soleil !
31/03/07 - 19:02
Ca devait arriver, tu deviens prophète...;-)
lllll