Lecture de NS
Pas de politique dans ce post. Si vous en attendez, n'allez pas plus loin. Juste un mise au point sur mes précédents articles et certains arguments idiots qu'on fait peser un tout petit peu trop lourd dans la balance du débat, je trouve - ils y ont néanmoins leur place. Un authentique démocrate ne trouvera rien que de très banal dans les lignes ci-dessous.
Je viens de terminer (merci lllll) le bouquin de NS sur les rapports des religions et de l'Etat. Je n'y vois rien de monstrueux. Un certains nombre d'idées que je trouve même plutôt intéressantes - conséquences de la conception d'une laïcité qui ne se construit plus comme arme de guerre contre les Eglises, mais comme outil de paix entre elles, les non-croyants, les autrement croyants, etc., chacun à égalité. Je crois à la fécondité du dialogue avec les religieux, pour peu que les règles du jeu républicain soient respectées. Et en ce sens, NS ne cesse d'en réaffirmer le primat.
Il y a également des idées au sujet desquelles je suis plus réservé : les subvention de l'Etat aux cultes demandent précautions, a minima -, et des orientations que je trouve sommaires - la notion de "grande" religion, l'incompréhension du bouddhisme (dont l'image de l'homme est trop éloigné des grandes religions d'origine sémitiques), une définition sommaire et lénifiante de "spiritualité" dans un sens qui rejoint vaguement celui de "croyance", l'espérance conçue comme simple espoir de quelque chose après la mort, etc.)
Mais rien qui me choque, dans la logique du débat républicain. J'irais plus loin : la vertu des opinions exprimées permet au moins de poser les termes d'un débat, de se reposer quelques questions afin de vérifier si tiennent toujours les conclusions issus de combats passés. Je crois que cela est essentiel au fonctionnement d'une démocratie, régime politique dont la force tient en cette faiblesse qu'il doit en permanence à s'assurer de lui-même.
Je suis très sceptique à l'égard de la curée ad hominem du moment contre NS - je ne trouve par exemple pas beaucoup de faits dans l'article de Mariane, ou en tout cas de mesure dans la présentation des faits, et je ne suis pas en mesure de déterminer s'il est toujours objectif ou non : je le retiens comme une pièce du dossier, à recouper avec d'autres, à un moment où tout recoupement est idéologiquement orienté... De toute façon, je ne vote pas pour ou contre un individu - sauf cas exceptionnel.
A cela, mes précédents posts ont sans doute participé, et dans cette mesure, je n'en suis pas très fier. Non que je ne maintienne mes analyses - il y a du christique dans ses façons d'être, elles sont une de ses facettes, que je n'avais pas détectée avant le grand stress que doit représenter une période d'élection présidentielle. Certes, le bonhomme est un volcan - mais que dire de son adversaire ? Cela ne signifie en rien qu'il soit fondamentalement dangereux - soit : antirépublicain (il ne l'est pas) ou anti-démocratique (pas plus). Le reste est de la politique et mérite débat - l'Edito de GA du moment en ce sens me plaît assez : des faits vérifiables et, comme tous faits, interprétables.
Dans le cas contraire, je ne pense pas que le processus démocratique en ressorte en rien renforcé. Ma voix ira très clairement à gauche, et, la gauche viendrait remporter cette élection, j'espère pouvoir en être fier.
27/04/07 - 20:47
"La migraine ou Nicolas Sarkozy est un migraineux notoire, par Pascal de Sutter, professeur de psychologie
et chercheur à l'Université de Louvain-la-Neuve. Il est également expert auprès de l'OTAN pour les questions de psychologie politique
De façon plus bénigne et sans aller jusqu'à la maladie grave, on sait que de nombreux hommes et femmes politiques de premier plan
souffrent régulièrement de maux de tête. Certains l'avouent, d'autres le cachent. Ces maux de tête (ou "céphalées de tension") ne sont pas
surprenants lorsque l'on sait qu'ils sont causés notamment par le stress ou le surmenage, la fatigue et l'épuisement professionnel. Le mal
de tête se manifeste par une douleur intracrânienne bilatérale. Il ne faut pas le confondre avec la migraine qui se caractérise pour sa
part par une douleur unilatérale, c'est-à-dire d'un seul côté, avec une douleur pulsatile, qui augmente par les stimuli externes (lumière,
bruit, secousses, etc.) et peut s'accompagner de nausées ou de vomissements.
Or il existe une association scientifiquement démontrée entre la migraine, dépression et anxiété*. Les personnes migraineuses ont quatre à
cinq fois plus de désordres affectifs incluant la <font
color=black>cyclothymie [la cyclothymie est un type de trouble bipolaire (lequel était autrefois appelé
maniaco-dépression) selon les classifications officielles (DSM-IV et CIM 10) et selon les classifications du spectre bipolaire (Klerman,
Akiskal)], c'est-à-dire un trouble de l'humeur caractérisé par une alternance de phase d'euphorie et de dépression et la dépression
grave, que les personnes sans migraine. Les dépressifs ont trois plus de migraines que les gens en bonne santé. La migraine est
aussi associée aux attaques de panique [le bouton nucléaire peut-il être confié à une personne soumise à ce type de symptôme
?]. Les spécialistes ne s'accorde pas pour savoir si ce sont les migraines ou les céphalées qui sont le plus souvent liées aux
troubles psychologiques. Il est difficile de savoir comment est établi ce lien. Il est possible que la douleur, en elle-même, explique les
problèmes psychologiques. En effet, on sait que la douleur chronique peut, à la longue, entraîner la <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9pression_%28m%C3%A9decine%29">dépression**. Les personnes
souffrant de douleurs chroniques peuvent présenter aussi des problèmes anxieux, de l'insomnie ou des idées suicidaires***.
Nicolas Sarkozy est un migraineux notoire. Il a lui-même reconnu souffrir de migraine depuis son "plus jeune âge****". Le 5 octobre
2005, il crée une "première" en se faisant excuser lors d'un conseil des ministres pour cause de migraine. Et les commentateurs de gloser
pour déterminer si cette migraine est politique (une altercation avec Dominique de Villepin l'aurait-il incité à "faire la tête") ou
réelle. Quoi qu'il en soit, Sarkozy est effectivement migraineux, il est l'objet de migraines non imaginaires, de celles qui vous clouent
sur votre lit, volets fermés avec tous les symptômes que j'ai décrits plus haut. Du coup les journaliste s'inquiètent [nous devrions
tous nous inquiéter] : cette pathologie ne représente-t-elle pas un danger pour celui qui est destiné aux plus hautes fonctions
[le feu nucléaire entre les mains d'un maniaco-dépressif] ?"
Pascal de Sutter*****, "Ces fous qui nous gouvernent", Editions des Arènes, 2007, p. 107-108.
*Breslau et al., "Migraine, physical health and psychiatric disorder : a propestive epidemiologic study of young adults",
Psychiatry Res, vol. 37 (1) : 1991, p. 11-23.
**B. Van Houdenhove, "Hysteria, depression and nosological problem of chronic pain", Acta Psychiatra Belgica, 1988, p. 419-30.
***V. Sabran, P. Hardy, "Douleur et psychiatrie", Journal de Neuropsy, vol. 16, n°5, 2001, p. 176-183.
****Libération, 11 octobre 2006.
stevezissou