Me raconter Allez, un peu de misérabilisme ~
Quand on me demande ce que je deviens, ou, comme l'autre soir, à devoir évoquer tel ou tel épisode d'un passé plus ou moins récent, les mots me manquent. Du coup, je biaise, je me fais fuyant ou froidement analytique. Impossible de construire un récit vivant des choses qui m'arrivent. C'est comme si les affects - foutrement nombreux - ne parvenaient pas, là, à se lier aux mots - tout autant foutrement nombreux. Ca ne s'agence pas comme il faudrait.
Insister alors est... douloureux. Parce que je sais que ce que je dirai n'intéressera pas. Comme fatalement, je le lirai sur le visage de mon interlocuteur, dans sa façon de changer de conversation, dans un certain... silence. Pour autant, c'est de moi qu'il s'agissait dans cette pauvre parole, et le désintérêt qu'on lui oppose est pire qu'une giffle - une confirmation de ce sentiment que j'ai depuis tout petit que de toute façon je n'intéresserai vraiment jamais personne.

(Je ne me suis jamais autant raconté que sur ce blog, au fond - mais de façon indirecte. Comme si je ne pouvais me dire que de façon cryptée, pouèmes et philosophèmes vagues ; et parfois, quelque rareté un peu plus vivante, dont je m'étonne.)