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eXTReMe Tracker Zyé-la anfon tomb-lan, té la ka gadé zot.
Honni soit qui troll y pense

Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas souvent aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour lundi 30 juin 2008 à 00:24)

22/01/2008

22/01/08 - 04:21

Nocturne – Nemrod adolescent


J'entends que l'on soit précis. Il ne s'agirait pas de passer à côté de la mort. Tous les raccourcis mènent à Rome, au Graal des prophètes, à la vérité des bureaucrates, à l’espoir lisse et benêt des subtilités cossues.

Je ne laisserai pas mélanger sans ascèse préalable la nature des orgasmes. C'est connaissance que ventre admet, que l'hiver retient, et ton cul palpitant autour du livre dans la sagesse des défécations.

Je veux me tenir droit dans le langage écossé de ses rituels de chitine et d’os. Tendu comme un sexe rageur et intégral sous la respiration rauque des vents stellaires. Tranchant plus que toute jaculation sur les joues monotones.

Je récuse l’ivresse molle et oublieuse. La lucidité se paiera d’abord de cette raideur lactique accrétée dans l’excès des étirements. Miettes, toutes – pour tenir, être, toi, plus incisif que chaque négation. Plus patient aussi. Et plus humble.

Je refuse – j’abjure ! – tout retour au contentement mondain de soi – et comment négocier la perte de tout savoir ? – te croirais-tu de marchander avec le vertige ? fais, selon la rigueur d’un orgueil dont la garde te sera retirée. Seuls les dieux ignorent les métamorphoses.

20/01/2008

20/01/08 - 16:51

Tout-gris

C'est clair, en cet après-midi confus : je me taperais bien une queue, avec le bonhomme qu'il y a au bout.


Comme s'il n'y avait que cela pour donner son confort à l'épuisement intellectuel qui suit aux deux dernières semaines.

Je me sens si vide qu'aucun des bouquins de ma bibliothèque n’arrive à me remplir... Appel de la peau et du muscle et de la masse bouillonnante des viscères.

Je tourne en rond, sans chaleur, et cette insatisfaction bipolarisée sur le bas du ventre, un peu au-dessus du pubis, et dans la gorge, serrée d'attente indécise. Micro-tensions vibratiles, en limite de perception. Mais nulle bandaison – cela aussi est épuisé. – Ici, insérer le manque d’une caresse.


Depuis peu, mes fantasmes contiennent, floues, des femmes. Sacs érotiques à ce stade, plus que destinataires de tendresse. Mon corps – ses pratiques, son image embarquée à-dedans tête – est habitué à celui des hommes, à qui vont, furieux, mes baisers.

Les contours de ma vie sont hélas si propres, si nets – comme s’il fallait toujours pouvoir se raconter dans les formes attendues des gens respectables – et ne donner aucun sujet de crainte à qui m’aime. Comme si…

Je tourne en rond, oui. C’est temps de rechute – irait-il sur sa fin.

18/01/2008

18/01/08 - 00:10

Hibernation

...je vais avoir besoin pourtant que l'on me secoue de cette embourgeoisie de la pensée et des sentiments... régime de certitudes - qui ne m'appartient pas....

15/01/2008

15/01/08 - 23:42

Kind

Un jour aussi, on se dit qu'on a perdu son corps d'enfant. Façon de voir les choses. Il n'est jamais loin, follet malin, ou revenant violent si nous ne prenons garde à ce qu'il réclame - liberté, espace, amour, toujours. Au fond, il faudra du temps pour que s'éteigne dans le regard ce qui nous fait des mômes. Si jamais.

15/01/08 - 00:54

Parfois, je lis des trucs - et je me sens si saturé d'artifices...

Le rythme en moi se gauchit à vouloir endosser l'aisance anguleuse du concept tout comme ça

ça se prend là, dans les viscères nouées de circonstances atténuantes, ventre aphone du poème

c'est le moment, aussi, qui vous le rend par surprise, sous la dictée ivre d'un autre

Je voudrais garder trace de ça : Prisonnier des fleurs….

09/01/2008

09/01/08 - 22:37

De poppersibus et autres catastrophôn

Puisque les poppers, c'est légalement fini - sauf succès d'un éventuel recours devant le conseil d'Etat avant le 23 janvier. - ce petit article fait agréablement le point sur la question.

