<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/</link><title>kliban</title><description>kliban</description><dc:language>fr</dc:language><dc:rights>Copyright 2011</dc:rights><dc:date>2011-12-19T20:03:06+01:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.gayattitude.com/" /><admin:errorReportsTo rdf:resource="mailto:webmaster@gayattitude.com"/><sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod><sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency><sy:updateBase>2000-01-01T12:00+00:00</sy:updateBase><item><title>Bien bien bien</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20111219200229/bien-bien-bien/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20111219200229/bien-bien-bien/</guid><description>Je t'aime

(bien)

Et la courbe attentive de tes bras comme deux fils à balancer la lune joyeuse
au pis replet des vaches heureuses.

meuh
que je t'aimemeuh meuh meuh

Oh l'odyssée de toi dans mes Charybde sans Scylla - mais les chants du repos
dans les plessis miens où d'amour ta lèvre déclot
les fruits du verbe et du silence

Eh bien ! je t'aime ! comme on dit à la nuit vertueuse où s'emmêlent
les amants aux virées neuves des chats

comme la pluie sur les toits, comme le vent ana-wènta qui souffle
plus loin que le parfum du miel et des songes.

Je t'aime, voilà, c'est dit, il le fallait c'était écrit dans la courbe de ta persévérance
à marier les impossibles aux matins de plomb et de lumière

Je t'aime
.

Na !</description><content:encoded><![CDATA[Je t'aime<br />
<br />
(bien)<br />
<br />
Et la courbe attentive de tes bras comme deux fils à balancer la lune joyeuse<br />
au pis replet des vaches heureuses.<br />
<br />
meuh<br />
que je t'aimemeuh meuh meuh<br />
<br />
Oh l’odyssée de toi dans mes Charybde sans Scylla - mais les chants du repos<br />
dans les plessis miens où d'amour ta lèvre déclot<br />
les fruits du verbe et du silence<br />
<br />
Eh bien ! je t'aime ! comme on dit à la nuit vertueuse où s'emmêlent<br />
les amants aux virées neuves des chats<br />
<br />
comme la pluie sur les toits, comme le vent ana-wènta qui souffle<br />
plus loin que le parfum du miel et des songes.<br />
<br />
Je t'aime, voilà, c'est dit, il le fallait c'était écrit dans la courbe de ta persévérance<br />
à marier les impossibles aux matins de plomb et de lumière<br />
<br />
Je t'aime<br />
.<br />
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Na !]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2011-12-19T20:02:29+01:00</dc:date></item><item><title>Tentation des forêts</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20111214190109/tentation-des-forets/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20111214190109/tentation-des-forets/</guid><description>Hic sunt sylvae magnae. Ce sont les taïgas dévorées de givre où jeûnent, blancs, les tigres. La terre dure se prépare à retenir l'hiver. Nulle ivresse sous la bure des humus enkystés par le gel.
Du Nord, un vent, qui m'a repris le cœur, gît désormais fixé sous les glaces factices des brumes indolentes, gros animaux huileux paissant les sous-bois désolés en grands bancs d'un blanc taché de feutre humide.
Une pourriture fongique fait aux troncs des escarres d'encre aux contours étranges, signes dont on aurait en vain marqué les détours d'un labyrinthe désormais vide. Là-bas, un cri brusque, un râle d'ailes perturbées. Une branche se détache, absorbée par la neige anéchoïde.
Un sang noir, soudain. Éclat de dent, bec, oiseau, l'œil précis de l'oiseau sur la carcasse désinvestie. Les tendons se contractent, les muscles rétrécissent. Silence sur les os qu'absorberont le printemps. Dans l'ancienne église des côtes n'œuvre plus que la vie digestive des biofilms extrêmophiles.
C'est une paralysie par défaut, une contracture subtile où toute chose s'emploie à se figer autour des autres - image que les anciens avaient d'un mouvement dans un corps plein : impossible.
Le terrier est une promesse à-jamais de chaleur et d'obscurité. - car le monde sera détruit, c'est inévitable, dans l'arrêt rigoureux de l'hiver ; césure qui s'annonce, au beau milieu de tout mouvement, d'un condensat transi des symétries magnétiques, tout devenir éteint, comme un grand noir d'être, une sanie brutale d'immobilité, une suspension sans nom, par même &quot;mort&quot; ; en attente d'un quelconque et invraisemblable printemps dont on ne saurait que rêver mais qui n'aura pas le bon goût d'être jamais réel.
</description><content:encoded><![CDATA[<i>Hic sunt sylvae magnae</i>. Ce sont les taïgas dévorées de givre où jeûnent, blancs, les tigres. La terre dure se prépare à retenir l'hiver. Nulle ivresse sous la bure des humus enkystés par le gel.<br />
Du Nord, un vent, qui m'a repris le cœur, gît désormais fixé sous les glaces factices des brumes indolentes, gros animaux huileux paissant les sous-bois désolés en grands bancs d'un blanc taché de feutre humide.<br />
Une pourriture fongique fait aux troncs des escarres d'encre aux contours étranges, signes dont on aurait en vain marqué les détours d'un labyrinthe désormais vide. Là-bas, un cri brusque, un râle d'ailes perturbées. Une branche se détache, absorbée par la neige anéchoïde.<br />
Un sang noir, soudain. Éclat de dent, bec, oiseau, l'œil précis de l'oiseau sur la carcasse désinvestie. Les tendons se contractent, les muscles rétrécissent. Silence sur les os qu'absorberont le printemps. Dans l'ancienne église des côtes n'œuvre plus que la vie digestive des biofilms extrêmophiles.<br />
C'est une paralysie par défaut, une contracture subtile où toute chose s'emploie à se figer autour des autres - image que les anciens avaient d'un mouvement dans un corps plein : impossible.<br />
Le terrier est une promesse à-jamais de chaleur et d'obscurité. - car le monde sera détruit, c'est inévitable, dans l'arrêt rigoureux de l'hiver ; césure qui s'annonce, au beau milieu de tout mouvement, d'un condensat transi des symétries magnétiques, tout devenir éteint, comme un grand noir d'être, une sanie brutale d'immobilité, une suspension sans nom, par même "mort" ; en attente d'un quelconque et invraisemblable printemps dont on ne saurait que rêver mais qui n'aura pas le bon goût d'être jamais réel.<br />
]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2011-12-14T19:01:09+01:00</dc:date></item><item><title>(Au petit babillard) Orées</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20111013232344/-au-petit-babillard-orees/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20111013232344/-au-petit-babillard-orees/</guid><description>Trop de mots, tu vois. Non, pas de toi. Toi, tu parles juste, dans l'emporté de tes jours. L'ouvert ne t'est pas étranger - fors celui installé dans le sans-pourquoi des roses, et le temps arrêté au mitan bleu du ciel. Trop de mots issus de moi - espérant un jeu qui s'y ferait sans le rude labeur du sens obligé, ou de la défense. D'où aussi que j'use de la volute et des résonances lointaines. Larvatus prodeo, maybe. 

Rares sont ceux qui se parlent, plus rares ceux qui s'écoutent. Les besaces pleines des savoirs sont encore  chambres d'échos, agitées des fatuités de ceux qui suivirent, sûrs de leur fait et prompts à condamner les erreurs anciennes. Ni la vérité sourde, ni la justice aveugle ; je cherche un son qui remplisse enfin l'espace. D'où que me fascinent les bizarreries inutiles, du symbolisme aux platoniciens tardifs - langues qui se heurtent à quelque chose d'impossible dans la réalité partagée, volutes que fait le sens aux abords de ce qui ne peut s'inscrire souplement dans le langage. Cela t'effraie. Mais tu parles pourtant juste, sur la crête qui relie la terre au ciel - dans l'inquiétude parfois des ascendantes sans limite.

Mes histoires sont lointaines - les infinis que je redoute sont logés dans le présent que je cherchais jadis à atteindre tout en les évitant :  vain combat. Tu voudras des raisons, autre chose que ces traces que j'efface à demi, un brin d'explication, un récit plein de causes et de rimes. Une poésie simple plutôt que ces proses entortillées. Il faudra s'y faire : je n'avance encore bien qu'en crabe, oblique et obscur, dans une ombre, moins qu'une pose, une posture pas vraiment confortable, une encre, armure des bêtes liquides, nero di seppia. N'y puis mais : je ne crois aux raisons que locales, et ma cervelle est plissée comme un taffetas chu, vague enroulée, émotions, élans et l'insistance unie du dehors.

Une fois encore, je me fais cette promesse de me taire. D'exposer moins de ce qui m'anime et qui, par étrange, effraie, ici ceux que je côtoie, là, ceux que j'apprécie. L'ami seul peut tout entendre ; ou bien m'est-il égal qu'il ne le puisse. Une fois encore, je me laisserai mentir. Ma tête loquace commente même le silence qui s'y fait. Ces trucs pourtant ne valent pas tripettes - nuages où l'on reconnaît des formes - et ne puis m'empêcher de me perdre dans le liseré qu'ils font à l'azur - formes et fond, persistance des milieux intérieurs, retour du mème, pattern recognition, automates savants, acouphènes, phosphènes.

