Interprétation de NS (4)
In fine, son attitude quasi-religieuse à l'égard de la nature humaine motive les jugements de NS en matière de moralité publique. Et cela seul est bien plus effrayant que sa profession de foi innéiste – qui n’en est à mon sens que la conséquence.
C'est à la lumière de cela qu'on peut interpréter cette autre citation [faite en début du post de PacoRabanne] :
Que l'être humain peut être dangereux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers.
NS, Philosophie Magazine, op. cit., p.34b.
Il y a là peut-être un geste politique vers certaine droite ou gauche inquiète de sa sécurité. Mais je crois, essentiellement, que cette réplique témoigne d'une croyance de NS qui se fonde sur ce qu'il a déjà éprouvé en lui-même. Interprétation psychologisante qui ne vaut pas grand chose, guère plus qu'un des éléments d'un faisceau de présomption. Cette dangerosité de l'homme méchant, dangerosité que seule la civilisation peut canaliser - on nage dans les thèses darwinienne du XIXè, donc parfois américaines du XXIè siècle, aussi - ce serait en lui que NS l'aurait d'abord rencontrée, ou contre lui, peut-être encore.
A relire la stratégie Ender, d'O.S. Card, NS me rappellequelque chose de Peter, le terrifiant frère d'Ender, dont seule l'accession au pouvoir politique suprême fera un authentique démocrate. Suffisamment lucide, il se trouve dans la politique un dérivatif à son inquiétant sadisme, soit : de son désir de domination.
Donner la Présidence à NS pour l'empêcher de devenir un serial killer, ou pire ? une graine de Dictateur ? lol, on nage ici bien sûr dans le grotesque, et il ne faut voir dans ces dernières lignes qu’un portrait à la limite d’un personnage réduit à un seul de ses traits : une allégorie de nos propres peurs, croquemitaine que certains parmi nous – et moi, à l’occasion – nous amusons à convoquer pour jouer avec nos propres peurs.
Il n’empêche… "chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers." Petite phrase dont on fait les saints et les monstres. Dualisme qui n'aurait pas d'incidence réelle sur le jugement qu'on peut porter sur l'homme politique – et sur celui-là seul – n'était qu'il a valeur de fondation d'une grande partie de son action politique, ancré qu'il semble se trouver dans une croyance profonde en ce qu'est l'homme. Croyance plutôt inquiétante, comme à chaque fois que le pouvoir s'encombre de grandes convictions sur la nature humaine. L'innéisme n'est ici qu'un peu d’obsidienne. Ne la confondons pas avec le volcan d'où elle a pu jaillir. On peut certes vivre à côté d’un volcan. Il convient cependant d’être vigilant.
24/04/07 - 11:17
Le vrai Sarkozy : ce que les grands médias n'osent pas ou ne veulent pas dévoiler.
Un dossier de Marianne, mis à disposition en ligne, vous pouvez le télécharger là : http://
Pas de politique, pas de philo : juste des faits.
furyo