Je n'ai pas vraiment d'idée sur les motivations de l'Europe pour interdire ces produits. Je subodore qu'il s'agit essentiellement d'en limiter l'accès à de très jeunes consommateurs. Mais je n'ai rien trouvé quant à d'éventuels risques pour la santé – les produits alcoolisées me semblant infiniment plus redoutables mais ayant l'avantage de faire partie des drogues légales.

Nos sociétés vieillies, je crois, ne savent plus ce qu'elles cherchent. Du plaisir à sa répression, jusqu’à la normalisation statisticienne gestionnaire du droit au risque zéro-epsilon. Va falloir songer à en changer. Je sens les années à venir politiquement intéressantes. Pour le reste, à l'ère du gâchi dixit un ami, il faudra se démener pour trouver contact avec l'intensité de ces forces qui seules font la grandeur d'une civilisation – bien plus que tous les techniciens de la politique, de la pensée ou du poème.

L'ère du gâchi, c'est temps-secret – temps où s’est ôté du milieu des hommes cela même qui fait sel – temps où seul sel qu'on trouve est vieux lysat d'urine, de fèces et de pourriture – l'on s'en satisfait, l'on s'en gargarise, comme d'autres, dans la caverne, des ombres.

Nous serons nombreux à nous y perdre, jusqu'aux plus valeureux d'entre-nous, prophètes, savants, artistes et sages – le poème déjà se noie dans la surcharge de ses tropes et savanteries. Inconnus resteront du grand nombre ceux qui conservent et font fructifier dans l'immanence du coeur ces trésors qui ne se créent qu'aux siècles longs des civilisations. Peut-être aussi emportés – sceaux de l'Occident en sa mort. Rares seront ceux qui, cherchant, trouveront : gâchi – la médiocrité consumériste, pauvre jouissance des biens, unique horizon. Pensée sans envergure ni réelle vergogne – toute pensée sauvage a son intense pudeur – et monde réduit – modèle réduit de moimoimoimoimoi.

Tout cela, tout cela, je m’y vautre et m'en répugne. Mais ça n'se réduit pas à un choix de pilule – seulement dans les contes pour ceux qui n’ont pas encore perdu le sens de l’enfance.

09/01/08 - 21:16

Cendres


  Cesser, pour reprendre. Non pas mettre à plat - disposé devant soi
  comme un dernier écorché, une soupe étale à bout
  d'entropie effarée des seuls
  sursauts du vide et
  puis plus
  rien
  mais
  en un point
  comprimer la toute masse des choses
  et créer une étoile
  ou un
  mon
  st
  r

  e

  .

  .

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08/01/2008

08/01/08 - 21:19

Quand vous serez bien vieille...

J'aime bien vieillir, moi. Mais je suis à l'âge où on ne vieillit pas, enfin pas vraiment. Ma mère me dit que dedans sa tête, elle est toujours une jeune fille. Mon père, quant à lui, endure les maux de moins en moins petits de l'âge. Une amie me disait aussi quelle saloperie, c'était, ce corps qui ne marche plus comme avant.

Pour l'heure, je crois que je ne comprends pas bien tout ça. Je suis encore immortel, la plupart du temps. Ce qui veut dire que je crois encore que je pourrai toujours récupérer de tous les maux, physiques et psychologiques. Parfois, comme un flash dans 100 as, je serai mort. Abstrait jusqu'au moment où je sens la disparition possible, palpable, autant que cela puisse l'être. Et là, comme l'esquisse d'un mouvement de révolte. Jusqu'à ce que je revête brusquement mon habit d'immortel - sans bicorne - et que je remise à plus tard, mauvais philosophe, la recherche de ce qui se cache derrière cette inquiétude-là. Et je me dit que vieillir, somme toute, ça n'est que devenir un peu plus un grand.


Pourtant je sais qu'on peut être vraiment immortel. Mais je suis encore bien trop pris dans tout ce confort, et dans un paquet de peurs d'enfance, pour prendre le problème à bras le corps.

07/01/2008

07/01/08 - 21:30

Un rêve - Interprétation, comme ça


Je jure par tous les Saints Lacamphré et Ioung-Eudes que la fin de ce post n'était pas préméditée, ni en son contenu, ni même en son projet : je voulais juste décrire le rêve de cette nuit. Elle m'est venue en écrivant, et je la laisse ici pour cette raison là - aussi toujours pour montrer comment ça fonctionne là-dedans ma tête, ce dont on se fout peut-être, mais c'est un problème qui n'est pas mien pour le coup :o)

Cette nuit, au petit matin peut-être, là où les songes se font solides un peu plus dans leur recherche de cohérence, j'ai fait un rêve. Jusqu'à récemment, je ne faisais pas souvent de rêves très réalistes - rêves labyrinthes sans queues ni têtes, le plus souvent. Là si. Atroce.