Tu n'aimeras pas. Je ne prétends pas que tu aimes. Tu me laisseras vivre, comme tu le fais, depuis le début, telle une bête raide et craintive dont on respecte les trajets étroits sans les bien comprendre - craignant qu'un jour elle s'en retourne aux bosquets sauvages - pour de bonnes ou mauvaises raisons. Tu me reprendras même sur ces formules, qui ne reflètent pas tes trajets propres.  Ou ne me reprendras pas, anticipant quelque sourire en coin, eh ! chasseur tombé dans la mare que l'animal joueur aura placé sur sa trace.

Tout ceci, l'entendras-tu ?, est à la fois très important, et tout à fait secondaire. Ce sont des mots, juste - et je m'y perds. Je ne sais pas me raconter différemment - such stuff as dreams are made on. Fantômes d'un passé qui peu à peu s'éloigne. J'y suis sensible encore, le temps de l'apprivoisement. Le temps (long) de la reprogrammation, et hop ! l'espace, de ma nuque aux omoplates, se dotera d'un soleil plein de mots anciens et d'un rire neuf - que l'on entend déjà, si l'on sait.

D'ici là, je m'émerveille que tu trouves à demeurer dans ces parages que j'aurais crus toxiques pour ceux de ton espèce vive. Et t'espère, chaque jour, un peu, plus.</description><content:encoded><![CDATA[Trop de mots, tu vois. Non, pas de toi. Toi, tu parles juste, dans l'emporté de tes jours. L'ouvert ne t'est pas étranger - fors celui installé dans le sans-pourquoi des roses, et le temps arrêté au mitan bleu du ciel. Trop de mots issus de moi - espérant un jeu qui s'y ferait sans le rude labeur du sens obligé, ou de la défense. D'où aussi que j'use de la volute et des résonances lointaines. <i>Larvatus prodeo</i>, maybe. <br />
<br />
Rares sont ceux qui se parlent, plus rares ceux qui s'écoutent. Les besaces pleines des savoirs sont encore  chambres d'échos, agitées des fatuités de ceux qui suivirent, sûrs de leur fait et prompts à condamner les erreurs anciennes. Ni la vérité sourde, ni la justice aveugle ; je cherche un son qui remplisse enfin l'espace. D'où que me fascinent les bizarreries inutiles, du symbolisme aux platoniciens tardifs - langues qui se heurtent à quelque chose d'impossible dans la réalité partagée, volutes que fait le sens aux abords de ce qui ne peut s'inscrire souplement dans le langage. Cela t'effraie. Mais tu parles pourtant juste, sur la crête qui relie la terre au ciel - dans l'inquiétude parfois des ascendantes sans limite.<br />
<br />
Mes histoires sont lointaines - les infinis que je redoute sont logés dans le présent que je cherchais jadis à atteindre tout en les évitant :  vain combat. Tu voudras des raisons, autre chose que ces traces que j'efface à demi, un brin d'explication, un récit plein de causes et de rimes. Une poésie simple plutôt que ces proses entortillées. Il faudra s'y faire : je n'avance encore bien qu'en crabe, oblique et obscur, dans une ombre, moins qu'une pose, une posture pas vraiment confortable, une encre, armure des bêtes liquides, nero di seppia. N'y puis mais : je ne crois aux raisons que locales, et ma cervelle est plissée comme un taffetas chu, vague enroulée, émotions, élans et l'insistance unie du dehors.<br />
<br />
Une fois encore, je me fais cette promesse de me taire. D'exposer moins de ce qui m'anime et qui, par étrange, effraie, ici ceux que je côtoie, là, ceux que j'apprécie. L'ami seul peut tout entendre ; ou bien m'est-il égal qu'il ne le puisse. Une fois encore, je me laisserai mentir. Ma tête loquace commente même le silence qui s'y fait. Ces trucs pourtant ne valent pas tripettes - nuages où l'on reconnaît des formes - et ne puis m'empêcher de me perdre dans le liseré qu'ils font à l'azur - formes et fond, persistance des milieux intérieurs, retour du mème, pattern recognition, automates savants, acouphènes, phosphènes.<br />
<br />
Tu n'aimeras pas. Je ne prétends pas que tu aimes. Tu me laisseras vivre, comme tu le fais, depuis le début, telle une bête raide et craintive dont on respecte les trajets étroits sans les bien comprendre - craignant qu'un jour elle s'en retourne aux bosquets sauvages - pour de bonnes ou mauvaises raisons. Tu me reprendras même sur ces formules, qui ne reflètent pas tes trajets propres.  Ou ne me reprendras pas, anticipant quelque sourire en coin, eh ! chasseur tombé dans la mare que l'animal joueur aura placé sur sa trace.<br />
<br />
Tout ceci, l'entendras-tu ?, est à la fois très important, et tout à fait secondaire. Ce sont des mots, juste - et je m'y perds. Je ne sais pas me raconter différemment - such stuff as dreams are made on. Fantômes d'un passé qui peu à peu s'éloigne. J'y suis sensible encore, le temps de l'apprivoisement. Le temps (long) de la reprogrammation, et hop ! l'espace, de ma nuque aux omoplates, se dotera d'un soleil plein de mots anciens et d'un rire neuf - que l'on entend déjà, si l'on sait.<br />
<br />
D'ici là, je m'émerveille que tu trouves à demeurer dans ces parages que j'aurais crus toxiques pour ceux de ton espèce vive. Et t'espère, chaque jour, un peu, plus.]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2011-10-13T23:23:44+01:00</dc:date></item><item><title>Bleu-rose</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20111003012104/bleu-rose/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20111003012104/bleu-rose/</guid><description>Rose et bleu. Ou bose ou rleu. Ce joli chien rleu dans la vitrine irait-il avec la robe osée, beh! , de ma poupée, avec ce ciel d'adieux pommelé plus qu'un blues ? Ouaf ! Ma peau se met au rose mal peigné. Morose nuit vernie et ton regard, bleu meurtri, qui me vrille d'une absence que je t'impose, oui - la mer esseulée ne connaît d'horizon que le rleu. Et le rose, sans pourquoi, et le bleu, le bleu, toutout.

Alors comment hein, comment ? dans la délivrade des bleu ou rose, choisir ? Homo-toi dérangé des couleurs qu'on ne lui assigne que du bout des doigts, masque et gants, histoire de... ne contaminer pas la colorée de son cœur à soi, si précieux si précieux, son caca doigt, son jaune sanie, son sang vieux. Homo-toi désolé des couleurs qui cherche l'unique à-plat délivreur de vérité des reins et des nombres. Alors ? Piocher un petit rond de gouache et dessiner humeurs de rose affamée et de Petits Princes rleus aux yeux dévirés, amoureux des aviateurs et des serpents dans la semée bleue des errantes. Dessiner à en perdre ses cônes et bâtonnets, à n'en garder que la sensation-peau, tracée des couleurs, présent d'une dorure dans le ventre des amours qui à nuls ne s'adressent, mais à tout.



(déc. 2009)
Toute ressemblance, etc.
Et, oui, au dodo ! </description><content:encoded><![CDATA[Rose et bleu. Ou bose ou rleu. Ce joli chien rleu dans la vitrine irait-il avec la robe osée, beh! , de ma poupée, avec ce ciel d'adieux pommelé plus qu'un blues ? Ouaf ! Ma peau se met au rose mal peigné. Morose nuit vernie et ton regard, bleu meurtri, qui me vrille d'une absence que je t'impose, oui - la mer esseulée ne connaît d'horizon que le rleu. Et le rose, sans pourquoi, et le bleu, le bleu, toutout.<br />
<br />
Alors comment hein, comment ? dans la délivrade des bleu ou rose, choisir ? Homo-toi dérangé des couleurs qu'on ne lui assigne que du bout des doigts, masque et gants, histoire de... ne contaminer pas la colorée de son cœur à soi, si précieux si précieux, son caca doigt, son jaune sanie, son sang vieux. Homo-toi désolé des couleurs qui cherche l'unique à-plat délivreur de vérité des reins et des nombres. Alors ? Piocher un petit rond de gouache et dessiner humeurs de rose affamée et de Petits Princes rleus aux yeux dévirés, amoureux des aviateurs et des serpents dans la semée bleue des errantes. Dessiner à en perdre ses cônes et bâtonnets, à n'en garder que la sensation-peau, tracée des couleurs, présent d'une dorure dans le ventre des amours qui à nuls ne s'adressent, mais à tout.<br />
<br />
<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/k/l/kliban/20111003-3901656784e88f26f34104.jpg" width="240" height="240" border="1" alt="" title="" /></div><br />
<br />
<small>(déc. 2009)</small><br />
<small>Toute ressemblance, etc.</small><br />
<small>Et, oui, au dodo ! </small>]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2011-10-03T01:21:04+01:00</dc:date></item><item><title>Akhmatovoj - M. Tsvetaeva</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20110925193019/akhmatovoj-m-tsvetaeva/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20110925193019/akhmatovoj-m-tsvetaeva/</guid><description>(ça devrait être facile de trouver une traduction française, dans les œuvres complètes ou autres, si elles existent)

Ce sont les paroles de la chanson (...) dans la playlist.

For Akhmatova (1921) By Marina Tsvetaeva
Whose lashes today
Do you weather?
My black-scarfed-lady!
Black-arts-master!

Your days are midnight,
Your century, a gypsy band...
Era of workers, all of it,
You take in your hand.

When it‘s an easy task,
Are you a comrade-worker?
My shirker of dirty work,
Black arts master!

Neither tears, nor fame
Can a grave, requite,
Life stays the same—
An astonishment.

