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Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour mercredi 17 septembre 2008 à 22:58)

30/12/2007

30/12/07 - 17:55

Du mal (3/3) – anciennenement "De l'insulte", j'ai dévié

3. Dans ce dernier post, la question que je voulais me poser était celle du rapport du mal et de l’Occident. C’est beaucoup trop ambitieux. Je me contenterais de ce que je crois, spontanément, comme ça, sans pouvoir l’argumenter réellement, tant les problèmes que ça soulève sont complexes et devraient faire appel à des disciplines diverses pour leur résolution – discipline que je maîtrise fort mal, en particulier l’histoire et l’anthropologie. Ce seront donc des propositions, souvent outrancières, énoncés sans plus de précaution :

L’Occident, du fait de son expansionnisme, est l’une des civilisations les plus vectrices de mal sur la planète – je ne dis pas la plus intrinsèquement maléfique, mais celle qui a causé le plus de mal partout et dans tous les domaines.

Parallèlement, l’Occident a peu à peu réduit la bipolarisation bien/mal sur laquelle il avait bâti son histoire : sécularisation des savoirs et de la politique, règne des multiplicités démocratiques après la folie de l’unité – règne tronqué du fait du travail en profondeur de cette même folie, encore aujourd’hui –, refus des transcendances au profit des intérêts, individuels et collectifs, consumérisme et capitalisation tout azimuth – contre la valorisation transcendante des œuvres et des biens collectifs -, etc.

La mise à plat du monde engendre de la tension : la mise entre parenthèse symbolique des hiérarchies – et non pas leur disparition : elles sont toujours à l’œuvre – s’oppose sans doute à la façon dont les groupes humains s’organisent plus spontanément.

La disparition des transcendances – et donc de l’intangibilité au moins locale des valeurs – engendre une incertitude quant aux démarches à suivre, particulièrement lorsque les ressources deviennent rares. D’où l’importance aujourd’hui des cerces de délibération rationnelle –ainsi que le poids des lobbies. Tout cela engendre de l’inquiétude – une agression quant au cadre de vie, fût-elle strictement symbolique. Et une plus grande proximité aux mécanismes de production du mal.

Qui plus est, l’éducation occidentale, la formation des individus à devenir des membres du groupe, pâtit plutôt de cette situation. Couvercle trop tôt levé : nous ne maîtrisons plus la perte des transcendances – nous sommes toujours éduqués par rapport à elles, morale, justice, etc. – pas plus que nous ne savons encore maîtriser la levée des interdits sexuels au cours des trois derniers siècles – et surtout du XXè. Globalement, nous restons de grands adolescents, tôt vieillis et désabusés pour ceux qui sont entrés dans le XXè siècle après deux Guerres Mondiales, tout feu tout flamme pour ceux qui sont restent ancrés au XIXè siècle (les USA essentiellement, quoique le 11/09 puisse changer quelque chose à cela).

Et les adolescents, soit c’est malheureux et ça (se) fait du mal, soit c’est trop entreprenant, et ça écrase tout sur son passage. En tout cas, c’est rare que ça s’arrête pour réfléchir un peu – ou alors ça le fait trop ! C’est super, l’adolescence, bel âge, comme tout autre, mais il n’est pas bon que cela dure – c’est épuisant, pour tout le monde. Du coup nous voilà dans un monde épuisé, par nos névroses et nos élans. Et ça, ça, c’est générateur de mal.

commentaires

30/12/07 - 20:14

Je suis confus.
De quel Mal parles-tu?
Pourquoi l'Homme veut-il tjrs trouver des oppositions du genre 'l'Occident est plus expansionniste que l'orient'. Autant dire que le Nord est plus expansionniste que le Sud.
Bien sûr, dans cette histoire, la Chine ou le Japon n'ont jamais été expansionnistes ou porteurs du Mal.
D'ailleurs, quel sens donner à Orient et Occident? Le Japon n'est-il pas l'Occident pour les habitants d'Hawaï et la Californie l'Orient?
Réduire le bipolrisme de Bien/Mal? Reagan, puis les Bush ont bel et bien trouvé des 'Axes de Mal' à combattre.
Et la transcendance dans tout cela?

Je devrais probablement pas répondre à ce que je ne comprends pas. ;(

P.-S. il ne faudrait pas voir les ados (soit....soit)tout en noir et blanc, hein?
En plus, je doute fort que les ados diraient que c'est un bel âge, ni pour faire du Bien, ni du Mal.

30/12/07 - 20:40

Sur les ados, oui : j'ai détesté :o)

Le mal a été défini dans le deuxième post, qui s'appelait "de l'insulte". Je t'y renvoies, c'est de cela que je parle.