C'était Harry Potter. Il n'avait pas ses lunettes. Mais les cheveux raides emmêlés, c'était bien lui, oui. A peu de choses prêt, la tête de Daniel Radcliff, sans lunettes. Il ne devait avoir 16 ans, je pense, à un an prêt. Je ne voyais que sa tête. le haut de son cou, une épaule. C'était comme dans une bande dessinée, une case après l'autre. Mais toutes au même endroits : une succession de diapositives, donc. Sa tête était dirigée vers la gauche, en diagonale. Mur blanc gris.

Il était terrifié. Atrocement terrifié. Case après case. Bloqué contre le mur, les yeux partant vers la gauche, la tête essayant de se tourner vers l'arrière. Il n'y avait aucun son. Mais on devinait des poursuivants. Monstrueux. Invisibles. C'était suggéré par son expression. Mais moi, bien sûr, je le savais. Des horreurs. Prêtes à déchirer. Entailler . Éviscérer. Disséquer. Case après case. Je le savais bien, qu'il se ferait rattraper. J'ai dû revoir la scènes plusieurs fois. Cette terreur, je me disais qu'on ne verrait pas la fin. Qu'elle serait suggérée. Je l'ai vue plusieurs fois. Terreur sans nom. Ni espoir. Jusqu'à ce que je m'autorise à la voir, cette fin-qu'on-ne-doit-pas-voir. Case après case. Le sang qui jaillit de derrière la joue droite sur le mur, gerbe autour de la bouche. Cri. Pas de son. Le sang qui jaillit de la bouche, éructé en bouquet sur le mur. Cri. Pas de son. Le visage qu'on tire vers l'arrière et qui s'arrache juste sous le nez. Pas de son. Puis qui redevient entier pour un autre déchirement, ailleurs. Pas de son. La tête qui tombe, hors du cadre. Avec la mort. Pas de son. Une main obscène crochue griffue peau tannée dans le cadre, avec cette écœurante sensation de mouvement. Pas de son. Une main qui passe dans le cadre emportant quelque chose comme un bout de colonne vertébrale sanglante. Ou un œsophage. Ou une tranche de gros intestin. Je ne sais pas.


Jusqu'ici je ne m'étais jamais autorisé les rêves gore - je ne m'autorise pas non plus à voir les films gore, trop impressionnable, je risque de rester hanté par les images pendant bien trop de nuits. Là. Je n'ai pas eu peur. Non. Ce qui est atroce dans ce rêve, ce n'est pas la scène. C'est le plaisir. Ce qui me mets franchement mal à l'aise - au bord de la nausée - quand j'y repense, c'est le plaisir que je rencontre, localisé entre le ventre et le diaphragme, dans l'estomac, donc, indéniable, brut, brutal.

Je ne vous dirais pas qui est en fait Harry Potter - parce que ce n'est pas lui, dans le rêve, enfin si, vraiment, sa tête et tout, mais au fond, non, ce n'est pas lui. Je ne suis pas tout à fait sûr encore de qui c'est. Et ce que je vois n'est pas le fin mot de l'histoire. Et de toute façon, JE NE VEUX PAS LE DIRE, JE NE VEUX PAS LE VOIR. Pas encore. Cette part là... cette part là, je ne l'assume pas, au fond. Pas là. Pas comme ça. C'est moi, bel et bien, à n'en douter pas. Je savais que ça existait. Mais que je ne l'avais pas rencontré sous cette forme aussi immédiate.



