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Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

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(mis à jour mercredi 17 septembre 2008 à 22:58)

24/04/2007

24/04/07 - 00:21

Interprétation de NS (4)

In fine, son attitude quasi-religieuse à l'égard de la nature humaine motive les jugements de NS en matière de moralité publique. Et cela seul est bien plus effrayant que sa profession de foi innéiste – qui n’en est à mon sens que la conséquence.

C'est à la lumière de cela qu'on peut interpréter cette autre citation [faite en début du post de PacoRabanne] :

Que l'être humain peut être dangereux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers.

NS, Philosophie Magazine, op. cit., p.34b.


Il y a là peut-être un geste politique vers certaine droite ou gauche inquiète de sa sécurité. Mais je crois, essentiellement, que cette réplique témoigne d'une croyance de NS qui se fonde sur ce qu'il a déjà éprouvé en lui-même. Interprétation psychologisante qui ne vaut pas grand chose, guère plus qu'un des éléments d'un faisceau de présomption. Cette dangerosité de l'homme méchant, dangerosité que seule la civilisation peut canaliser - on nage dans les thèses darwinienne du XIXè, donc parfois américaines du XXIè siècle, aussi - ce serait en lui que NS l'aurait d'abord rencontrée, ou contre lui, peut-être encore.

A relire la stratégie Ender, d'O.S. Card, NS me rappellequelque chose de Peter, le terrifiant frère d'Ender, dont seule l'accession au pouvoir politique suprême fera un authentique démocrate. Suffisamment lucide, il se trouve dans la politique un dérivatif à son inquiétant sadisme, soit : de son désir de domination.

Donner la Présidence à NS pour l'empêcher de devenir un serial killer, ou pire ? une graine de Dictateur ? lol, on nage ici bien sûr dans le grotesque, et il ne faut voir dans ces dernières lignes qu’un portrait à la limite d’un personnage réduit à un seul de ses traits : une allégorie de nos propres peurs, croquemitaine que certains parmi nous – et moi, à l’occasion – nous amusons à convoquer pour jouer avec nos propres peurs.

Il n’empêche… "chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers." Petite phrase dont on fait les saints et les monstres. Dualisme qui n'aurait pas d'incidence réelle sur le jugement qu'on peut porter sur l'homme politique – et sur celui-là seul – n'était qu'il a valeur de fondation d'une grande partie de son action politique, ancré qu'il semble se trouver dans une croyance profonde en ce qu'est l'homme. Croyance plutôt inquiétante, comme à chaque fois que le pouvoir s'encombre de grandes convictions sur la nature humaine. L'innéisme n'est ici qu'un peu d’obsidienne. Ne la confondons pas avec le volcan d'où elle a pu jaillir. On peut certes vivre à côté d’un volcan. Il convient cependant d’être vigilant.

commentaires

24/04/07 - 11:17

Le vrai Sarkozy : ce que les grands médias n'osent pas ou ne veulent pas dévoiler.

Un dossier de Marianne, mis à disposition en ligne, vous pouvez le télécharger là : http://

Pas de politique, pas de philo : juste des faits.

24/04/07 - 17:56

Loin de moi l'idée de défendre NS dont le discours me semble odieux, quoique pour d'autres raisons, mais il me semble tiré par les cheveux de lui faire procès d'obscurantisme pour cette phrase
"Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers."

Je ne conteste pas ton raisonnement selon lequel il pourrait y avoir un relent judéo-chrétien là-dedans (encore que...).
Mais d'où tires-tu que cette affirmation fonde son action politique ? J'avais plutôt l'impression que son action politique se fonde au contraire sur la croyance que certains sont bons et d'autres non, par rapport à quoi l'idée que le bien et le mal se trouve au sein de chacun serait me semble t-il un progrès.

25/04/07 - 00:28

Je résume :

1. NS refuse que l'on cherche des raisons au mal (viol de fillette, nazis au poiuvoir via la démocratie) - et c'est bien cela qui me choque, pas la phrase que tu cites, qui ne vient que s'insérer dans un réseau d'autres.

2. C'est ce refus qui me fait dire qu'il y a quelque chose de religieux dans son attitude _du moment_, dans les images qu'il mobilise dans ses discours. Noter que je n'accuserais pas NS d'obscurantisme - j'ai peu d'affection pour ce mot, qui relèe d'un obscurantisme de la raison elle-même. Je ne fais que craindre les conséquences d'une attitude crypto-religieuse dans un discours politique sur le mal - plus justement, sur la malignité dans les hommes.

