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Stase

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Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mardi 5 août 2008 à 02:50)

15/05/2007

15/05/07 - 22:09

Culture

La justesse du scepticisme n'est pas de celle qui s'effarouche de la contradiction - l'affirmation qu'aucune certitude ne soutient longtemps l'examen n'est pas une assertion logique mais pragmatique : c'est dire qu'elle ne participe pas d'un dispositif thétique et que son objet n'est pas réellement théorique.

In fine rien ne tient, pas même la présente assertion. Mais l'homme a besoin de choses qui tiennent, et qui soutiennent sa matière que rend fébrile le langage. On jouera donc le jeu de l’illusion. In fine rien ne tient, mais dans l'intervalle, il faut bien faire tenir quelque chose, sans quoi, dans le monde, nous ne serions pas homme. Cela a pour nom : culture.

La culture est ce mensonge par lequel nous tenons, nous nous soutenons, sur-vivant à notre propre angoisse de dissolution. C'est une grande chose, sans laquelle nous ne serions guère en mesure de dépasser ce que nous enseigne le cercle étroit de nos désirs et de nos peurs. Grand mensonge d'où nous vient la saveur de la vérité.

N'est vrai, pour de bon, que ce qui se tient au-delà du doute - au-delà de ce qui s’en laisse atteindre. Au doute, rien ne résiste longtemps, qui se présente sous la guise d'un trait culturel - une oeuvre d'art, un concept, un théorème, un mot d’ordre. Rien n'est vrai, qui se laisse ajuster dans le jeu du mot et de la chose. Plus justement : il est tant de vérités, consistantes chacune en son ordre, relatives toutes, que le vrai ne saurait désigner aucune d'entre elles - mais peut-être alors cette chose subtile qui fait d'elles des choses vraies.

La culture ne dit rien de vrai. Mais elle peut le dire dans le vrai. Etre dans le vrai, ce n'est pas énoncer des choses cohérentes avec tel ou tel système du mensonge. C'est en revanche s'appuyer sur la cohérence du mensonge pour s'ériger au-delà de soi-même - ou encore : en soi-même, pour de bon. En ce point, selon moi, d'identité de soi – et donc de chute de la mêmeté qui d'ordinaire fait sur soi se retourner le soi pour donner le "soi-même" -, l'identité n'a plus valeur d'identification: A = A n'est pas une façon de dire quoi que ce soit sur A, pas même de le singulariser par rapport à un B quelconque.

Culture : pointe de mensonge d'où se lève une vérité comme possibilité d'oeuvrer à l’identité sans identification de soi, au-delà de soi-même, de se délivrer du retour entêtant du (soi-)même. Cela ne fonctionne pourtant que parce que la culture fait corps, au moins en partie : qu'elle soit mensongère ne la rend pas arbitraire, sans quoi elle n'offrirait rien qui permette de s'y tenir. La culture est consistante, nécessairement. Mais on n'y demeure qu'à ne pas interroger cette consistance jusqu'au bout : son ultime point de consistance, la culture ne peut le trouver que dans le corps de qui l'interroge.

Une culture vivante (« vivante » est une détermination jusqu'ici implicite), c'est un corps de mensonge soutenant l'effort d'un corps humain qui le met à l'épreuve, s'y confronte, trouve moyen de s'en faire un appui pour se dresser au delà de ses limitations spontanées. Un vecteur d'apprentissage, somme toute. Bien plus qu'un milieu ambiant, une culture, on peut l’envisager comme une Bildung, cette « construction » qu’affectionnait le Romantisme. Je préfèrerais, cela dit, parler d’une occasion. Oui, cela simplement : une occasion, un matériau, un support pour... pour autre chose qui n'est pas d'ordre de la culture - mais, si l'on en suit le mouvement de déprise jusqu'au bout, de mise entre parenthèses de la mêmeté qui affecte le soi-même, ou, un peu moins loin, de dépassement de soi.

C’est un sens assez restreint de culture, bien sûr, pour lequel être « cultivé », au sens d’avoir amassé des connaissances et être capable de les relier en des touts parfois impressionnants, ne suffit pas, ni même n’est nécessaire. Ce ne sont pas les contenus qui valent. Mais la façon de s’y rapporter : de s’engager dans le mensonge en y reconnaissant la structure de la vérité. Mais mensonge/vérité : cela est encore trop dire. In fine, ces deux-là se rejoignent dans le corps vivant du silence où ils résonnent sans rien y troubler, seconds par rapport à un réel qu’ils ne sauraient… épuiser n’est pas même le terme : aucunement désigner. Et cela : c’est ; je le crois ; en deçà même de toute bataille pour ou contre le scepticisme.

commentaires

15/05/07 - 23:29

La culture d'une graine de blé ne dit rien de vrai. Cependant, l'intelligence de l'homme (sinon sa culture) lui permet de l'écraser en meule, pour transformer la farine qui s'en écoule en pain, ce qui nous fait VIVRE.
C'est très pragmatique.

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Kliban = Kliban, n'est pas nécessairement vrai; JSC = JSC non plus. Encore moins vrai est que Kliban = JSc.
Par contre Kliban =Homme.
JSC = Homme.
Enfin un lien.

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AH! que l'allemand peut être imprécis comme langue.
Bild= image, tableau, symbole.
Bildung = formation, développement, évolution,création, élaboration,organisation,,établissement, structure, fondation, éducation, culture génrale, instruction, connaissances.....

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Pour moi la question est:
est-ce que on se cultive ou est-ce que l'on nous cultive?
Est-ce que cette culture nous rendra aussi utiles que la graine de blé?

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