Du mal (3/3) – anciennenement "De l'insulte", j'ai dévié
3. Dans ce dernier post, la question que je voulais me poser était celle du rapport du mal et de l’Occident. C’est beaucoup trop ambitieux. Je me contenterais de ce que je crois, spontanément, comme ça, sans pouvoir l’argumenter réellement, tant les problèmes que ça soulève sont complexes et devraient faire appel à des disciplines diverses pour leur résolution – discipline que je maîtrise fort mal, en particulier l’histoire et l’anthropologie. Ce seront donc des propositions, souvent outrancières, énoncés sans plus de précaution :
L’Occident, du fait de son expansionnisme, est l’une des civilisations les plus vectrices de mal sur la planète – je ne dis pas la plus intrinsèquement maléfique, mais celle qui a causé le plus de mal partout et dans tous les domaines.
Parallèlement, l’Occident a peu à peu réduit la bipolarisation bien/mal sur laquelle il avait bâti son histoire : sécularisation des savoirs et de la politique, règne des multiplicités démocratiques après la folie de l’unité – règne tronqué du fait du travail en profondeur de cette même folie, encore aujourd’hui –, refus des transcendances au profit des intérêts, individuels et collectifs, consumérisme et capitalisation tout azimuth – contre la valorisation transcendante des œuvres et des biens collectifs -, etc.
La mise à plat du monde engendre de la tension : la mise entre parenthèse symbolique des hiérarchies – et non pas leur disparition : elles sont toujours à l’œuvre – s’oppose sans doute à la façon dont les groupes humains s’organisent plus spontanément.
La disparition des transcendances – et donc de l’intangibilité au moins locale des valeurs – engendre une incertitude quant aux démarches à suivre, particulièrement lorsque les ressources deviennent rares. D’où l’importance aujourd’hui des cerces de délibération rationnelle –ainsi que le poids des lobbies. Tout cela engendre de l’inquiétude – une agression quant au cadre de vie, fût-elle strictement symbolique. Et une plus grande proximité aux mécanismes de production du mal.
Qui plus est, l’éducation occidentale, la formation des individus à devenir des membres du groupe, pâtit plutôt de cette situation. Couvercle trop tôt levé : nous ne maîtrisons plus la perte des transcendances – nous sommes toujours éduqués par rapport à elles, morale, justice, etc. – pas plus que nous ne savons encore maîtriser la levée des interdits sexuels au cours des trois derniers siècles – et surtout du XXè. Globalement, nous restons de grands adolescents, tôt vieillis et désabusés pour ceux qui sont entrés dans le XXè siècle après deux Guerres Mondiales, tout feu tout flamme pour ceux qui sont restent ancrés au XIXè siècle (les USA essentiellement, quoique le 11/09 puisse changer quelque chose à cela).
Et les adolescents, soit c’est malheureux et ça (se) fait du mal, soit c’est trop entreprenant, et ça écrase tout sur son passage. En tout cas, c’est rare que ça s’arrête pour réfléchir un peu – ou alors ça le fait trop ! C’est super, l’adolescence, bel âge, comme tout autre, mais il n’est pas bon que cela dure – c’est épuisant, pour tout le monde. Du coup nous voilà dans un monde épuisé, par nos névroses et nos élans. Et ça, ça, c’est générateur de mal.
30/12/07 - 20:14
Je suis confus.
De quel Mal parles-tu?
Pourquoi l'Homme veut-il tjrs trouver des oppositions du genre 'l'Occident est plus expansionniste que l'orient'. Autant dire que le Nord est plus expansionniste que le Sud.
Bien sûr, dans cette histoire, la Chine ou le Japon n'ont jamais été expansionnistes ou porteurs du Mal.
D'ailleurs, quel sens donner à Orient et Occident? Le Japon n'est-il pas l'Occident pour les habitants d'Hawaï et la Californie l'Orient?
Réduire le bipolrisme de Bien/Mal? Reagan, puis les Bush ont bel et bien trouvé des 'Axes de Mal' à combattre.
Et la transcendance dans tout cela?
Je devrais probablement pas répondre à ce que je ne comprends pas. ;(
P.-S. il ne faudrait pas voir les ados (soit....soit)tout en noir et blanc, hein?
En plus, je doute fort que les ados diraient que c'est un bel âge, ni pour faire du Bien, ni du Mal.
jsc