Others stayed to look
Around the low wall,
(Arrogance, a hawk!)
And let time stall.

Your brothers are lofty!
Distance unmeasured!
My clear-eyed-lady,
Black arts master!

From pain (asked for—
Wonder of wonders!)
Hawklike, its arrow,
Dovecot, its terror...

(Kem polosynka tvoya
Nynche vyzhnet·sya?
Chernokosynka moya!
Chernoknizhnitsa!

Dni polnochnye tvoi,
Vek tvoi tabornyi . . .
Vse rabotnichki tvoi
Razom zabrany.

Gde spodruchniki tvoi,
Te spodvizhnichki?
Beloruchenka moya,
Chernoknizhnitsa!

Ne zagladit teh mogil
Slezoi, slavoyu,
Odin zazhivo hodil—
Kak udavlennyi.

Drugoi k stenochke poshel
Iskat pribyli,
I gordets zhe byl-sokol !)
Razom vybyli.

Visoko tvoi brat'ya !
Ne doklicheshsya!
Yasnookonka moya,
Chernoknizhnitsa!

A iz tuchi-to (hvala—
Divo divnoe!)
Sokolinaya strela,
Golubinaya...

Translittération Google)</description><content:encoded><![CDATA[(ça devrait être facile de trouver une traduction française, dans les œuvres complètes ou autres, si elles existent)<br />
<br />
Ce sont les paroles de la chanson (...) dans la playlist.<br />
<br />
For Akhmatova (1921) By Marina Tsvetaeva<br />
Whose lashes today<br />
Do you weather?<br />
My black-scarfed-lady!<br />
Black-arts-master!<br />
<br />
Your days are midnight,<br />
Your century, a gypsy band...<br />
Era of workers, all of it,<br />
You take in your hand.<br />
<br />
When it‘s an easy task,<br />
Are you a comrade-worker?<br />
My shirker of dirty work,<br />
Black arts master!<br />
<br />
Neither tears, nor fame<br />
Can a grave, requite,<br />
Life stays the same—<br />
An astonishment.<br />
<br />
Others stayed to look<br />
Around the low wall,<br />
(Arrogance, a hawk!)<br />
And let time stall.<br />
<br />
Your brothers are lofty!<br />
Distance unmeasured!<br />
My clear-eyed-lady,<br />
Black arts master!<br />
<br />
From pain (asked for—<br />
Wonder of wonders!)<br />
Hawklike, its arrow,<br />
Dovecot, its terror...<br />
<br />
(Kem polosyn&#697;ka tvoya<br />
Nynche vyzhnet·sya?<br />
Chernokosyn&#697;ka moya!<br />
Chernoknizhnitsa!<br />
<br />
Dni polnochnye tvoi,<br />
Vek tvoi&#774; tabornyi&#774; . . .<br />
Vse rabotnichki tvoi<br />
Razom zabrany.<br />
<br />
Gde spodruchniki tvoi,<br />
Te spodvizhnichki?<br />
Beloruchen&#697;ka moya,<br />
Chernoknizhnitsa!<br />
<br />
Ne zagladit&#697; teh mogil<br />
Slezoi&#774;, slavoyu,<br />
Odin zazhivo hodil—<br />
Kak udavlennyi&#774;.<br />
<br />
Drugoi&#774; k stenochke poshel<br />
Iskat&#697; pribyli,<br />
I gordets zhe byl-sokol !)<br />
Razom vybyli.<br />
<br />
Visoko tvoi brat'ya !<br />
Ne doklichesh&#697;sya!<br />
Yasnookon&#697;ka moya,<br />
Chernoknizhnitsa!<br />
<br />
A iz tuchi-to (hvala—<br />
Divo divnoe!)<br />
Sokolinaya strela,<br />
Golubinaya...<br />
<br />
Translittération Google)]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2011-09-25T19:30:19+01:00</dc:date></item><item><title>Again</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20101109004115/again/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20101109004115/again/</guid><description>(tu le sens s'imposer. Qu'y puis-tu ? Il faudra bien que ça passe, vers pubescent des recoins de l'épigastre lové dans l'arbre immense de la glotte - jusqu'au lit des sanglots. C'est ainsi depuis que tu as dix ans. N'y puis mais. Laisser passer. La nature ne supporte pas longtemps le vide.)</description><content:encoded><![CDATA[(tu le sens s'imposer. Qu'y puis-tu ? Il faudra bien que ça passe, vers pubescent des recoins de l'épigastre lové dans l'arbre immense de la glotte - jusqu'au lit des sanglots. C'est ainsi depuis que tu as dix ans. N'y puis mais. Laisser passer. La nature ne supporte pas longtemps le vide.)]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2010-11-09T00:41:15+01:00</dc:date></item><item><title>Vanités</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20101012123901/vanites/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20101012123901/vanites/</guid><description>
La peau de mes mains se frippe comme mon humeur.
Mon visage hésite encore à s'accorder au coin des yeux les rides qu'on se doit après quarante ans de sourire - à mon front seul, persistante enfin, la trace de ces sable que l'anxiété assèche. Le jeune homme peine à disparaître, sentirais-je déjà ce que mon cou sera, dans la disponibilité plus souple, moins élastique où je le sens s'engager - imperceptible à tout autre  qui n'aurait pas ce corps en dotation.
Mais la peau de mes mains, oui, dit ce qui s'en vient de l'éloignement du jeune homme. La peau s'y tavèle peu à peu, au hasard inévitable des printemps, dessèche doucement, un lait qui refroidit ne fait pas plus fines ridules.
Les ongles seuls, roses et réguliers, font mentir l'âge qui vient - mais je sais, pour les avoir vu aux mains de ma mère, de mes grands-mères, que j'aurai la griffe jaunâtre et peut-être cassante.
Je vieillis à mesure que mon âge me rattrape. 25 ans en ce moment. Ce sera vite passé, désormais le retard se comble vite. Je saurai ce qu'il en est des 40 d'ici 5 à 10 ans. Et avec un peu de chance, à 70 ans, j'en aurai 70, pour de bon.

Mais alors une seule chose resterait, une seule, j'aimerais, une enfance liquide au fond du regard. Puisqu'au fond, cette carcasse courant à la mort n'est rien, rien qu'un bout d'univers sis dans l'immanence de sa manifestation. 
Je veux savoir qu'il n'est personne pour mourir. Le savoir au fond de mes tripes, d'une certitude qui ne soit une croyance de consolation.

</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/k/l/kliban/20101012-8757444964cb441f513f55.jpg" width="200" height="300" border="1" alt="" title="" /></div><br />
La peau de mes mains se frippe comme mon humeur.<br />
Mon visage hésite encore à s'accorder au coin des yeux les rides qu'on se doit après quarante ans de sourire - à mon front seul, persistante enfin, la trace de ces sable que l'anxiété assèche. Le jeune homme peine à disparaître, sentirais-je déjà ce que mon cou sera, dans la disponibilité plus souple, moins élastique où je le sens s'engager - imperceptible à tout autre  qui n'aurait pas ce corps en dotation.<br />
Mais la peau de mes mains, oui, dit ce qui s'en vient de l'éloignement du jeune homme. La peau s'y tavèle peu à peu, au hasard inévitable des printemps, dessèche doucement, un lait qui refroidit ne fait pas plus fines ridules.<br />
Les ongles seuls, roses et réguliers, font mentir l'âge qui vient - mais je sais, pour les avoir vu aux mains de ma mère, de mes grands-mères, que j'aurai la griffe jaunâtre et peut-être cassante.<br />
Je vieillis à mesure que mon âge me rattrape. 25 ans en ce moment. Ce sera vite passé, désormais le retard se comble vite. Je saurai ce qu'il en est des 40 d'ici 5 à 10 ans. Et avec un peu de chance, à 70 ans, j'en aurai 70, pour de bon.<br />
<br />
Mais alors une seule chose resterait, une seule, j'aimerais, une enfance liquide au fond du regard. Puisqu'au fond, cette carcasse courant à la mort n'est rien, rien qu'un bout d'univers sis dans l'immanence de sa manifestation. <br />
Je veux savoir qu'il n'est personne pour mourir. Le savoir au fond de mes tripes, d'une certitude qui ne soit une croyance de consolation.<br />
<br />
<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/k/l/kliban/20101012-16188473004cb442207eb12.jpg" width="200" height="300" border="1" alt="" title="" /></div>]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2010-10-12T12:39:01+01:00</dc:date></item><item><title>Cowardice</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20101011225742/cowardice/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20101011225742/cowardice/</guid><description>Expecting something to happen. 'Cause it cannot go on like that - this very mess of things, of thoughts, of beliefs, of mobile phones and commitments, of blow jobs and books and distresses, of ownerships and shops and chops of lamb, of splinters in the eye and the sad blue balloons of mornings, it cannot go on, muscles shrinking in their fascia around the bones they go a-sponging their own way towards the grave never minding the gravy the fleshy thinking nonsense here and there now and then.


Things don't have any sense. 

But still things do not get united, be it in nonsense. 
Why do the desire for sense, the reflexes around sense-seeking and searching scorchingly linger here?

I guess I am a coward, avoiding the thresholds, unwilling to let go of the flesh, the pleasure, the torrents of sperm and learning protecting the emptiness inside. And I go on living in the limbo the gentle life of the undead. Rushing thus to the grave, in the darkness to the darkness.

Pfew!

