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Honni soit qui troll y pense

Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mardi 5 août 2008 à 02:50)

21/12/2007

21/12/07 - 23:57

Words words words bla bla bla

Beaucoup trop de mots, dès que je veux dire les choses dans la détail du concept, pour en cerner quelque chose de la vérité. C'est lassant. Je ne parviens pas à me satisfaire du brouet que je me sers. Autant je l'aime chez autrui - et je peux me plonger avec délices dans Husserl, Heidegger, Kant, Spinoza, Descartes même, Deleuze, Derrida, Quine, Wittgenstein, Fodor, et autres Pangloss à la crème -, autant je le supporte mal chez moi.


C'est un jugement moins sur la qualité du résultat - qui vaut ce qu'il vaut, je peux me surprendre, parfois - que sur la nature de l'exercice, je veux dire, sur la façon de m'installer dans les mots qu'il suscite, cette impression labyrinthique de n'être pas en prise sur la chose même - et de rater la vérité, au fond.

     Corridors de givres
     Sur la vitre offerte au vent
     Le feu danse, fol

(je n'avais pas pensé à ce tableau de Rembrandt, au moment où s'est imposée ce petit rythme. L'image est venue d'elle-même.)

commentaires

22/12/07 - 00:15

Les paroles sont faites pour véhiculer la communication des idées. Que tu parles avec bcp de mots te dérange (peut-être) mais pour celui qui sait écouter, ils tombent juste, Kliban.

22/12/07 - 00:35

Merci jsc, c'est gentil !

Je ne sais pas si la parole est faite _pour_ échanger des idées. Au fond je ne sais pas si les yeux sont faits _pour_ voir. En quel sens ce serait ? Il y faudrait une finalité, et je ne crois pas aux causes finales - mais je crois en la sélection naturelle. A ce sujet, l'origine de la parole ce qui fait qu'elle a été sélectionnée, ce qui fait que nous passons tant d'énergie à échanger des idées, justement, est un problème très délicat. Jean-Louis Dessalles, entre autres, soutient une thèse fort intéressante là-dessus, qu'il est dans mes vagues projets, un jour, de résumer ici.

16/01/08 - 11:46

ça m'intéresserait, parce que ça pose la question du sens de la culture, d'une certaine façon.

La parole n'est sans doute pas apparu dans l'intention d'échanger des concepts, néanmoins, il n'est pas non plus évident qu'elle ait pu apparaître gratuitement et devenir un avantage compétitif de l'espèce. Je ne connais pas d'animaux émettant des signaux qui ne font pas sens pour les autres. La parole n'est-elle pas intrinsèquement porteuse de sens ?
Là où je te rejoindrais c'est dans le fait que les idées ne précèdent pas la parole qui n'est donc pas faite pour les véhiculer. Les idées sont le sens déduit ou induit des paroles, mais elles n'en sont qu'une perception-reconstruction.
Là où je rejoins JSC, c'est qu'effectivement tes paroles et tes idées sont liées et qu'elles nous plaisent, c'est donc que leur sens n'est pas inintéressant.
Est-ce que dans le fait d'enlever la causalité finale des paroles, tu n'essayes pas de retirer à ta propre critique de ces parole tout effet sur ta pensée ? Fierté intellectuelle ?

16/01/08 - 17:52

C'est très compliqué - toujours- - de te répondre :o)

Tut ce qui concerne l'apparition de la parole, je ne m'y lancerai pas aujourd'hui - il faut vraiment que je reprenne Dessalles. J epréciserai simplement ceci :

1. Il n'y a pas de causalité finale dans une explication de type scientifique - c'est contradictoire. I peut y avoir des causalité téléonomique, cela dit, valant synchroniquement, l'essentiel étant de montrer comment une causalité efficiente de type scientifique - où la cause précèdède l'effet (ces termes sont très problématiques, de toute façon, on pourrait mieux dire : où ce sont des équations différentielles t non intégrales qui règlent les transformations) - peut rendre compte d'un système de type téléonomique. Les paradigmes hérités de l'évolution darwinienne s'essaient précisément à cela.

2. La causalité de type finale ne relève pas du même niveau d'engagement que la causalité de type physique - naturelle, scientifique, etc. Une cause finale est toujours un instrument herméneutique simple, pour nous humains. Elle relève de la structure du sens tel que nous que cherchons - il nous vient spontanément de projeter une intention sur les choses, et donc une cause finale : une capacité que nous héritons de notre nature d'individus d'une espèce sociale habitués à négocier nos relations aux membres du groupe ?

Il ne faut donc pas confondre les niveaux : il y a une causalité finale à ce que je dis - je veux le dire, j'en ai l'intention, etc. Mais ça ne vaut pas dire que cela même n'est pas redevable d'une interprétation en terme de causalité physique.

16/01/08 - 20:08

Je comprends bien cette disctinction et pourquoi l'intention qui expliquerait un fait ne peut être avancée en terme de théorie scientifique, mais j'interroge tout autant la "causalité finale" : la notion même de cause est déconstructible. Le fait n'arrive pas du fait d'une cause ou d'une conséquence, cela est reconstruit par nous, le fait aussi d'ailleurs (il constaté = construit). Dans le fait de la parole, il y a constat d'un fait, mais ce fait constaté est toujours pour nous porteur de sens, sinon comment définir la parole ?
Le fait n'est ni cause ni causé : son identité même est dégagée par la cohérence dont il témoigne dans l'ordre que nous tentons d'établir entre nos perception.

La réalité ne peut pas définir le sujet, c'est l'inverse à mon sens.

16/01/08 - 21:24

réalité/sujet sont deux termes, dans leurs interférences, qu'il serait bon de mieux définir - je ne peux être d'accord avec ton "c'est l'inverse".

Pour le reste : oui, mais je suis un peu largué, j'avoue, je ne sais pas où tu veux aller :o) Cela partait d'une question critique de ce que je disais, mais je ne parviens plus à y rattacher ce que tu dis maintenant.

22/01/08 - 21:19

Arf, il faudra en discuter de vive voix.

23/01/08 - 20:03

Ooooh c'est dommage de s'arrêter en si bon chemin - on ne fait pas le même travail, de vive voix - et on ne peut pas relire l'ensemble des échanges, au final (parfois, ça permet de progresser).

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