3. Le dualisme inscrit dans la phrase que tu cites ne peut à mon sens se comprendre que réiséré dans le parcours - rapide, je reconnais, oui :o) - qui révèle l'utilisation de motifs religieux dans le discours de NS. Dualisme religieux (le mal n'est pas à comprendre) et non conceptuel (il y a du bien et du mal, c'est un fait don la raison peut rendre compte).

4. Que cela (cette croyance) fonde son action politique est une inférence des croyances que NS révèle dans ses interviews à certains de ses gestes politiques, ceux ayant trait, notamment à la détection précoce de la délinquance - sur ce point, la question qui semble ne jamais être posée est : si la part de l'inné est aussi importante, que va-t-on faire de ceux qu'on a détecté, et qu'on ne pourra que très difficilement rééduquer, puisque l'acquis semble compter pour peu...

5. L'important n'est pas que le mal soit dans les individus plutôt que dans une entité transcendante comme le Diable. L'important ici est que la méchanceté des individus soit fondamentale, ssentielle : ce qui est une autre forme de transcendance - de chose qui surplombe les individus come un destin, si tu veux.

6. Bien sûr, je grossis certains traits pour mieux faire entendre les résonnances. Encore une fois, ceci n'est qu'un portarit mensonger de NS. Mais tracé à partir de ce qu'il a bien voulu nous dire de lui.

25/04/07 - 00:59

(furyo : je connaissais des extraits de cet article avant d'écrire le mien. Les deux s'entre-répondent, ils sont de la même veine : pas d'idées politiques, une analyse de ce qui a été dit, et fait, pour dresser un portrait, et l'indication d'un danger potentiel quant à ce qu'on peut attendre de l'action d'un tel homme dans notre démocratie. NS égotique et NS utilisant une rhétrique christique : nous disons bien la même chose, moi de façon sans doute plus anecdotique et conjoncturelle - christique aujourd'hui, néofranquiste demain, etc.)

25/04/07 - 11:53

Kliban, ce que tu analyses est d'autant plus pertinent et interessant qu'il a quand même commis un ouvrage hallucinant:La République, les religions, l'espérance
http://épublique-religions-lespérance-Nicolas-Sarkozy/dp/2204072834
avec deux co-auteurs assez invraisemblables:
voir l'anti lobby-gay: Le Mariage Gay : Les Enjeux d'une revendication par Thibaud Collin
Les Pieds sur terre et la Tête dans le ciel : Spiritualité du scoutisme
de Philippe Verdin
Voir par exemple:
L'avis de Philippe Verdin sur Le Mariage gay
© Libertepolitique.com

DU MARIAGE AU BORDEL :
l'offensive idéologique et politique du "mariage" gayhttp://

bon je amène à un sujet homo, mais ces co-auteurs typiquement traditionalistes ont commencé!!!

25/04/07 - 12:07

*ramène

25/04/07 - 12:48

Bon je comprends mieux, Sarkosy ne cherche pas à comprendre le mal, juste à le combattre. Ce qui implique donc de ne pas chercher à améliorer les modalités pour combattre ce mal (ça reviendrait à le comprendre).
Est-ce que je me trompe si je dit que son jugement moral sur une situation précède, tronque, voire prévient son analyse de cette situation ?
Mais est-ce que ce type de fonctionnement mental n'est pas ce qui caractérise les conservateurs ?

25/04/07 - 17:24

Ca rejoins bien ce que je pense. Par ailleurs, on peut être conservateur et analyser une situation - il y a des penseurs de droite ! Le tout est alors de ramener les critères d'analyse à des principes qui prévalaient avant, à l'âge où les choses étaient mieux. Donc l'attitude de NS ne caractérise que certains types de conservateurs - de droite ou de gauche - ceux qui jugent leurs valeurs plus imporantes qu'un questionnement sur leurs valeurs. Et c'est aussi le mode d'action des pensées totalitaires - primat du sentiment sur la pensée, très marqué dans l'extrême droite allemande sous Weimar, si j'en crois les rares trucs que j'ai lus là-dessus.

