Interprétation de NS (2)
Le propos de NS me semble témoigner d'une peur viscérale de ce qui pourrait rendre la moindre raison de ce qu'il faut bien nommer à sa place - lui ne le fait jamais ! - le mal. Comme si le travail de l'historien ou du psychologue devait buter, aux extrêmes de la nature humaine, sur quelque chose qu'il ne saurait plus, ne pourrait pus, ne devrait (!!) plus pouvoir comprendre, une forme de solution de continuité (de rupture) dans la chaîne des raisons explicatives. Et cela : c'est le mal, qui passe tout entendement, et, dès lors, dont les tentatives d'explications ne peuvent paraître que suspecte à ceux qui ont cette sensibilité à sa reconnaissance en tant que tel ; le mal : ce qui horrifie au point qu'il ne faut même pas, surtout pas, chercher à comprendre. Je glose, bien sûr, mais pas si largement que ça.
Onfray essaie bien de rectifier : expliquer n'est pas justifier. Mais on sent bien que pour NS, donner des raisons au mal, c'est déjà le justifier. A preuve l'utilisation théologiquement marquée de mystère - mot usuellement employé pour certains épisodes de la vie du Christ, mais que l'on rencontre encore pour rendre compte de l'inexplicable présence de la méchanceté, de la douleur, de la souffrance dans un monde créé par un Dieu bon.
S'il ne s'agit plus de comprendre, il convient néanmoins de combattre et mettre en ordre : éliminer ce mal, ou plutôt : cette méchanceté - le mauvais dans l'homme - que l'on a identifié comme tel. Non pas rendre raison, mais réduire, tenir à l'écart, se protéger et protéger les autres :
Je veux les protéger contre la violence, contre la délinquance, mais aussi contre la concurrence déloyale et les délocalisations, contre la dégradation de leurs conditions de travail, contre l’exclusion.
NS - déclaration citée.
On est ici aux antipodes de ces acquis de la tradition occidentale depuis l'époque Moderne (XVIè, XVIIè sicèle, avant les Lumières, en fait, qui n'en sont que l'idéologisation quelque peu massive), et en parfaite opposition avec les tendances des sciences humaines au XXè siècle. En consonance par contre avec les courants très profondément anti-modernes aux EU d'Amérique.
24/04/07 - 11:17
Le vrai Sarkozy : ce que les grands médias n'osent pas ou ne veulent pas dévoiler.
Un dossier de Marianne, mis à disposition en ligne, vous pouvez le télécharger là : http://
Pas de politique, pas de philo : juste des faits.
furyo