- à l'écrire, comme ça, je viens de réaliser de quoi il s'agit. Coup d'interprétation dans le bide, comme en analyse, ça ne trompe pas. Oh là là !!! Distortion d'la scène primitive, noyau psychotique sans-nom du Père, projection masochiste, introjection du r'gard d'la mère dévorante, et la jouissance de mes viscères ; en fait ya que moi dans cette scène... et les imagos, comme d'hab. Et c'est un truc que je me fais à moi, mais depuis une position que je n'connaissais pas, sadique-(orale)-maternelle ; donc si ce n'est totalement moi, c'est donc mon frère, aussi. Et tout-ce qu'il-y-a-de-garçon ; ce que je fais au masculin, donc ; dévoré par des viscères (oui, les créatures monstrueuses ont pris cette consistance là, dans l'interprétation : ils n'ont rien de solide) - c'est féminin les viscères, dans ma géographie ; mais le devenir inhumain, c'est l'imago du père : Kronos féminin, donc; ou plutôt Kronos féminisé ; réduisant le héros à un tas de tripes ; pareil que les métamorphoses du père ; mais ça on ne le voit pas, on le devine ; je suis devenu la mère dévoratrice dans ce rêve, et c'est un bout de moi que j'ai déchiqueté : l'adolescent que j'aurais voulu être - oué non pas Harry Potter, je ne saisis toujours pas pourquoi lui, ah si, garçon brun, oui, c'est un truc comme ça, garçon brun qui se construit tôt un destin, oui, un idéal du moi, ça, un héros de bibliothèque verte, au moins ; et la vengeance nette contre ce héros qui m'a torturé tant parce que je ne pouvais pas être lui ; oh ! oh.... Putain, l'émotion ! dans la gorge, oui, c'est encore ça, ça vient de là, de l'émotion que je ressens depuis deux ou trois jours, oui, du fond de détresse sans fond sinon celui des Enfers de tout-abandon, oui, c'est ça, je me venge de ça, de ce type que j'aurais dû être et que je n'étais pas, de cette image obsédante de moi, séparée de moi, et si j'avais été elle, alors ma mère m'aurait aimé comme je rêve encore qu'elle m'ait aimé - je dis ça brut de fonderie, ma mère m'a beaucoup aimé, mais (toujours un "mais") j'étais sans doute trop sensible pour ne pas me déliter peu à peu - je dirais ça plus tard, c'est pas le moment ; et je m'en venge, de cette image putain, avec tout ce que j'ai, les formes folles des imagos maternels et paternels (j'avais écrit de ma mère et de mon père, la première fois) - le regard dévorateur et la métamorphose inhumaine. C'est ça c'est ça ! Ca explique aussi pourquoi je pouvais pas me détacher de la sensation que Harry Potter dans ce rêve, c'est aussi ma mère - ça me paraissait trop téléphoné, et je me suis dit que j'imaginais, mais un bout de HP, c'est elle, oui, la partie gentille de la double imago maternelle; et du coup c'est aussi une revanche de mon père sur l'ordre des mères, sive des femmes ! C'est tordu mais ça marche ! Pourquoi tu es morte ? , c'est ça que crie le père, oui, oui, oui, pourquoi tu es morte, tu n'avais pas le droit, etc. et il détruit (zerricht, rips off HaRIPotter) l'ordre des fils sous le regard dévorateur - le mien - maternel ; pour se venger des mères ; lui aussi. C'est un rêve ou le masculin féminisé se venge de l'ordre des femmes (j'aurais dû écrire "des mères", j'ai écrit "des femmes", je laisse, interprète qui voudra), en disloquant sadiquement le corps des fils ou des héros imposés par la mère. Quel magma ! Mais c'est ça, dans le ça, qu'il y a, quand ça rencontre le langage. Je m'attends pas à ce que vous compreniez, d'ailleurs, j'ai presque écrit ça d'une traite - le presque est de trop, je sais, mais c'est comme ça, quand on tape, c'est pas non plus comme quand on parle).

Je m'en sens plus libre de ce rêve d'un coup, tient, c'est marrant, il colle plus, enfin, pour l'instant. -

01/01/2008

01/01/08 - 23:29

Couci couça

Dans le texte, la séduction. Captation d'une ressource : moi, cherché dans un regain d'attention venu d'ailleurs – Narcisse adolescent.

Beaucoup d'importance, il a, ce moi. Lampe a bout de souffle qui grésille et dont la lumière tremble d'un trop d'intensité.

Écrire : donner corps à ce qui peut faire jeu - tout le cortège d'un passé moins collant, enfin - dans un simple ecce homo.

Mais là, la rechute. Chercher dehors, alors, ce qui ne joue plus dedans. Passé gluant comme un mauvais sperme. Et me sentir indigne d'exister même.