Pathetic (is it not?).</description><content:encoded><![CDATA[Expecting something to happen. 'Cause it cannot go on like that - this very mess of things, of thoughts, of beliefs, of mobile phones and commitments, of blow jobs and books and distresses, of ownerships and shops and chops of lamb, of splinters in the eye and the sad blue balloons of mornings, it cannot go on, muscles shrinking in their fascia around the bones they go a-sponging their own way towards the grave never minding the gravy the fleshy thinking nonsense here and there now and then.<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/k/l/kliban/20101011-8651002324cb37a298eb13.jpg" width="442" height="313" border="1" alt="" title="" /></div><br />
Things don't have any sense. <br />
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But <i>still</i> things do not get united, be it in nonsense. <br />
Why do the desire for sense, the reflexes around sense-seeking and searching scorchingly linger here?<br />
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I guess I am a coward, avoiding the thresholds, unwilling to let go of the flesh, the pleasure, the torrents of sperm and learning protecting the emptiness inside. And I go on living in the limbo the gentle life of the undead. Rushing thus to the grave, in the darkness to the darkness.<br />
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Pfew!<br />
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Pathetic (is it not?).]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2010-10-11T22:57:42+01:00</dc:date></item><item><title>Notule</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20101011170304/notule/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20101011170304/notule/</guid><description>(Toujours pas trouvé ma façon d'être parmi les gens.

Ce qui est assez profondément déprimant.)</description><content:encoded><![CDATA[(Toujours pas trouvé ma façon d'être parmi les gens.<br />
<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/k/l/kliban/20101011-11229404784cb327138d4ac.jpg" width="280" height="300" border="1" alt="" title="" /></div><br />
Ce qui est assez profondément déprimant.)]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2010-10-11T17:03:04+01:00</dc:date></item><item><title>Course</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20100901015026/course/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20100901015026/course/</guid><description>Dans mon lit se terre une chose que je ne connais pas et qui m'empêche d'aller le rejoindre.
L'âme en peine, le corps en sommeil, pris d'épuisement avec ce vent de lave au bide et la cotonnade des pensées affolées.
Quelque chose dont je ne me débarrasse pas. Inquiétude. Angoisse. Je vais devoir anticiper sur un rendez-vous thérapeutique. Rien n'y fait. Depuis l'enfance il y a ce sans-nom du soir qui m'accroche à la roue du tout-savoir. Pare-excitation de bas étage, et qui ne sert plus. Ou mal. 
Ce n'est plus la peur du noir. Du sommeil sans doute. Ou, oui, de quitter la veille qui permettrait de réagir au danger qui guette : l'éveillé ne passe pas à côté du train des choses. Et il a le temps de fuir. Fuir le sommeil pour pouvoir fuir. Ce qui guette. Et n'attend que le repos pour emporter cette vie loin de là. Laisser passer l'occasion. Eviter le-train-la-mort. Dans tous les cas : survie.

Je ne sais pas trop d'où cela me vient. D'anciennetés, assurément, cachées dans la tout petite enfance. On ne se défait jamais, dit-on, d'une anxiété acquise à ce moment là. Alors je veille, pour chasser le croque-mitaine et l'homme de sable. 
Et pendant ces périodes, où les 2 heures du mat sont un minimum, il me faut l'épuisement d'un corps qui lâche pour que l'humeur accepte. De me foutre la paix avec ses peurs sans papa ni maman. Qui ne renvoient à rien d'autre que cette possibilité, malencontreusement activée, de mon organisme, à veiller contre les dangers que ressentent les bestioles traquées. On aura beau me dire que rien ni personne ne me traque. Je le sais bien. Et je l'sais pas. Seule la caresse me calme, alors. 
Et quand je n'en ai pas, le sesque. Ou les livres. Ou les longues veilles devant Internet. Alors même que des excès j'en sais les méfaits, sur mon organisme. Je n'y puis mais. L'affolement diffus - mais très perceptible, désormais - m'empêche de faire quoi que ce soit d'autre. Sauf volonté difficile. Âpre. Il y a de la jouissance à être affolé - question de survie, j'en tire un bénéfice intérieur, minime, bénéfice de drogué - à entretenir cet état. Comme si je courrais derrière un truc, qu'à l'attraper, ce serait enfin le repos. Difficile de se détacher d'une course pareille. Comme un lévrier après un leurre.

Mais au bout, ya rien.



Bon. Arrêter. Déconnecter. 

</description><content:encoded><![CDATA[Dans mon lit se terre une chose que je ne connais pas et qui m'empêche d'aller le rejoindre.<br />
L'âme en peine, le corps en sommeil, pris d'épuisement avec ce vent de lave au bide et la cotonnade des pensées affolées.<br />
Quelque chose dont je ne me débarrasse pas. Inquiétude. Angoisse. Je vais devoir anticiper sur un rendez-vous thérapeutique. Rien n'y fait. Depuis l'enfance il y a ce sans-nom du soir qui m'accroche à la roue du tout-savoir. Pare-excitation de bas étage, et qui ne sert plus. Ou mal. <br />
Ce n'est plus la peur du noir. Du sommeil sans doute. Ou, oui, de quitter la veille qui permettrait de réagir au danger qui guette : l'éveillé ne passe pas à côté du train des choses. Et il a le temps de fuir. Fuir le sommeil pour pouvoir fuir. Ce qui guette. Et n'attend que le repos pour emporter cette vie loin de là. Laisser passer l'occasion. Eviter le-train-la-mort. Dans tous les cas : survie.<br />
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Je ne sais pas trop d'où cela me vient. D'anciennetés, assurément, cachées dans la tout petite enfance. On ne se défait jamais, dit-on, d'une anxiété acquise à ce moment là. Alors je veille, pour chasser le croque-mitaine et l'homme de sable. <br />
Et pendant ces périodes, où les 2 heures du mat sont un minimum, il me faut l'épuisement d'un corps qui lâche pour que l'humeur accepte. De me foutre la paix avec ses peurs sans papa ni maman. Qui ne renvoient à rien d'autre que cette possibilité, malencontreusement activée, de mon organisme, à veiller contre les dangers que ressentent les bestioles traquées. On aura beau me dire que rien ni personne ne me traque. Je le sais bien. Et je l'sais pas. Seule la caresse me calme, alors. <br />
Et quand je n'en ai pas, le sesque. Ou les livres. Ou les longues veilles devant Internet. Alors même que des excès j'en sais les méfaits, sur mon organisme. Je n'y puis mais. L'affolement diffus - mais très perceptible, désormais - m'empêche de faire quoi que ce soit d'autre. Sauf volonté difficile. Âpre. Il y a de la jouissance à être affolé - question de survie, j'en tire un bénéfice intérieur, minime, bénéfice de drogué - à entretenir cet état. Comme si je courrais derrière un truc, qu'à l'attraper, ce serait enfin le repos. Difficile de se détacher d'une course pareille. Comme un lévrier après un leurre.<br />
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Mais au bout, ya rien.<br />
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Bon. Arrêter. Déconnecter. <br />
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]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2010-09-01T01:50:26+01:00</dc:date></item><item><title>Où l'auteur se laisse longuement et trop sérieusement aller à des divagations spiritualisantes mais néanmoins personnelles quoique peu originales</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20100828011016/ou-l-auteur-se-laisse-longuement-et-trop-serieusement-aller-a-des-divagations-spiritualisantes-mais-neanmoins-personnelles-quoique-peu-originales/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20100828011016/ou-l-auteur-se-laisse-longuement-et-trop-serieusement-aller-a-des-divagations-spiritualisantes-mais-neanmoins-personnelles-quoique-peu-originales/</guid><description>Tapé ce soir au km. Cela s'en ressentira sans doute, ne serait-ce que par les coquilles. J'ai suivi les idées comme ça venait à partir de la question jetée comme par hasard sur l'écran. Sans doute indigeste. Ca partait libre et puis ça a rebouclé sur des thématiques et des modes qui me sont plus familiers, sans doute trop balisés. Je le laisse sur GA, pour le moment, où il est né. [Quelques modifs de forme apportées le lendemain]

Au fond, qu'ai-je en propre ?

Je passe tant et tant dans l'idée que ce corps, ces mots qui ressassent et inventent, ces pensées sans trêves, ces émotions à nouer la gorge d'un hoquet ou d'un rire, toutes ces choses sont miennes.

Ca veut dire quoi, mien ?  Comment quoi que ce soit de mien peut-il disparaître avec la mort de cet organisme. Comment peut-il y a voir un temps sans moi, puis avec moi puis sans moi, si moi est quelque chose ? Je veux dire : une chose solide, plus solide en tout cas que le point d'arrêt forcé dans le mouvement d'un doute (je pense donc je suis, disait l'autre) ou l'unité fugace (limitée dans le temps) d'une conscience, d'un flux de pensées, d'affects, etc.

Que se passe-t-il quand je meurs ? Toutes ces choses qui sont miennes, je les perdrais ? Elles ne seraient plus miennes ? Je comprends alors que la mort soit un truc terrible, si toutes ces choses miennes s'accrochent et refusent d'être dispersées dans la désappropriation qui survient.