25/04/07 - 23:06

(lllll, je suis en train de lire le livre de Sarko (La République, les religions, l'espérance) que tu citais dans ton précedent. A la fin du premier chapitre (66/200 p), je ne trouve rien d'hallucinant, bien au contraire, d'ailleurs. C'est peut-être un bouquin de circonstance, mais, si on le prend au pied de la lettre, il y est dit un paquet de trucs que je trouve intéressant - dans la mesure où ma conception de la laïcité n'a _jamais_ été celle d'un militantisme quasi-religieux en faveur de la mise à l'écart des religions.

Certes, je ne partage pas la définition que NS donne de certains termes - spiritualité, espérance - je en partage pas son inquiétude quant à la la vie après la mort, etc. mais je partage la vision d'une société réconciliée avec ses religions, dans la mesure où les grands principes républicains de base sont respectés. Toute autre attitude me semble d'ailleurs ocntradictoire avec un républicanisme pacifié. Mais je ne voterai pas NS pour autant.

Je poursuis ma lecture. Dirai si choses moins sympathiques par la suite.)

26/04/07 - 09:47

Loin de moi de défendre des opinions excessives des politiques, surtout celles qui offensent.

1. Il me semble que NS n'a pas attribué EXCLUSIVEMENT aux gènes la capacité d'influer sur le comportement.
2. Le sociologue Skinner et ses successeurs sont mieux placés que NS ou moi-même pour le dire, mais on commence à savoir quelle part de l'inné et quelle part de l'éducation influent le plus sur UN comportement.
3. "Immense". Pour certaines tribus le chiffre 11 est immense car il excède le nombre de doigts. Pour nous qu'est-ce que signifie ce mot? 1 000? 1 000 000? 1 000 000 000? (En 1983 le gouvernement parlait de dépenser des millions de Francs sur un projet. Aujourd'hui, il dépense des milliards d'euros avec la même aise....théorie de rélativité JSC lol). Est-il possible de dire que la part de l'inné soit immense mais que la part de l'éducation soit encore plus immense pour certains comportements?
4. Je n'arrive pas comprendre après trois ans ce qui est une attitude gay! Alors une attitude religieuse me serait presqu'à porter de main, puisque les religions s'appuient sur des préceptes compréhensibles. Une attitude "quasi religieuse" demande un peu d'approffondissement pour me la rendre plus compréhensible STP kliban.
5. Où est-ce que nous pouvons lire que "NS refuse que l'on cherche des raisons au mal"?
6. Déjà "combattre le mal" est une excellente idée, non?

Mais puisque les politiques ont tendence à dire tout et son contraire afin d'être élus....

26/04/07 - 21:33

1. et 3. non, je n'ai en effet pas prétendu le contraire. Il a laissé entendre une influence immense de l'hérédité en matière notamment de suicide, et n'a pas choisi de préciser que l'environnement pouvait aussi avoir une infuence immense.

2. En fait le paradigme contemporain en matière d'influence de X ou Y semble s'orienter vers l'épigénèse : la modification réversible du génôme du fait de l'environnement, via des processus chimiques complexes. Donc ni inné, ni réellement acquis - au sens d'une habitude -, ni entre les deux, mais une conjonction du génome, de l'environnement comme créateur d'habitude, _et_ modulateur des gènes eux-mêmes. Paradigme qui se dessine dans l'étiologie de certaines maladie, à partir de l'étude des paires de jumeaux homozygotes. C'est tout le peu que j'en sais.

4. Une attitude religieuse se définirait à partir de certaines pratiques - prières, réserve, engagement - et/ou croyances, réactions, etc. Une attitude quasi religieuse, c'est pareil, sauf que c'est moins franc : moins de traits présents, pour dire "c'est religieux". Chez NS, j'ai essayé de mettre ces traits en évidence dans mes posts.

5. Il me semblait avoir donné suffisamment de citations !! "Mieux vaut admettre qu'il y a là une part de mystère irréductible plutôt que de chercher des causes ocasionnelles."
Mais si tu en veux une autre : "je me méfie de cette attitude qui consiste à rechercher pour tout acte, _aussi mauvais soit-il_ [je souligne], des explications pour le justifier." Pour NS, chercher des raison au mal - aux actes mauvais, à la méchanceté dans l'homme, c'est déjà le justifier. Onfaray ne parvient pas à le faire dévier de là - et c'est à partir de ces deux bouts de dialogue qu'on passe à la question de l'innéisme.