Je ne parle pas de l'occident - de l'ouest, mais de l'Occident : ce qui se définit comme sphère d'influence du christianisme et, disons, de la culture portée par les langues européennes.

Je le répète : je n'ai pas dit que les Occidentaux étaient plus maléfiques que d'autres, mais que leur expansionnisme était la cause d'une grande partie des maux sur la planète - du fait même que c'est un expansionnisme, qui vient donc exiger des autres peuples de cesser de fonctionner comme ils le faisaient jusque là : luttes territoriales où le vaincu est soumis au "mal".

Le bipolarisme bien/mal a été réduit dans la mesure où on est tenu aujourd'hui de définir ce qu'est le mal - auparavant, c'était plus clair : ce qui ne croit pas en le Dieu chrétien est mauvais, etc. Il est cependant toujours vivace dans les pays qui ont effectué une transition vers le XXè siècle sans rupture avec le XIXè (USA, donc).

Pas de transcendance dans la question du mal telle que je l'entends ici - comme celle de la souffrance non consentie, au, fond. Ou alors, pour la retrouver, voir le commentaire que je laissais après celui déposée par Olivier Bruley au post n°2.

31/12/07 - 03:07

Pauvre Occident ! Vous n’y allez pas de main morte avec lui ! Tout de même, vous concédez qu’il n’est sans doute pas la civilisation la plus intrinsèquement maléfique. J’allais dire que ça me suffit. C’est une petite concession d’une grande importance, si j’ose dire, à mes yeux du moins. J’en conclus qu’il y a des civilisations qui, bien que n’ayant pas causé autant de mal que l’Occident sur la planète, sont néanmoins plus intrinsèquement mauvaises que lui. Un peu comme je disais, dans un précédent commentaire, qu’il pourrait exister des hommes mauvais qui n’auraient pourtant jamais fait de mal. Je ne suis pas vraiment étonné (même si vous ne le faites peut-être pas volontairement, je ne sais) de vous voir écrire que c’est sur la planète ou partout ou dans tous les domaines que l’Occident a été l’une des civilisations les plus vectrices de mal, plutôt que de mal pour les hommes, directement. D’ailleurs, le mot même de vecteur, laisse penser que tout ce mal causé par l’Occident a quelque chose d’indirect. Est-ce à dire (enfin, je ne dis pas que vous le dites ; c’est moi qui le chuchote, disons…), est-ce à dire que certaines civilisations, moins indirectement mauvaises pour toute la planète, pourraient l’être bien plus directement pour les hommes qui relèveraient d’elle uniquement ? :-)

31/12/07 - 03:09

*qui relèveraient d'elleS uniquement

31/12/07 - 18:05

En vous autorisant de comparatifs - plus ou moins maléfique - vous introduisez une échelle (ou une série d'échelles) dans le mal qui n'apparaissait pas dans mon propos. De fait, je ne sais pas ce qu'est une civilisation intrinséquement maléfique - essentiellement un fantasme, je crois, soit encore une situation limite, qui a son intérêt utopique : comme je l'indiquais, un groupe humain ne peut se reproduire sans empathie au moins interne, ou encore altruisme. Une civilisation du mal, je crains que ce ne soit un corrélat d'une hypostase du mal - ou de la croyance en sa transcendance, si vous voulez -, ce dont j'essaie de me garder.

Mais il est vrai que vous ne parlez pas de cela - aussi vrai qu'il y a une distance entre des comparatifs (moins intrinsèquement, plus directement) et des superlatifs absolus (la plus intrinsèquement mauvaise). Que des choses soient comparables ne signifie pas qu'elles soient subordonnées à un maximum. Cela dit, je ne sais pas comment comparer deux maux. Essentiellement parce qu'à ce jour, je ne connais pas d'échelle de la souffrance, ni même de moyen de la mesurer. C'est un peu en oui ou non, très subjectif. Il y a une objectivité du mal,mais elle est définie par la mesure subjective qu'en renvoient les sujets souffrants. Ou encore : qu'en renvoient les représentations qu'on a de ce que doit être un sujet souffrant.

On peut essayer d'objectiver tout ça (de trouver des critères et des mesures rationnels). Mais ce n'est pas simple, pas universel - on y va au cas par cas - bref : il n'y pas de science du mal.

Dès lors, je peine beaucoup à comparer deux maux. Donc deux sociétés par rapport aux maux qu'elles créent. SI l'Occident est génératrice de maux, c'est parce qu'il a cru devoir imposer son modèle à d'autre - et donc empiéter sur des territoires qui n'étaient pas "les siens" : cela ne se passe jamais sans maux.