Mais bon. Si je regarde bien, je ne trouve pas grand chose qui soit vraiment mien. Evidemment, il y a plein de choses que je revendique comme miennes. Mes yeux. Mon nez. Mes cheveux. Ma bitte. Mes fantasmes. Mes connaissances. Mes parents. Etc. A des degrés et avec des qualités diverses. Je dirais : c'est moi, ou c'est à moi. Il y a là une nuance et une identité (moi = à moi) assez troublante. Et si je la regarde un peu attentivement, elle me paraît idiote. Si ce qui est à moi est ce qui me constitue, qu'est-ce que ce moi qui est constitué ? Juste une collection de choses qui sont revendiquées comme &quot;à moi&quot; ? Mais qu'est-ce que cette revendication-là ? Un sentiment ? Un organe ? Une de ces choses, justement ? Qui ferait tenir l'ensemble ? Peut-être... En ce cas, moi, ce n'est pas grand chose. Juste l'illusion d'être quelque chose - mais un agrégat, au fond (l'idée est bouddhiste), de choses disparates qui tiennent ensemble et ont un semblant d'unité parce que le bricolage dont leur assemblage est issu requiert de l'unité - organique. &quot;Moi&quot;, au fond, ce n'est plus qu'un organe transitoire, qui se prend transitoirement pour le possesseur des choses - qui porte le sentiment et les représentations de possession. 

Sans doute est-ce plus facile avec mes pensées. Avec mon corps... j'ai du mal à me dire, à sentir, que mon corps n'est pas à moi - il est plus facile de sentir, parfois, qu'il n'est pas moi. Mais bon... c'est depuis ce corps que toute perception se fait, que le monde tel qu'il est vécu en première personne (et pas tel que je me représente que vous pourriez le vivre) est comme assigné à ce corps - c'est &quot;mon&quot; monde, le seul monde que je connaisse, primairement manifesté comme depuis ce point de vue singulier, générateur de la polarisation fondamentale qui fait que je ne pourrai jamais percevoir le monde d'emblée comme un espace homogène et isotrope (Nota : quand je dis &quot;manifestation&quot;, ça se réfèrera toujours à ça : pas à l'univers comme un truc objectif, extérieur, mais à ce qui apparaît dans la seule conscience : ce qui n'apparaît pas à ma conscience, d'une façon ou d'une autre - perception, histoire, émotion, démonstration, etc -, ne fait pas partie de la manifestation). Du coup, j'ai du mal à ne pas me rapporter immédiatement à mon corps comme à moi. Aristotélicien en cela - l'âme, le moi (si l'on veut) est la forme du corps. 

Mais il reste quand même cette ambiguïté, que mon corps n'est pas moi - puisque je peux perdre un bras, à papa-dieu ne plaise, sans me perdre moi. A moi, mais pas moi. Mais pourtant, je m'identifie à lui. Compliqué. Si je deviens fou. Ou si je choppe Alzheimer. Peu-être. Mais ce sont les autres qui disent que je ne suis plus moi. Peut-être alors que j'expérimenterais, comme avec la mort, les limites de la consistance de ce sentiment de &quot;moi&quot;. Mais &quot;je&quot; risque de ne pas m'en rendre compte. Peut-être que de &quot;moi&quot;, il est difficile d'expérimenter ainsi les limites de la consistance. Que moi est un truc qui ne consiste que de s'affirmer. Et que dès qu'il se délite, à s'affirmer encore, c'est la souffrance et la folie, à se laisser aller... c'est, je ne sais pas, le nirvana ou l'Eveil, ou bien le changement de personnalité ou le devenir-non-humain.

C'est très violent, l'Eveil, quand ça prend soudainement. C'est du moins ce que j'ai lu. Un établissement progressif n'a pas ces effets de devenir-fou. On s'installe progressivement dans une disponibilité toujours croissante aux choses telles qu'elles sont, avec de moins en moins d'accroche à &quot;moi&quot;, un décapage progressif des identifications. C'est ce qu'on dit. Je ne sais pas trop. Je n'en ai ressenti que des bribes, de ces choses là - d'une douceur déjà presque incroyable. Et toujours, il y avait... comme un lâcher de moi. C'est à des instant comme ça qu'on commence à pouvoir sentir en quoi... en quoi il y a si peu de choses qu'on ait en propre. Et en quoi on en revendique tant et tant.

Mais bon. L'Eveil. C'est un gros mot des milieux spiritualistes. On cherche l'Eveil comme le Graal ou un méta-orgasme. On se gargarise de tas de mots. Trop de mots. Ca ne sert à rien (et c'est moi qui dit ça mwhahahaha !). Les mots justes, oui. C'est le plus dur. Dans tout ce fatras, trouver les mots qui nous sont justes, qui décapent ces réflexes de nous accrocher comme à des possessions à ces choses si proches qu'elles accompagnent en permanence la manifestation de toutes choses (mains, orbites, ailes du nez, jambes et pieds, sensation dans le ventre et dans la gorge, souffles, etc.). 

D'un certain point de vue, tout est à moi. D'un autre, rien. Au fond, c'est indifférent. Je ne fais pas exception. C'est ça le truc sur lequel je tombe, petit à petit - chute très lente, rythme des secondes à la dizaine d'années. Je ne fais pas exception. Dans cette manifestation polarisée selon la quelle le monde apparaît toujours en corrélation avec  les états d'un truc qui ne cesse d'accompagner la manifestation (ce corps là), &quot;je&quot; ne fais pas exception, &quot;je&quot; suis un objet de ce monde polarisé au même titre que les feuilles mortes, les protubérances solaires, les poils du cul d'un Président de la République.

C'est très particulier... difficile à expliquer. Il y a une polarisation - la manifestation, les choses qui apparaissent dans la conscience, est comme organisée autour d'un point de vue unique - et en même temps, ce qui dit &quot;je&quot; et tente de se placer au sommet ou au pôle de cet espace organisé en cercles de proximités toujours plus diffuses, ce qui dit &quot;je&quot;... ne fait pas exception, avec rien de ce qui se manifeste : est un élément comme un autre de ce qui se manifeste.

Il faut distinguer, peut-être, conceptuellement - mais ça a des effets dans les affects, aussi -, entre un espace polarisé, qui est ce qui apparaît, et qui a cette structure polaire là, et un &quot;je&quot; qui se superpose à cet espace polarisé et tente de s'approprier le centre, &quot;je&quot; comme truc qui dit sans cesse &quot;ceci est à moi&quot; - et il le dit, je crois bien, en évaluant en permanence ce qui se présente, à moi, pas à moi, me convenant, ne me convenant pas, bien, mal (le péché originel, quoi, mais je ne développe pas ça ici).

C'est un peu comme si &quot;je&quot; créait des relations entre les choses avec lui comme médium (et pôle interne) de ces relations. Une relation qui va d'une chose à une autre en passant par &quot;je&quot;, de façon parfois subtile. Ce qui fait que ces machins (ces relations d'une chose à l'autre, mettons entre le verre et la table sur laquelle il est posée) peuvent être appropriées dans le système où &quot;je&quot; est organisateur. Heidegger a dû causer, comme en passant, d'un truc comme ça sous ce qu'il appelle la Jemeinigkeit (le mienneté), mais il ne s'appesantit pas du tout dessus.

Or je crois que ce truc là, ce fait que &quot;je&quot; fait sien tout ce qui lui tombe sous la main - le verre sur la table n'apparaît que très rarement pour lui-même, il est toujours pris dans un faisceau d'utilités et d'évaluations, et surtout, il est autre que le &quot;je&quot; qui le perçoit et se pose en exception à lui - ce truc là, donc, n'est pas un fait premier, simple, indécomposable, mais un machin complexe.

Bon. Mais du coup, c'est encore plus dur de se représenter la manifestation avec &quot;je&quot; comme un objet comme les autres. Je veux dire, pas s'imaginer la manifestation avec &quot;je&quot; comme un objet, ça c'est facile. Non. Vivre la manifestation avec &quot;je&quot; qui ne représente aucune exception par rapport à une lampe torche, un durillon, une tomate écrasée. Comme si toutes ces relations que je s'appropriait étaient sevré de leur pôle, de leur composant d'égoïté, comme si elles apparaissaient radicalement à plat, binaires strictes, pas ternaires (avec un pôle de &quot;je&quot; caché dedans) mais sur fond d'une polarité qui ne les détermine plus - sinon à se manifester. Quelque chose d'unilatéral, en fait. Il y a un pôle, mais... ce pôle n'est rien qui se manifeste, il est... à l'essence de la manifestation, pour reprendre le titre d'un livre d'Henry (Michel Henry) que je n'ai toujours pas lu. C'est comme s'il définissait... une direction... ou plutôt un champ... mais sans déterminer ce qu'il y a dedans... un champ qui n'est pas un espace (l'espace est porté/décrit/détouré par les choses qui se manifestent)... qui n'est pas un lieu (aussi mystérieux que la khôra du Timé, chez Platon, pour les ceusses qui voient ce que je veux dire - anecdote)... qui est comme un truc à un seul côté : d'un côté, ça se manifeste, et de l'autre &quot;côté&quot;... il n'y a stricto sensu rien... ou une &quot;force&quot;, une demi-force, qui n'est pas de la nature de ce qui se manifeste, qui n'est pas le champs homogène à leur apparition mais qui... qui laisse les choses se manifester, les révèle comme manifestes, mais ne les détermine pas plus que comme se manifestant, en aucune façon.

Bon ça, c'est la façon conceptuelle de dire les choses. De s'amuser avec. De retomber en dehors. De faire de l'intellect. De se réapproprier ce qui a été expérimenté ;D et donc de le perdre. 

