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Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

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Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mardi 5 août 2008 à 02:50)

29/12/2007

29/12/07 - 00:06

Affolements

Lorsque je suis coupé de mon corps comme en ce moment, ce sont ma tête et ma bitte qui dirigent. Quelque vive que puissent être les émotions, elles sont toutes détournées au profit soit d’un orgasme à venir, soit d’une hyper-intelectualisation, sorte de discours théorique intérieur assourdissant, étourdissant.

Je ne parviens pas à leur faire face, à les laisser être ce qu’elles sont, à les goûter, toute bonnes ou mauvaise qu’elles soient. Et comme une émotion, c’est toujours quelque chose qui se passe dans le corps, ben corrélativement, je suis coupé de ce qui se passe dans mon corps. Ca ne veut pas dire que je ne sens rien, simplement que la sensation n’est pas intégrée dans une émotion perçue comme telle – mais détournée dans le flot des pensées ou la recherche de l’orgasme.

Du coup, les ressentis dominants vont d’une euphorie nerveuse qui me donne la sensation de flotter, signe d’un abattement à venir, jusqu’à des compulsions sexuelles assez impérieuses. Elles me prennent avec violence, étau dans le bas-ventre, pas nécessairement accompagné d’érection d’ailleurs, mais souvent de ce refroidissement des mains qui traduit une très grande excitation. Tout ça s’achève au sauna derrière un glory hole ou devant un film porno : dans une décharge de la tension sur des objets partiels, oraux et scopiques (oui, oui, je l’fais ekseprès ;o) parce que c’est exactement comme ça, je veux dire de façon aussi contournée et conceptualisée, que je parle de moi lors de ces accès d’hyper-intellectualisation).


T. appelait ça un affolement. C’est très juste : je suis tout simplement largué, vraiment comme un enfant qu’on lâche trop tôt dans un monde d’adulte qui le dépasse, et qui n’a pas reçu la dose de rassurance qui lui permettrait de métaboliser convenablement le stress de l’émancipation émotionnelle – ce qui se passe quand on s’éloigne de ses parents. Dit autrement : je suis toujours prisonnier de (papa-)maman – je ferai un post là-dessus un jour.

Bon. C’était pire il y a dix ans. Bien bien pire. Pendant les années noires de ma vingtaine, je n’aurais pas même pu dire que j’étais coupé de moi-même. Je me vivais coupé, sans savoir l’être. J’étais tout simplement par moment terriblement mal, ou intellectuellement hyperactif, ou poussé au sexe, sans savoir exactement ce que je cherchais réellement – au fond : ce lien de rassurance qu’on trouve d’abord dans le corps de sa mère, puis dans le sien propre.

Je ne voudrais pas laisser croire que j’ai été maltraité. Ce n’est pas le cas. Mes parents se sont montrés des aimants. Ils ont fait avec les moyens du bord. Je n’ai jamais été un enfant secure, sinon dans les univers lointains de mon imaginaire. Je le leur dois, jusqu’à un certain point. Mais je leur dois aussi la possibilité de m’être construit de façon à, un jour, commencer à régler tous ces problèmes. Ce que je ressens aujourd’hui – le trop-chaud au ventre alors même que je suis en train d’écrire, et l’envie de jouer au scalpel avec les concepts –, c’est un murmure par rapport à la cacophonie de jadis. Ça n’est pas agréable pour autant. Et ça me donne envie de m’excuser en permanence du manque de transparence de ma présence – évidemment, il n’y a guère que moi que ça gêne…

Du coup je sais quel cloaque cache le couvercle aux pulsions. Je n’ai exploré qu’un peu de la surface de ce qui se trouve en dessous - ce qui fait que je peux suivre en pensée certains qu’on juge excessif dans leurs jeux avec la régression (le sexe, la merde, la confusion des liquides et des humeurs, etc.), mais jusqu’à un certain point seulement, au-delà duquel je risque de flirter avec les noyaux psychotiques de ma personnalité (on a tous des noyaux psychotiques), ce que je ne souhaite à personne de faire.

En vérité, oui, tout ça c’est des machines. Le tout est de parvenir à les régler.

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