Engagement - En réponse à un récent post d'Elesith
On est toujours engagé dans quelque chose. Ce n'est pas nécessairement dans une relation durable. Le fait est qu'on se sent rarement comme engagé au présent - sauf à être tenu par une promesse. Le problème, ici, c'est cette pensée de l'engagement sur le mode de la promesse - de la mise à disposition de soi au futur. Quitte à se faire mentir soi-même le jour où cette promesse ne pourra plus être tenue. Et c'est la peur de ce mensonge à venir - ou de la lutte contre lui - qui fait penser l'engagement comme enfermement, enchaînement, abandon d'une liberté au profit d'une autre. Une forme de sacrifice, donc - d'acte sacré.
Je suis loin de dire que cela n'a pas d'importance, cette ascèse que peut imposer la promesse : consacrer une partie de soi pour l'avenir, en supposant que ce ne soit pas par calcul ou contrainte, cela demande de travailler à ce que cette mise à disposition puisse être effectuée le moment voulu - si toutefois on entend honorer la promesse faite. Mais c'est secondaire par rapport à l'engagement de soi au présent - de tout soi.
Dans une relation à autrui qui se fait durable, et non qui se promet telle, il n'y a pas de privation. Le sacrifice n'est pas un acte d'abandon, mais de consécration du présent (bon oui, d'abandon de son ego : ce n'est pas une perte, ça, c'est un gain). Et cela parce qu'il n'y a pas de promesse, juste une évidence. La question de la fidélité ou de l'infidélité ne peut pas même se poser - la fidélité se constate, elle est simplement secondaire, elle ne peut se réclamer et ce n'est de toute façon pas une question d'exclusivité physique.
Il y a de ça, dans ce que je vis en ce moment avec JC - le JC de la rupture d'il y a un an, pas le bonhomme-Christ (!) ou le JC de mon adolescence. C'est d'une telle évidence ! Et les appétits de mon corps, vifs encore - parce que mon corps m'a toujours réclamé pas mal de sensualité - sont clairement d'un tout autre ordre, ils sont d'un autre ordre que ce ça va de soi que je ressens en sa compagnie - même si dans la relation elle-même, que nos humeurs colorent parfois plus négativement, tout n'est pas toujours rose bonbon.
C'est peut-être ça, être engagé : quand le récit qu'on pourrait faire d'une relation ne rentre dans aucun schéma, quand ce que l'on considère habituellement devoir constituer la relation - et l'armature des histoires qui s'y rattachent - est absent, la relation continue quand même, parce qu'elle n'est pas fondée sur une promesse - espoir d'un récit qu'on écrira un jour - mais sur quelque chose de plus profond et de plus immédiat, qui s'exprime comme une évidence malgré des tas de pseudo évidences contraires. Parce que c'est lui, parce que c'est moi.
25/12/07 - 01:10
Ach !
On va dire que c'est parce que c'est Noël ... mais ce post là est pour moi un vrai cadeau.
mayhem