En fait, ce qui reste très mystérieux, eu égard à cette théorisation complexe - c'est que ce machin, cette expérience, où il n'y a pas de je, juste la manifestation, est accompagné d'une douceur, d'une joie, d'une plénitude qu'aucun de ces concepts ne peut ni véhiculer, ni fournir. La théorisation est donc incomplète. Elle marche bien pour expliquer ce qu'il en advient de l'être, mais pas des affects fondamentaux. C'est bien un truc d'Occidental, en un sens, que de se concentrer sur les choses avant que d'explorer les modes (les façons) sur lesquels ces choses sont vécues.

Mais ça montre bien comment ça fonctionne, cette fonction d'appropriation de &quot;je&quot; - parce que tout ça, là, c'est juste ma façon à moi (revendiquée, donc) de m'approprier ce domaine là, qui m'intrigue, m'émeut, me motive toujours plus avec le temps. Mais il faut que j'en fasse théorie qui me calme, qui apaise les pensées - mais les relance -, qui apaise mon inquiétude en allant penser et donc cacher, aussi, ce qui... ce qui luit de soi-même sans qu'on ait besoin d'aller lui trouver des explications - qui, lorsque la manifestation lui est rendu, au lieu d'être captée par &quot;je&quot;, est... est la manifestation elle-même, et toute chose manifeste (trucs que je crois, et que je sens).

Je pourrais aussi raconter tout ça en le modélisant à la troisième personne - je veux dire comme un rationaliste pourrait en causer, en admettant qu'il prenne ce dont je parle pour un phénomène naturel - pour quelque chose dont on puisse rendre compte sous l'égide des sciences de la nature. Mais bon. A part réconforter l'esprit qui a peu de goût pour les ontologies pléthoriques pleines d'arrières mondes (genre moi, un peu, quand même) et d'expériences de conscience modifiée (là moins moi), ça n'a pas grand intérêt. Sinon de rassurer. Ou d'éloigner. L'essentiel n'est pas dans la modélisation - just a tool. L'essentiel est dans les affects. Et la désappropriation.

C'est aussi pour ça que philosopher, dans ce sens très précis de se diriger sur un chemin de sagesse - assez désuet, ce sens - c'est travailler à mourir - considération qu'on tartalacrème initialement dans le Phédon, antiquerie platonicienne. Mas pas mourir avec cette idée de truc qui résiste à la désappropriation - parce que là, c'est horrible, affreux, terrible, noir, dramatique, etc. Non. Mourir au sens de... dire oui à tout de la même façon. Au sens de... ne plus faire exception. Je ne suis pas sûr que la philosophie mène à ça, au final. Elle peut permettre, un temps, de s'orienter - Alexandre Jollien raconte de très belles choses à ce sujet, et à son sujet, là-dessus, dans l'interview qu'il donne à Philosophie Magazine de ce mois-ci (sept. 2010).

Mais la pensée... ça charrie trop de truc paranoïaques, de systèmes de défense. C'est un outil très dur à manipuler dans un cheminement spirituel. Ou alors il faut la lier à des concepts comme Dieu, par exemple. Et encore. On a tôt fait de s'y perdre. A regarder non avec défiance, mais avec... précautions. Moi, j'en ai encore besoin. Trop blindé, trop plein de peurs, trop plein de mots. Du coup, peut-être qu'elle restera, comme un réflexe attaché à cet organisme-là. Mais de façon générale, on n'a pas besoin de tout ce fatras, je pense. Je veux dire : il n'est pas nécessaire pour avancer et voir les choses. J'en ai juste besoin parce qu'il fait, depuis tout petit, des interférences avec les choses. Donc, là, je combats la pensée par la pensée (mauvais outil, mais n'y puis mais, qu'il me faudra bien un jour amender) - en fait : des opinions par d'autres opinions, dont le système finit par s'accorder et, parfois, à faire silence. Et c'est le silence qui m'intéresse.