Non, non, je ne songe pas à en finir. Vouloir n'exister pas n'est pas désire mourir. Je n'ai pas envie de mourir. Je n'en ai jamais eu envie. Mais l'envie de vivre se fait plus difficile à mesure que se ravive ce sentiment, de mon indignité.

Sentiment sans cause aisée à retranscrire. Ancien, sans doute, issu d'obscure enfance. Je vais essayer, quand même.

Je suis indigne. C'est tout. J'en fais jamais assez pour être digne, je veux dire, vraiment digne, au point que la question de la dignité ne se pose pas. En faire assez. Ou en être assez. C'est pareil, ici : présenter au juge interne incarné dans le terrible imago maternel les signes, tous les signes, qu'on est à la hauteur des attentes. En faire assez ou en être assez, c'est être projeté à l'extérieur, dans la production des signes qui combleront le juge. Et moi, je suis fatigué, fatigué, de tous ces labyrinthes à traverser avant de pouvoir être vraiment - de n'avoir plus rien à faire, à prouver, à bâtir, pour être aimé, tout simplement !

Ah oui, les labyrinthes... Je ne vous ai pas raconté les labyrinthes. Ce n'est pas facile, il faudrait que je vous parle de mes rêves, des actions qui n'y aboutissent jamais, et du terrible sentiment... d'urgence coupable qu'il y a pourtant à les faire aboutir - fermer une valise, aller à l'aéroport, rejoindre quelqu'un, etc. Avec tous les obstacles et toutes les répétitions qui viennent s'intercaler, on n'arrive jamais nulle part : il y a toujours quelque chose à faire en plus avant d'arriver à la chose même oui, c'est sexuel, bien sûr, ça l'est devenu, explicitement, avec la puberté - la chose même : l'objet par quoi l'on jouit. J'appelle ça "des rêves-labyrinthes". C'est banal, sans doute, tout le monde en fait, mais de 10 à 37 ans, ce sont quasiment les seuls que j'aie jamais faits. Parfois ce sont de vrais labyrinthes, physiques, je veux dire. Pour le coup, là, c'est vraiment bien : je rêve des villes vraiment extraordinaires, vous savez, des Prague et des Paris comme vous n'avez jamais vu. Mais le plus souvent, ce ne sont que des labyrinthes d'actions, vides de tous personnages identifiables, sinon moi. Ce n'est que depuis peu qu'il y a des gens dans les labyrinthes de mes rêves.

Il faut dire aussi que le sentiment de panique, l'affolement, exactement, que je contacte dans le monde des rêves est le même lorsque je me retrouve à devoir faire face, réveillé, à une situation inconnue : personne que je ne connais pas, nouveau cadre de travail, première expérience de ci ou ça, dès lors qu'y est impliqué le regard d'autrui. Parce que tout regard, c'est une évaluation : une instance du juge qui dira si l'on est digne ou pas. On comprendra l'importance de devenir premier de la classe - et les galipettes intellectuelles pour me justifier de ne l'être pas en gym, ou de ne l'être pas absolument partout, du moment que ma moyenne générale était supérieure à celle des autres... Derrière tout ça, il y avait : dîtes-moi que je suis digne. Bien sûr, ça signifie : aimez-moi, je veux dire, aimez-moi enfin sans me demander rien en échange.

Voilà, la rechute. C'est ça. Me sentir indigne, à nouveau, collé à mon passé. Bien sûr, vous ne pouvez en général pas faire grand chose pour m'aider. JC y arrive parfois - pas en ce moment, il est trop mal, lui aussi. Et B., surtout, oui, B. a ce rare talent là de me déscotcher de ce sentiment qu'au fond je ne parviens pas à lâcher parce que je ne veux pas vraiment le lâcher parce que si je le lâche j'abandonne et j'accepte d'être indigne donc je serai jamais aimé et le seul fond qui me reste à éprouver est celui du terrible désespoir que je sens là, du bébé qui pleure et qu'on ne prend pas dans les bras, même si on lui parle - je ne dis pas que c'est le traumatisme initial, juste que ça reconnecte avec ça - et la tétanie de tout le corps et la sensation d'être en Enfer qui va avec et le hurlement qui ne vient pas qui reste enfermé dans la poitrine qui ne vient pas sinon dedans et qui ravage oh ! bien des choses dedans ce hurlement silencieux qui se réveille chaque fois que je n'ai pas été accueilli totalement alors que ça n'allait pas, que j'avais fait des efforts pourtant, oh ! accueilli oui, avec beaucoup beaucoup de tendresse mais cette pointe toujours d'insatisfaction, de non validation de ce que je suis, de peux mieux faire, de feras mieux ! cette pointe enfichée dans l'imago la terrible imago, la maternelle, double, marâtre et sucre.