Mais contrairement à vous, je cantonne le mal dont je parle ici au mal _effectif_, indépendamment du mal souhaité. Ce qui fait d'ailleurs que si l'Occident est source de bien des maux, il en a peu souhaité - bien au contraire, même - quand bien même certains de ceux qu'il a souhaité sont aussi dignes de mémoire que d'autres.

Je ne le crois pas maléfique - au sens de : désirant le mal. Pas plus que je ne crois aucune civilisation maléfique - sinon à certaines périodes, fort sombres, de son histoire.

La question que vous posez, qui mobilise une différence entre mal direct et indirect mériterait d'être approfondie. Je préfèrerais que vous précisez ce que vous entendez par là, c'est un peu flou pour moi - cela rejoint "vouloir le mal" et "faire du mal" ?

Votre point de lexique enfin - non je ne m'en étais pas aperçu, pas si nettement ! Dans mon esprit jusqu'ici, on ne faisait de mal qu'aux hommes. J'ai tord, bien sûr, certains animaux soufrent également. Si détruire quelque chose c'est lui faire du mal, alors nous faisons aussi du mal aux espèces - mais je crois que par rapport à ce dont il était question, nous entrons là dans un régime métaphorique de "faire du mal". Quand l'Occident, ou quoi/qui que ce soit d'autre, fait du mal, c'est aux hommes qu'elle en fait, au vivant aussi sans doute - mais en dernier ressort, aux hommes.

02/01/08 - 00:02

Pour tout vous dire, moi non plus, je ne sais pas ce que c’est qu’une civilisation intrinsèquement maléfique, d’autant que j’ai encore moins que vous les connaissances nécessaires pour en juger ! Je me sens un peu fautif de vous avoir entraîné sur un terrain qui n’est pas le vôtre (un mal plus large que le seul mal effectif). Quant à la question que vous me posez sur la question que je vous posais sur la différence entre mal direct et mal indirect, je ne suis pas sûr que je savais moi-même très bien ce que je voulais dire ou si je ne le disais pas seulement pour vous répondre, non par souci d’avoir le dernier mot, bien sûr, mais pour donner quelque épaisseur à ma réponse et la rendre digne de votre commentaire, dans lequel vous vous êtes donné la peine de m’écrire assez longuement. J’ai parfois ce genre de scrupules et il m’arrive souvent, grâce aux blogues, de me découvrir de nouvelles pensées, qui jusqu’alors ne m’avaient jamais traversé l’esprit, uniquement parce que je prends soin, sinon de ne pas être plus court que les blogueurs que je commente ou à qui je réponds, du moins de ne pas être beaucoup moins ‘‘inconsistant’’ qu’eux. Beaucoup des idées qui me traversent l’esprit ont précisément cette qualité ou ce défaut de ne faire que me traverser au lieu d’être le fruit d’une longue réflexion. Elles relèvent le plus souvent de l’intuition… Mais comme vous vous en doutiez, par mal indirect, j’entendais bien un mal commis sans intention d’en faire. « Indirect » n’était peut-être pas le mot le plus approprié. Je conclus en vous souhaitant une bonne année.

02/01/08 - 00:37

C'est curieux comme on peut se perdre dans ses pensées... J'ai parlé à l'instant de mon premier commentaire à ce billet comme s'il s'était agi d'une réponse à un autre commentaire de vous (c'est-à-dire comme si ce n'avait pas été mon premier commentaire ici), alors que, en réalité, il s'agissait bien d'une réponse à votre texte. Comme si, au lieu de parler de mon premier commentaire, j'étais, dans le second, en train de parler malgré moi de celui que je me trouvais en train d'écrire... Je ne sais pas si je suis très clair... J'ai dû boire trop d'alcool ces derniers jours.

02/01/08 - 18:29

L'apparition de l'intention dans la question du mal est très complexe. Elle est rendue nécessaire par une certaine façon de rendre la justice, par exemple. Je ne me suis pas penché là-dessus. Mon opinion, en fait, emprunte au bouddhisme et à l'hindouisme védantique sa radicalité : le mal est présent dès qu'il y a de l'ego ; ou encore : l'ego, en tant que concrétion du fonctionnement d'un psychisme _revendicateur_ de soi, est la source de tout mal effectif - il revendique la douleur, la transmuant en souffrance, souffrance qu'il renvoie pour protéger _son_ espace intérieur : c'est un cercle, que celui du mal entendu en ce sens.

Vivre comme ego, c'est _toujours_ être en puissance de désirer faire du mal.

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