On  l'aurait pas dit :D</description><content:encoded><![CDATA[<small>Tapé ce soir au km. Cela s'en ressentira sans doute, ne serait-ce que par les coquilles. J'ai suivi les idées comme ça venait à partir de la question jetée comme par hasard sur l'écran. Sans doute indigeste. Ca partait libre et puis ça a rebouclé sur des thématiques et des modes qui me sont plus familiers, sans doute trop balisés. Je le laisse sur GA, pour le moment, où il est né. [Quelques modifs de forme apportées le lendemain]</small><br />
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Au fond, qu'ai-je en propre ?<br />
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Je passe tant et tant dans l'idée que ce corps, ces mots qui ressassent et inventent, ces pensées sans trêves, ces émotions à nouer la gorge d'un hoquet ou d'un rire, toutes ces <i>choses</i> sont miennes.<br />
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Ca veut dire quoi, mien ?  Comment quoi que ce soit de mien peut-il disparaître avec la mort de cet organisme. Comment peut-il y a voir un temps sans moi, puis avec moi puis sans moi, si moi est quelque chose ? Je veux dire : une chose solide, plus solide en tout cas que le point d'arrêt forcé dans le mouvement d'un doute (je pense donc je suis, disait l'autre) ou l'unité fugace (limitée dans le temps) d'une conscience, d'un flux de pensées, d'affects, etc.<br />
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Que se passe-t-il quand je meurs ? Toutes ces choses qui sont miennes, je les perdrais ? Elles ne seraient plus <i>miennes</i> ? Je comprends alors que la mort soit un truc terrible, si toutes ces choses miennes s'accrochent et refusent d'être dispersées dans la désappropriation qui survient.<br />
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Mais bon. Si je regarde bien, je ne trouve pas grand chose qui soit <i>vraiment</i> mien. Evidemment, il y a plein de choses que je revendique comme miennes. Mes yeux. Mon nez. Mes cheveux. Ma bitte. Mes fantasmes. Mes connaissances. Mes parents. Etc. A des degrés et avec des qualités diverses. Je dirais : c'est moi, ou c'est à moi. Il y a là une nuance et une identité (moi = à moi) assez troublante. Et si je la regarde un peu attentivement, elle me paraît idiote. Si ce qui est à moi est ce qui me constitue, qu'est-ce que ce moi qui est constitué ? Juste une collection de choses qui sont revendiquées comme "à moi" ? Mais qu'est-ce que cette revendication-là ? Un sentiment ? Un organe ? Une de ces choses, justement ? Qui ferait tenir l'ensemble ? Peut-être... En ce cas, moi, ce n'est pas grand chose. Juste l'illusion d'être quelque chose - mais un agrégat, au fond (l'idée est bouddhiste), de choses disparates qui tiennent ensemble et ont un semblant d'unité parce que le bricolage dont leur assemblage est issu requiert de l'unité - organique. "Moi", au fond, ce n'est plus qu'un organe transitoire, qui se prend transitoirement pour le possesseur des choses - qui porte le sentiment et les représentations de possession. <br />
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Sans doute est-ce plus facile avec mes pensées. Avec mon corps... j'ai du mal à me dire, à sentir, que <i>mon</i> corps n'est pas à moi - il est plus facile de sentir, parfois, qu'il n'est pas moi. Mais bon... c'est depuis ce corps que toute perception se fait, que le monde tel qu'il est vécu en première personne (et pas tel que je me représente que vous pourriez le vivre) est comme assigné à ce corps - c'est "mon" monde, le seul monde que je connaisse, primairement manifesté comme depuis ce point de vue singulier, générateur de la polarisation fondamentale qui fait que je ne pourrai jamais percevoir le monde d'emblée comme un espace homogène et isotrope (Nota : quand je dis "manifestation", ça se réfèrera toujours à ça : pas à l'univers comme un truc objectif, extérieur, mais à ce qui apparaît dans la seule conscience : ce qui n'apparaît pas à ma conscience, d'une façon ou d'une autre - perception, histoire, émotion, démonstration, etc -, ne fait pas partie de la manifestation). Du coup, j'ai du mal à ne pas me rapporter immédiatement à mon corps comme à moi. Aristotélicien en cela - l'âme, le moi (si l'on veut) est la forme du corps. <br />
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Mais il reste quand même cette ambiguïté, que mon corps n'est pas moi - puisque je peux perdre un bras, à papa-dieu ne plaise, sans me perdre moi. A moi, mais pas moi. Mais pourtant, je m'identifie à lui. Compliqué. Si je deviens fou. Ou si je choppe Alzheimer. Peu-être. Mais ce sont les autres qui disent que je ne suis plus moi. Peut-être alors que j'expérimenterais, comme avec la mort, les limites de la consistance de ce sentiment de "moi". Mais "je" risque de ne pas m'en rendre compte. Peut-être que de "moi", il est difficile d'expérimenter <i>ainsi</i> les limites de la consistance. Que moi est un truc qui ne consiste que de s'affirmer. Et que dès qu'il se délite, à s'affirmer encore, c'est la souffrance et la folie, à se laisser aller... c'est, je ne sais pas, le nirvana ou l'Eveil, ou bien le changement de personnalité ou le devenir-non-humain.<br />
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C'est très violent, l'Eveil, quand ça prend soudainement. C'est du moins ce que j'ai lu. Un établissement progressif n'a pas ces effets de devenir-fou. On s'installe progressivement dans une disponibilité toujours croissante aux choses telles qu'elles sont, avec de moins en moins d'accroche à "moi", un décapage progressif des identifications. C'est ce qu'on dit. Je ne sais pas trop. Je n'en ai ressenti que des bribes, de ces choses là - d'une douceur déjà presque incroyable. Et toujours, il y avait... comme un lâcher de moi. C'est à des instant comme ça qu'on commence à pouvoir sentir en quoi... en quoi il y a si peu de choses qu'on ait en propre. Et en quoi on en revendique tant et tant.<br />
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Mais bon. L'Eveil. C'est un gros mot des milieux spiritualistes. On cherche l'Eveil comme le Graal ou un méta-orgasme. On se gargarise de tas de mots. Trop de mots. Ca ne sert à rien (et c'est moi qui dit ça mwhahahaha !). Les mots justes, oui. C'est le plus dur. Dans tout ce fatras, trouver les mots qui nous sont justes, qui décapent ces réflexes de nous accrocher comme à des possessions à ces choses si proches qu'elles accompagnent en permanence la manifestation de toutes choses (mains, orbites, ailes du nez, jambes et pieds, sensation dans le ventre et dans la gorge, souffles, etc.). <br />
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D'un certain point de vue, tout est à moi. D'un autre, rien. Au fond, c'est indifférent. Je ne fais pas exception. C'est ça le truc sur lequel je tombe, petit à petit - chute très lente, rythme des secondes à la dizaine d'années. Je ne fais pas exception. Dans cette manifestation polarisée selon la quelle le monde apparaît toujours en corrélation avec  les états d'un truc qui ne cesse d'accompagner la manifestation (ce corps là), "je" ne fais pas exception, "je" suis un objet de ce monde polarisé au même titre que les feuilles mortes, les protubérances solaires, les poils du cul d'un Président de la République.<br />
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C'est très particulier... difficile à expliquer. Il y a une polarisation - la manifestation, les choses qui apparaissent dans la conscience, est comme organisée autour d'un point de vue unique - et en même temps, ce qui dit "je" et tente de se placer au sommet ou au pôle de cet espace organisé en cercles de proximités toujours plus diffuses, ce qui dit "je"... ne fait pas exception, avec rien de ce qui se manifeste : est un élément comme un autre de ce qui se manifeste.<br />
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Il faut distinguer, peut-être, conceptuellement - mais ça a des effets dans les affects, aussi -, entre un espace polarisé, qui est ce qui apparaît, et qui a cette structure polaire là, et un "je" qui se superpose à cet espace polarisé et tente de s'approprier le centre, "je" comme truc qui dit sans cesse "ceci est à moi" - et il le dit, je crois bien, en évaluant en permanence ce qui se présente, à moi, pas à moi, me convenant, ne me convenant pas, bien, mal (le péché originel, quoi, mais je ne développe pas ça ici).<br />
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C'est un peu comme si "je" créait des relations entre les choses avec lui comme médium (et pôle interne) de ces relations. Une relation qui va d'une chose à une autre en passant par "je", de façon parfois subtile. Ce qui fait que ces machins (ces relations d'une chose à l'autre, mettons entre le verre et la table sur laquelle il est posée) peuvent être appropriées dans le système où "je" est organisateur. Heidegger a dû causer, comme en passant, d'un truc comme ça sous ce qu'il appelle la Jemeinigkeit (le mienneté), mais il ne s'appesantit pas du tout dessus.<br />
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Or je crois que ce truc là, ce fait que "je" fait sien tout ce qui lui tombe sous la main - le verre sur la table n'apparaît que très rarement pour lui-même, il est toujours pris dans un faisceau d'utilités et d'évaluations, et surtout, il est autre que le "je" qui le perçoit et se pose en exception à lui - ce truc là, donc, n'est pas un fait premier, simple, indécomposable, mais un machin complexe.<br />
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Bon. Mais du coup, c'est encore plus dur de se représenter la manifestation avec "je" comme un objet comme les autres. Je veux dire, pas s'imaginer la manifestation avec "je" comme un objet, ça c'est facile. Non. Vivre la manifestation avec "je" qui ne représente aucune exception par rapport à une lampe torche, un durillon, une tomate écrasée. Comme si toutes ces relations que je s'appropriait étaient sevré de leur pôle, de leur composant d'égoïté, comme si elles apparaissaient radicalement à plat, binaires strictes, pas ternaires (avec un pôle de "je" caché dedans) mais sur fond d'une polarité qui ne les détermine plus - sinon à se manifester. Quelque chose d'unilatéral, en fait. Il y a un pôle, mais... ce pôle n'est rien qui se manifeste, il est... à l'essence de la manifestation, pour reprendre le titre d'un livre d'Henry (Michel Henry) que je n'ai toujours pas lu. C'est comme s'il définissait... une direction... ou plutôt un champ... mais sans déterminer ce qu'il y a dedans... un champ qui n'est pas un espace (l'espace est porté/décrit/détouré par les choses qui se manifestent)... qui n'est pas un lieu (aussi mystérieux que la khôra du Timé, chez Platon, pour les ceusses qui voient ce que je veux dire - anecdote)... qui est comme un truc à un seul côté : d'un côté, ça se manifeste, et de l'autre "côté"... il n'y a stricto sensu rien... ou une "force", une demi-force, qui n'est pas de la nature de ce qui se manifeste, qui n'est pas le champs homogène à leur apparition mais qui... qui laisse les choses se manifester, les révèle comme manifestes, mais ne les détermine pas plus que comme se manifestant, en aucune façon.<br />
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Bon ça, c'est la façon conceptuelle de dire les choses. De s'amuser avec. De retomber en dehors. De faire de l'intellect. De se réapproprier ce qui a été expérimenté ;D et donc de le perdre. <br />
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En fait, ce qui reste très mystérieux, eu égard à cette théorisation complexe - c'est que ce machin, cette expérience, où il n'y a pas de je, juste la manifestation, est accompagné d'une douceur, d'une joie, d'une plénitude qu'aucun de ces concepts ne peut ni véhiculer, ni fournir. La théorisation est donc incomplète. Elle marche bien pour expliquer ce qu'il en advient de l'être, mais pas des affects fondamentaux. C'est bien un truc d'Occidental, en un sens, que de se concentrer sur les choses avant que d'explorer les modes (les façons) sur lesquels ces choses sont vécues.<br />
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Mais ça montre bien comment ça fonctionne, cette fonction d'appropriation de "je" - parce que tout ça, là, c'est juste ma façon à moi (revendiquée, donc) de m'approprier ce domaine là, qui m'intrigue, m'émeut, me motive toujours plus avec le temps. Mais il faut que j'en fasse théorie qui me calme, qui apaise les pensées - mais les relance -, qui apaise mon inquiétude en allant penser et donc cacher, aussi, ce qui... ce qui luit de soi-même sans qu'on ait besoin d'aller lui trouver des explications - qui, lorsque la manifestation lui est rendu, au lieu d'être captée par "je", est... est la manifestation elle-même, et toute chose manifeste (trucs que je crois, et que je sens).<br />
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Je pourrais aussi raconter tout ça en le modélisant à la troisième personne - je veux dire comme un rationaliste pourrait en causer, en admettant qu'il prenne ce dont je parle pour un phénomène naturel - pour quelque chose dont on puisse rendre compte sous l'égide des sciences de la nature. Mais bon. A part réconforter l'esprit qui a peu de goût pour les ontologies pléthoriques pleines d'arrières mondes (genre moi, un peu, quand même) et d'expériences de conscience modifiée (là moins moi), ça n'a pas grand intérêt. Sinon de rassurer. Ou d'éloigner. L'essentiel n'est pas dans la modélisation - just a tool. L'essentiel est dans les affects. Et la désappropriation.<br />
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C'est aussi pour ça que philosopher, dans ce sens très précis de se diriger sur un chemin de sagesse - assez désuet, ce sens - c'est travailler à mourir - considération qu'on tartalacrème initialement dans le Phédon, antiquerie platonicienne. Mas pas mourir avec cette idée de truc qui résiste à la désappropriation - parce que là, c'est horrible, affreux, terrible, noir, dramatique, etc. Non. Mourir au sens de... dire oui à tout de la même façon. Au sens de... ne plus faire exception. Je ne suis pas sûr que la philosophie mène à ça, au final. Elle peut permettre, un temps, de s'orienter - Alexandre Jollien raconte de très belles choses à ce sujet, et à son sujet, là-dessus, dans l'interview qu'il donne à Philosophie Magazine de ce mois-ci (sept. 2010).<br />
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Mais la pensée... ça charrie trop de truc paranoïaques, de systèmes de défense. C'est un outil très dur à manipuler dans un cheminement spirituel. Ou alors il faut la lier à des concepts comme Dieu, par exemple. Et encore. On a tôt fait de s'y perdre. A regarder non avec défiance, mais avec... précautions. Moi, j'en ai encore besoin. Trop blindé, trop plein de peurs, trop plein de mots. Du coup, peut-être qu'elle restera, comme un réflexe attaché à cet organisme-là. Mais de façon générale, on n'a pas besoin de tout ce fatras, je pense. Je veux dire : il n'est pas nécessaire pour avancer et voir les choses. J'en ai juste besoin parce qu'il fait, depuis tout petit, des interférences avec les choses. Donc, là, je combats la pensée par la pensée (mauvais outil, mais n'y puis mais, qu'il me faudra bien un jour <i>amender</i>) - en fait : des opinions par d'autres opinions, dont le système finit par s'accorder et, parfois, à faire silence. Et c'est le silence qui m'intéresse.<br />
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On  l'aurait pas dit :D]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2010-08-28T01:10:16+01:00</dc:date></item><item><title>Néandertal</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20100509123953/neandertal/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20100509123953/neandertal/</guid><description>Me plait immensément cette parenté renouvelée avec néandertal - ou ici pour un compte-rendu moins détaillé, en Français.