Alors oui, je ne peux pas facilement me déscotcher de ça, reconnecter avec d'autres ressources - j'en ai d'autres, bien sûr. Alors je fuis. Dans ma tête. Dans le sexe. Dans l'appropriation de toutes ces choses extérieures qui me rendraient digne. Le savoir absolu. Le corps des garçons.

Écrire, non, pas pour séduire - je n'écrirais pas comme ça, si je n'écrivais que pour séduire. Mais avec le fantasme que ça peut séduire. Parce que bon, on le comprendra, là, j'en ai besoin. Ce n'est pas vital - sinon je ne pourrais même pas vous le raconter. C'est juste un besoin énorme, que je regarde, là, œuvrer en moi, là, où il y a le hurlement silencieux, toute la solitude glacée de l'Enfer - désespéré.

Je ne sais pas trop quoi en faire, de ce besoin - tout net : il me pourrit la vie. JC me dit d'en faire une offrande. Il a raison, mais c'est difficile. Offrir son désespoir comme on offre sa joie. Offrir sa nudité. Il faut y perdre un paquet d'orgueil avant de pouvoir faire ça - il y a sans doute de l'humilité dans une telle offrande quand elle parvient à se faire.

Il y a aussi un paquet de courage : offrir ça, c'est affronter le désespoir, en face. Or on lutte contre lui - tout contre, voui ! On ne veut tout simplement pas le laisser nous envahir un seul instant - c'est trop douloureux. Mais pour l'offrir, il faut le regarder entièrement, l'accueillir pour de bon - parce que de toute façon, il est là. Moi, je ne parviens encore à le voir que de biais - mais je le vois, au moins, enfin : ça a mis du temps !

Alors bon. Je ne sais pas. J'écris, en attendant. Avec la conscience claire que, coupé de mes émotions parce que je me défend contre ça, je suis aussi coupé de vous. C'est comme ça, pour l'instant.

Et là, j'aurais voulu écrire "excusez-moi", mais bon, il vous aurait été clair d'où cela venait. Il n'y a rien à excuser. Juste ce si grand besoin que j'ai de venir me perdre dans vos bras, qui ne seraient que ceux, absolus et fantasmés, de ma mère de quand j'étais tout petit petit petit petit ...

01/01/08 - 15:28

La Belle Dame Sans Merci - Juste une citation de Keats



And this is why I sojourn here
    Alone and palely loitering,
Though the sedge is withr'd from the lake,
    And no birds sing.


Ye full poem:

O what can ail thee, wretched knight-at-arms,
    Alone and palely loitering?
The sedge is wither'd from the lake,
    And no birds sing.

O, what can ail thee, wretched knight-at-arms,
    So haggard and so woe-begone?
The squirrel's granary is full,
    And the harvest's done.

I see a lily on thy brow,
    With anguish moist and fever dew;
And on thy cheek a fading rose
    Fast withereth too.

I met a lady in the meads,
    Full beautiful - a faery's child;
Her hair was long, her foot was light,
    And her eyes were wild.

I made a garland for her head,
    And bracelets too, and fragrant zone;
She look'd at me as she did love,
    And made sweet moan.

I set her on my pacing steed,
    And nothing else saw all day long,
For sideways would she lean, and sing
    A faery's song.

She found me roots of relish sweet,
    And honey wild, and manna dew;
And sure in language strange she said -
    'I love thee true.'

She took me to her elfin grot,
    And there she gazed, and sigh'd full sore,
And there I shut her wild wild eyes
    With kisses four.

And there she lulled me asleep,
    And there I dream'd - ah! woe betide!
The latest dream I ever dream'd
    On the cold hill side.

I saw pale kings, and princes too,
    Pale warriors, death-pale were they all;
They cried - 'La Belle Dame sans merci
    Thee hath in thrall!'

I saw their starv'd lips in the gloam,
    With horrid warning gaped wide,
And I awoke, and found me here
    On the cold hill side.

And this is why I sojourn here
    Alone and palely loitering,
Though the sedge is withr'd from the lake,
    And no birds sing.

 

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