6. Excellente oui. D'ailleurs, il faut le faire dès la maternelle.

Combattre le mal est le pire des mots de ralliement politique. On combat quelque chose dont on connait les causes. Sinon on n'est jamais sûr que le combat ne renforce pas cela même que l'on combat !

26/04/07 - 21:56

1&3 l'article posté par pacorabane est ma source. Les avocats sont très habiles pour 'laisser entendre'. Parfois on a condamné les innocents à mort à cause de cela.
2&4. Merci.
5. > suffisamment de citations
il paraît que non, car je ne trouve pas cette hypothèse dans les citations!
6. Tout à fait d'acc.

Cetes il est mieux que le docteur traite les causes plutôt que les symptomes.

26/04/07 - 22:24

5. Tu coupes à ton habitude les cheveux en 4, et refuse de proposer des solutions alternatives - d'autres façons d'interpréter ce que que tu lis et qui feraient sens. Je le ferai donc à ta place...

NS ne dit pas qu'il interdira que l'on cherche les raisons du mal. Mais que pour sa part, il se refuse à le faire, et se méfie même de toute tentative d'autrui en ce sens. Expliquer, c'est déjà justifier.



Tu me diras : l'innéisme sur lequel il s'appuie est bien une explication. Oui. Et non. Car qu'est-ce qui est la cause de telle ou telle hérédité ? NS n'en pipe mot. L'hérédité, c'est comme DIeu quand on n'arrive plus à trouver d'explication rationnelle. Et cette explication pourrait bien plaire à NS parce qu'en fait elle revient à supposer simplement que l'on naît comme ça. Et si elle ne justifie en fait rien des comportements mauvais, c'est qu'il croit aussi à la liberté, aux choix que l'on fait. On naît comme ça, mais on est libre de faire ci ou ça. En quoi l'innéisme n'est pas une contrainte de notre "liberté" est une question qui ne trouve pas de réponse en ses propos. Les chrétiens connaissent portnt bien ce dispositif : tu naît come Dieu t'a fait, et le Diable corromu, soit : libre mais avec parfois des tendances mauvaises, mais a liberté peut te permettre de t'en garder. C'est un vieux schéma qui colle bien avec ce que ND dit mais que je ne lui attribuerais pas tel que, il faurait l'interroger.

Bien sûr, tout ça ce sont des gloses et des interprétations.

27/04/07 - 09:57

NS est très complexe:
il a des convictions personnelles,
il est bête politique,
il serait de la nouvelle génération de leaders mondiaux.
Qui peut prétendre à le connaître? Savoir ce qui pense vraiment? Savoir ce qui ferait, une fois au pouvoir?

(Mais je dirais ça pour n'importe que candidat!)

En toute (et rare) humilité, je dis "pas moi".

> qu'est-ce qui est la cause de telle ou telle hérédité ?
Je crois avoir suggéré qu'il fallait mieux particulariser ce genre d'analyse. On est donc d'acc. sur ce point.

Pourquoi parles-tu de "liberté"? Libre à faire quoi? Faire un choix? Parmi quelles offres?
Le mot que je trouverais plus à propos, surtout en parlant éthique chrétienne est probablement "conscience". C'est elle qui nous rend capable de distinguer le Bien et le Mal, même les non croyants. N'est-on pas né avec?
La liberté est donc gouverné par la conscience. Mais qui tient la barre?

Merci d'avoir interprété NS, de m'avoir interpété, d'avoir répondu à ma place ("tu me diras"). Maintenant, il ne te reste que te répondre toi-même sur le
> il faurait l'interroger
;O)

27/04/07 - 20:01

Je dis "liberté" parce que NS dit "liberté". Liberté est un mot la plupart du temps vide, pour ce qui me concerne, à quelques dramatiques exceptions - politiques le plus souvent, lorsqu'on attente pour de bon à la liberté. Ce n'est pas moi qui parle de liberté, mais lui. Je suggère que tu lises l'article de Philosophie Magazine - que je tiens à ta disposition - avant d'aller plus avant dans ton interprétation de mon interprétation - je ne cite pas mes sources pour rien :o) mais bien pour que mes lecteurs puissent se faire ue idée par eux-mêmes.

Et je serais ravi que tu puisses aller porter mes questions à NS - je n'ai pas les couilles pour ça ;o)

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