Avec le temps et l'extension du domaine gouverné par les modes scientifiques de réponses aux questions sur la matière - sa classification, son organisation -, homo sapiens sapiens parvient toujours moins bien à justifier rationnellement son désir d'exception dans (de) la biosphère.

Ce qui a entres autres conséquences de remettre certaines (mauvaises) théologies à leur place - il nous suffit d'un père et d'un pouvoir des hommes sur eux-mêmes sans qu'on aille  s'embarrasser d'une potiche créatrice et juge. Il en est d'autres usages que ceux consistant à nous réconforter dans nos petits égocentrismes de créature exceptionnelle.</description><content:encoded><![CDATA[Me plait immensément cette <a href="https://www.google.com/bookmarks/url?url=http://blogs.discovermagazine.com/loom/2010/05/06/skull-caps-and-genomes/&ei=IozmS6fPN5HI-QaQqaWBCg&sig2=JtvoOWRlrJC2jZApTwLwOQ&ct=b" target="_blank">parenté renouvelée avec néandertal</a> - <small>ou <a href="http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/05/07/il-y-a-du-neandertal-en-nous_1347879_3244.html" target="_blank">ici</a> pour un compte-rendu moins détaillé, en Français.</small><br />
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Avec le temps et l'extension du domaine gouverné par les modes scientifiques de réponses aux questions sur la matière - sa classification, son organisation -, homo sapiens sapiens parvient toujours moins bien à justifier rationnellement son désir d'exception dans (de) la biosphère.<br />
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<small>Ce qui a entres autres conséquences de remettre certaines (mauvaises) théologies à leur place - il nous suffit d'un père et d'un pouvoir des hommes sur eux-mêmes sans qu'on aille  s'embarrasser d'une potiche créatrice et juge. Il en est d'autres usages que ceux consistant à nous réconforter dans nos petits égocentrismes de créature exceptionnelle.</small>]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2010-05-09T12:39:53+01:00</dc:date></item><item><title>Back</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20100505075041/back/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20100505075041/back/</guid><description>Nuit de mauvais sommeil. Les cercles de l'ego se dissipent avec lenteur toujours. Je dors sous stress. 

Celle-là pourtant me laisse plus docile aux invraisemblances du jour (&quot;gagner sa vie&quot;, &quot;gérer son temps&quot;, &quot;courir à la mort&quot; - isomorphismes).

Implantées, les habitudes. Je n'y trouve pas grand chose d'autre qu'une vieille rassurance. Et beaucoup d'ennui. Mes lectures même ne me disent plus rien - ne charrient plus grand chose de cette émerveille ancienne à découvrir chaque fois le Nouveau Monde.

Toute vague se fatigue, à la longue. Je n'ai pas encore la consistance des solitons.

Les actions s'enchaînent, je colle à l'espoir d'un repos. Goulag auto-engendré. 

Sporadiquement : quelque chose advient, qui me redonne une aire en m'en enlevant de toute spécifique. Puis je retombe. Ca a des vieux airs - en plus sourd - d'une redescente des monts drogués.

Vie oscillante, souvent inquiète, parfois pétillante d'un infini présent, jouissant sans reste de la finitude sublimement, merveilleusement, amoureusement indifférente.</description><content:encoded><![CDATA[Nuit de mauvais sommeil. Les cercles de l'ego se dissipent avec lenteur toujours. Je dors sous stress. <br />
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Celle-là pourtant me laisse plus docile aux invraisemblances du jour ("gagner sa vie", "gérer son temps", "courir à la mort" - isomorphismes).<br />
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Implantées, les habitudes. Je n'y trouve pas grand chose d'autre qu'une vieille rassurance. Et beaucoup d'ennui. Mes lectures même ne me disent plus rien - ne charrient plus grand chose de cette émerveille ancienne à découvrir chaque fois le Nouveau Monde.<br />
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Toute vague se fatigue, à la longue. Je n'ai pas encore la consistance des solitons.<br />
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Les actions s'enchaînent, je colle à l'espoir d'un repos. Goulag auto-engendré. <br />
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Sporadiquement : quelque chose advient, qui me redonne une aire en m'en enlevant de toute spécifique. Puis je retombe. Ca a des vieux airs - en plus sourd - d'une redescente des monts drogués.<br />
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Vie oscillante, souvent inquiète, parfois pétillante d'un infini présent, jouissant sans reste de la finitude sublimement, merveilleusement, amoureusement indifférente.]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2010-05-05T07:50:41+01:00</dc:date></item><item><title>Déréliction ? Maniérisme habituel, je n'y puis mais</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20100502231400/dereliction-manierisme-habituel-je-n-y-puis-mais/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20100502231400/dereliction-manierisme-habituel-je-n-y-puis-mais/</guid><description>Ces choses durent repartir, qui vinrent à l'improviste, un soir de ciel sans dent ni viscères. On les laissa filer, sans doute, intransigeance des habitudes adventices. Le passé me traverse, crucifix en L9 calé aux bras ligneux. Il fallait que ma peau pâlissât encore, bleue-veine sous le ventre coulant. Le désir infini s'immisce dans l'enclos où l'on noie les chimères au front haut, hargneuses de la vérité des villes. Ni le sol ni la glaise ni la poussière adamique mais. la sanie impérieuse des usages et des oniries de gros-bourg qui me nouent les reins dans l'appât des orgasmiques à la délivrance rêche comme un vin suri. Goût infect - infect - de mes vingt ans. 

J'ai vu luire au loin, sous la couche résineuse des muscles, les lumières d'une Golconde spirituelle. senti les eaux de tous les Gange rugir du sol au ciel dans le mouvement inverse qui nous ramène au dieu des cendres et des bêtes. vécu dans la douceur, intermittente encore, d'un monde où je ne faisais nulle exception.

Sont revenus les heures glaireuses, la male beste sable et l'appétit cruel. En deçà de moi-même, dans le charnier du temps déclassé tout empesé de rêves d'hommes sans rime, rythme ni raison... je laisserai faire ! tout attiré serais-je, toujours, par les morts accortes et compréhensifs, leurs rites, leurs façons et leur amour des mondes, le goût, le goût insidieux des jouissances prostituées, le goût des volontés, des justifications et des individualités obligées.

Oui ! Je laisserai faire !

The dark thought, the shame, the malice,
meet them at the door laughing,
and invite them in.

Be grateful for whoever comes,
because each has been sent
as a guide from beyond.
Rumi</description><content:encoded><![CDATA[Ces choses durent repartir, qui vinrent à l'improviste, un soir de ciel sans dent ni viscères. On les laissa filer, sans doute, intransigeance des habitudes adventices. Le passé me traverse, crucifix en L9 calé aux bras ligneux. Il fallait que ma peau pâlissât encore, bleue-veine sous le ventre coulant. Le désir infini s'immisce dans l'enclos où l'on noie les chimères au front haut, hargneuses de la vérité des villes. Ni le sol ni la glaise ni la poussière adamique mais. la sanie impérieuse des usages et des oniries de gros-bourg qui me nouent les reins dans l'appât des orgasmiques à la délivrance rêche comme un vin suri. Goût infect - infect - de mes vingt ans. <br />
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J'ai vu luire au loin, sous la couche résineuse des muscles, les lumières d'une Golconde spirituelle. senti les eaux de tous les Gange rugir du sol au ciel dans le mouvement inverse qui nous ramène au dieu des cendres et des bêtes. vécu dans la douceur, intermittente encore, d'un monde où je ne faisais nulle exception.<br />
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Sont revenus les heures glaireuses, la male beste sable et l'appétit cruel. En deçà de moi-même, dans le charnier du temps déclassé tout empesé de rêves d'hommes sans rime, rythme ni raison... je laisserai faire ! tout attiré serais-je, toujours, par les morts accortes et compréhensifs, leurs rites, leurs façons et leur amour des mondes, le goût, le goût insidieux des jouissances prostituées, le goût des volontés, des justifications et des individualités obligées.<br />
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Oui ! Je laisserai faire !<br />
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<i>The dark thought, the shame, the malice,<br />
meet them at the door laughing,<br />
and invite them in.<br />
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Be grateful for whoever comes,<br />
because each has been sent<br />
as a guide from beyond.</i><br />
Rumi]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2010-05-02T23:14:00+01:00</dc:date></item><item><title>***</title><link>http://blog.kliban.gayattitude.com/20100426225813/another-air-than-porn/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kliban.gayattitude.com/20100426225813/another-air-than-porn/</guid><description>Pour des raisons légales de protection des mineurs, cet article n'est accessible qu'aux inscrits sur le site.  Vous pouvez le consulter sur le site si vous êtes inscrit, ou vous y inscrire si vous êtes majeur.</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Pour des raisons légales de protection des mineurs, cet article n'est accessible qu'aux inscrits sur le site.</b>  Vous pouvez le consulter sur le site si vous êtes inscrit, ou vous y inscrire si vous êtes majeur.</p>]]></content:encoded><dc:creator>kliban</dc:creator><dc:date>2010-04-26T22:58:13+01:00</dc:date></item></channel></rss>
